Henry-Charles LITOLFF

En cliquant ici, vous entendrez les trente premières secondes du quatrième mouvement (allegro) de son Concerto symphonique n° 5 (op. 123), interprété par Peter Donohoe au piano, accompagné par le BBC Scottish Symphony Orchestra sous la direction d'Andrew Litton (CD Hyperion CDA67210).

 

 

Henry Charles LITOLFF (1818-1891) fut pianiste, compositeur et chef d'orchestre.

Sa vie est un véritable roman, que Fétis, qui l'a protégé, raconte en détail dans sa Biographie universelle des musiciens. Elle évoque plus l'aventure permanente des grands génies romantiques que l'existence bourgeoise de la majorité des maçons du XIXe siècle. 

Fils d'un soldat français fait prisonnier en Espagne et amené à Londres où il se maria avec une anglaise, Litolff commença le piano à douze ans à Londres, et fut par hasard remarqué, deux ans plus tard par le virtuose Ignaz Moscheles qui le prit sous sa protection. A 17 ans, épris d'une jeune fille dont les parents lui refusaient la main, il l'enleva et partit avec elle en France. Après avoir vécu à Melun, il monta à Paris où il obtint ses premiers succès et devint le protégé du facteur de pianos Pape, qui l'envoya en 1839 à Bruxelles, où il devint le protégé du duc de Looz. C'est pendant cette période qu'il fut initié, le 14 décembre 1841, à la Loge bruxelloise des Amis du Progrès

Mais quelques semaines plus tard, endetté (Fétis précise que, plus tard, il a réglé toutes ses dettes) et poursuivi, il dut prendre la poudre d'escampette et l'on perdit sa trace pendant trois ans, pendant lesquels il aurait vécu à Varsovie (où il aurait été nommé chef d'orchestre du Théâtre National mais empêché de prester par la maladie) et en Allemagne.

On le retrouve fin 1844 à Leipzig, où il fait, malgré une santé déplorable, un retour triomphal, et 1845 à Prague. Il arrive ensuite à Berlin au moment où on le dit mourant, et y obtient un triomphe.

Il se rend ensuite à Londres pour régler sa séparation d'avec sa femme, qui l'avait abandonné quelques années plus tôt. Il y est piégé et, ayant été condamné à lui payer des dédommagements considérables, se retrouve aussitôt en prison pour dettes. Après y être resté plusieurs mois, il s'évade et trouve refuge en Hollande. 

Une curiosité

Son opéra Les Templiers (qui est mentionné par Fesch dans sa Bibliographie de la Franc-maçonnerie et des sociétés secrètes) fut créé à la Monnaie de Bruxelles en 1886. Le livret est de Jules Adenis (1823-1900), Armand Silvestre et Lionel Bonnemère (1843-1905).

En 1848, il se trouve à Vienne au moment où éclate la Révolution : il écrit alors une marche pour la légion des étudiants. 

Vers 1850, il est atteint de troubles nerveux graves, qu'il surmonte; il épouse alors la veuve de son ami l'éditeur de musique Meyer, devient le gérant de sa maison de commerce à Brunswick et mène pendant trois ans une calme vie d'homme d'affaires, sans plus s'intéresser à la musique.

Mais en 1854, sa passion le reprend, et il va se produire en Hollande et en Belgique. Il retombe malade, sa femme vient le soigner et le ramène à Brunswick. Il alterne alors, au gré de son état de santé toujours variable, les tournées et les séjours à Brunswick.

En 1858, il obtient un triomphe à Paris et, divorcé de son épouse, s'y éprend de Louise de la Rochefoucauld, qu'il épouse en 1860.

A Paris, il se consacre ensuite, avec des succès inégaux mais souvent mitigés, à l'opéra.

Il est l'auteur notamment de 5 concertos pour piano baptisés concertos symphoniques, d'un concerto pour violon, de mélodies et d'une Marche funèbre pour Meyerbeer.

C'est à Litolff que Liszt a dédié son premier concerto pour piano.

Fétis, tout en louant son génie, le trouve inaccompli.

Il est mentionné au registre des Amis du Progrès comme étant devenu 14e. Il fut également, selon Lartigue dans son historique (Précis historique de la Loge des Amis Philanthropes) de cette Loge, membre d'honneur des Amis Philanthropes.

Plusieurs oeuvres de Litolff peuvent être entendues sur une page lui consacrée par le site Norbert Burgmüller.

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