Napoléon COSTE

Vous entendez le début de son Andante op. 38-14, interprété par Shin-ichi Fukuda (CD Denon CO-78950)

 

Fils d'un ancien officier des armées impériales devenu maire de sa ville dans le Doubs et grand admirateur de l'empereur, et d'une mère excellente guitariste amateur, Napoléon COSTE (1806 - 1883) commence avec elle à pratiquer son instrument dès l'âge de six ans. Sa famille s'étant ensuite installée à Valenciennes, c'est dans cette ville qu'à 18 ans il commence à se produire et à donner des cours de guitare.

En 1830 il monte à Paris, où sa virtuosité en fait la coqueluche de la bonne société, ce qui lui donne l'occasion d'un très lucratif enseignement. Il y suit les cours du grand Fernando Sor, tout en se formant, pendant dix ans, à l'harmonie et au contrepoint pour perfectionner sa technique de composition, éditant ses oeuvres à partir de 1840. 

La composition devient d'ailleurs sa principale activité en 1863, année où il se casse le bras dans une chute, avec des séquelles invalidantes qui mettent un terme à sa carrière de guitariste. Tout en ayant obtenu un engagement comme fonctionnaire, il continue alors à composer et à enseigner.

Il composa quelques dizaines d'oeuvres, surtout pour son instrument. Sa  fantaisie symphonique ne fut jamais publiée, mais il en transposa un mouvement (celui que vous entendez) pour la guitare. Il transposa également pour la guitare des oeuvres pour luth des siècles précédents.

COSTE utilisait différents types de guitare, et notamment la guitare à 7 cordes pour laquelle il composa et adapta, dans une version revue, la Méthode de Sor.

Il figure, avec la mention artiste, au Tableau 1878 de la Loge parisienne Les Frères Unis Inséparables. On y voit que, initié à mi-1843 dans cette Loge, il y était Maître moins de six mois plus tard, et qu'il a ensuite atteint le 18e grade. Au tableau de 1848, il était mentionné comme professeur de guitare.


 

Dès le XVIIIe siècle, la guitare avait en France, comme Watteau l'a illustré, été considérée comme l'instrument d'excellence pour l'aristocratie, dont les membres se firent plus tard une gloire de bénéficier des enseignements de Coste, jusqu'au moment où le piano la supplanta comme instrument à la mode dans la bonne société et où le succès de Coste déclina en même temps que la guitaromanie.

 

Quelques partitions de Coste sont téléchargeables sur le riche site de Walter Cosand.

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