L'Amitié Victor Bohet

La Loge bruxelloise L'Amitié Victor Bohet, du Grand Orient de Belgique, fut constituée en 1952.

 

 

ci-contre : la médaille du 10e anniversaire.

Le peintre Roger Somville (1923-2014) fut membre de cette Loge depuis 1965.

chansons de ce site propres à cette Loge : 1, 2

Victor Bohet (1887-1948), docteur en philologie germanique, fut professeur d’anglais à l'Université de Liège et délégué belge à l'Unesco. Ce grand humaniste, qui fut aussi essayiste, poète et musicien, était membre de la Loge verviétoise Les Philadelphes (devenue depuis Les Philadelphes et le Travail Réunis). En 1929-30, il fonda simultanément les Loges liégeoises Tolérance (908 du Droit Humain) et Hiram (du Grand Orient de Belgique - ci-contre, la médaille du 20e anniversaire ; plus bas, une assiette commémorative).

Ci-dessous, quelques extraits de portraits de Victor Bohet tracés dans l'historique de la Fédération belge du Droit Humain, paru en 1984 à l'occasion de son 50e anniversaire :

Après la guerre, il représente la Belgique à la conférence des Ministres alliés de l'Education ; il est aussi choisi comme délégué belge à l'Unesco. On lui doit, sur toutes ses activités, de nombreuses publications. Il est encore musicien, et a voulu assurer un appui très amical aux jeunes musiciens liégeois.

Plus qu'un professeur, le Frère Bohet sera un maître à penser ; en fait, pour lui, les deux ne font qu'un, car c'est en humaniste que toujours il parle, soucieux de lutter jusqu'au bout pour l'humanité de demain. Il rejette tout dogmatisme et essaie d'amener les jeunes à penser par eux-mêmes en se remettant en question, en mettant en doute les idées reçues qui peuvent avoir été acceptées aveuglément. Ainsi il met en garde contre des théories politiques ou sociales qui menacent la culture, comme le nazisme ou l'antisémitisme. Il est prêt à toute heure à venir en aide à ses élèves, par ses conseils, et même matériellement, car on ne fait jamais appel en vain à sa générosité. Il s'inquiète de la situation dans le monde profane et s'attache, à côté de ses intérêts purement littéraires, aux problèmes de la paix, du chômage, du travail.

Beaucoup ont gardé de lui le souvenir d'un homme qui aimait surprendre et dérouter. C'est que c'était une façon pour cet homme trop vulnérable de ne pas découvrir sa sensibilité. 

...

Durant des années, [sa rigoureuse méthode] nous amena à percevoir qu'une vérité qui s'arrête est un mensonge qui naît ; que, pour la pensée, vivre, c'est aller toujours de l'avant ; que, pour elle, le dernier voyage n'est jamais accompli ; qu'il ne suffit pas d'être le citoyen d'un pays ou d'une époque ; mais d'être, autant que possible de partout et de tous les temps. Son enseignement fut universaliste, donc maçonnique. Rien de ce qui est humain ne lui fut étranger. 

C'est pourquoi ce maçon qui paraissait narquois parce qu'il avait la pudeur de ses sentiments ; nonchalant, parce qu'il était trop discret pour faire étalage de sa volonté ; ironique, parce qu'il détestait l'emphase ; sceptique, parce qu'il avait horreur de la foi que l'on arbore à sa boutonnière ; paradoxal, parce qu'il fuyait les vérités superficielles ; contradictoire, parce qu'il tendait à l'universel, fut un constructeur, un organisateur, un galvanisateur, un homme qui osa, et qui laissera après lui, dans le monde profane comme dans l'ordre maçonnique, une trace profonde et durable, parce que faite d'intelligence et d'amour.

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