HYMNE MAÇONNIQUE
POUR L'INAUGURATION D'UN TEMPLE

Une autre chanson extraite de la publication annuelle de poésies d'Évariste Carrance.

Il s'agit cette fois de l'année 1874 (pp. 239-40), et les allusions à l'humiliation de 1870 y sont claires.

Comme dans l'autre, la référence religieuse est également bien présente, avec une allusion à l'immortalité de l'âme, croyance dont l'obligation avait été introduite dans la Constitution du Grand Orient en 1849 et n'allait en être supprimée qu'en 1877 : cette question faisait à l'époque l'objet de vifs débats.

L'article 1er de la Constitution du Grand Orient en 1849 commençait par :

La franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour base l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme.

Mutatis mutandis et à 55 ans d'intervalle, cet Article premier est le symétrique de celui du Décret de la Convention nationale du 18 floréal an II (7 mai 1794) par lequel Robespierre entendait lui aussi bannir l'athéisme :

Le Peuple français reconnaît l'existence de l'Être suprême et l'immortalité de l'âme.

Nous ne savons pas grand chose de l'auteur, Jean Mercadier, sinon qu'il fut, entre 1863 et 1885, un collaborateur régulier du bulletin (publié à Perpignan) de la (toujours bien vivante de nos jours) Société Agricole Scientifique & Littéraire Des Pyrénées-Orientales, où il publia notamment des Fables et poèmes. Des Countes del pais de Goudouli furent également publiés par lui à Perpignan en 1893. Est-ce lui qui fut maire de Perpignan en 1882 ?

     

HYMNE MAÇONNIQUE

POUR L'INAUGURATION D'UN TEMPLE

Amour, justice, liberté,
Qu'en son coeur le sage contemple,
Vivifiez l'humanité
Et resplendissez dans ce temple.

Que vos rayons éblouissants,
Ainsi que de célestes flammes,
Par le coeur épurant les sens,
Portent la vertu dans nos âmes !

Foyer de la fraternité,
Que ta lumière nous révèle,
Dans toute sa limpidité,
Dieu, qui créa l'âme immortelle !...

Travail, de l'homme rédempteur,
Toi que féconde la science,
Que ton génie inspirateur
Éclaire notre conscience !...

Mère des plus nobles vertus,
Fortifiante tempérance,
Relève nos coeurs abattus,
Nos coeurs relèveront la France !

Patriotisme au bras vengeur,
Tu vois notre mère meurtrie :
Allume, allume en notre coeur
L'amour sacré de la Patrie ! ! !

 

J. MERCADIER.

Pyrénées-Orientales.

Il n'y a pas de mention d'air, ni de lieu précis.

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