Les Vrais Amis de l'Union et du Progrès Réunis

 

La Loge bruxelloise Les Vrais Amis de l'Union et du Progrès Réunis du Grand Orient de Belgique est une des plus anciennes du pays, puisqu'elle résulte de la fusion en 1854 des Vrais Amis de l'Union (fondation en 1782) avec les Amis du Progrès (fondation par Defacqz en 1838) et porte le n° 4 au Tableau de l'Obédience.

Elle est mentionnée à d'autres pages de ce site, à propos de chansons et cantiques datant de 1819, 1832 (pour son cinquantenaire), 1838 (environ), 1854 (à l'occasion de la fusion), 1863 (pour l'hommage funèbre à Fontainas), 1878 (pour l'hommage funèbre à E. Allard) et 1975 (ce qui témoigne qu'elle reste de nos jours une créatrice de chansons maçonniques !), ainsi que d'un recueil qu'elle a publié en 1932.

On peut voir sur une autre page de ce site que les Vrais Amis de l'Union ont joué le rôle de Loge-mère dans la reconstitution de la Loge gantoise la Félicité Bienfaisante en 1804.

L'Histoire numismatique de la révolution Belge mentionne en 1832 la médaille dont image ci-contre (n° 132), avec la légende suivante :

AD SACRAM ANNI JUBILAEI COMMEMORATIONEM. Dans le champ : un portique à deux colonnes surmonté d’un fronton. Dans le fronton une étoile. En dessous : deux mains jointes. Sur l'architrave: VIS UNITA FORTIOR. Au-dessus de la porte : une femme assise entourée de trois enfants. A gauche du portique, parallèlement à la colonne : A.‘. L.‘. 5832. Sur la colonne de gauche J. A droite du portique, aussi parallèlement à la colonne: DlE 29 M.‘. 2. Sur la colonne de droite B. A l’exergue : AD. JOUVENEL. F.

REVERS. Dans une couronne de roses, une table sur laquelle on lit : A.‘. L.‘. 5782. TEMPLUM CARISSIMIS F.‘. F.‘. PASSENAUD, P. VANYPEN, VANPARYS, J. VANYPEN, GILIBERT, J. CHOUQUET, F. DE ROOVER, C. BAUR SEDULE CONDITUM ; VENERABILIBUSQUE MAGISTRIS PASSENAUD, C. BAUD, J. BRUGMAN, VANVOLXEM, P. J. VANDERELST, J. FLEURY SERVANTUM ; CURANTE NUNC V.‘. AND.‘. TRUMPER.

La loge des vrais amis de l'union a été fondée à Bruxelles le 29 avril 1782. Elle a célébré son jubilé semi-séculaire le 26 avril 1832. C’est à cette occasion que la médaille ci-contre a été frappée. Le célèbre avocat Henri Van der Noot y avait été affilié le 5 avril 1790.

On trouve, aux pp. 145-7 du recueil du Tome premier (première année, 1839) du périodique maçonnique Le Globe, un discours prononcé aux Vrais Amis de l'Union en mars 1839 à l'occasion de l'affiliation récente de l'illustre frère Gendebien, et du retour du très-cher frère Blaes dans ses foyers [ndlr : il s'agit sans doute du clarinettiste Joseph Blaes (1814-1892), que Fétis mentionne dans son T. 1].

maillet commémoratif de la fusion

on remarquera à ce bijou que l'étoile entourant la lettre G est dans une position inhabituelle

Denier de la Veuve : jeton en laiton accordé aux membres de la Loge Les Vrais Amis de l'Union en témoignage de reconnaissance à l'occasion d'un don fait aux oeuvres de bienfaisance en 1831-32.

Ce jeton date d'avant la fusion et le symbole n'est donc encore que celui des Vrais Amis de l'Union (les mains entrecroisées sortant de nuages) sans qu'y aient encore été ajoutés (comme visible plus haut) celui des Amis du Progrès (la locomotive, signe quelque peu naïf, et daté, de la confiance dans l'évolution technologique comme facteur de progrès : l'inauguration de la première ligne de chemin de fer en Belgique, Bruxelles-Malines, avait eu lieu en 1835 - 3 ans avant la création des Amis du Progrès - et avait constitué un événement) et la devise Vis Unita Fortior.

deux modèles de médaille d'adoption de la Loge, l'un utilisé en 1870 (ci-dessous à gauche) et 1874 (ci-dessus), l'autre (ci-dessous à droite) en 1879 ; on remarquera que, sur ce dernier modèle, la date n'est désormais plus indiquée selon le calendrier maçonnique - ce qui semble plus normal pour un objet destiné à être remis à des profanes.

ci-dessus : à gauche, gravure du Frère Cardon  figurant sur une convocation de la Loge des Vrais Amis de l'Union ; à droite, en-tête du papier à lettres utilisé en 1924.

Fraternité franco-belge

Comme en témoigne cette médaille, portant à la fois le nom de la Loge et celui du Grand Orient de Belgique, médaille offerte par elle en 1870 aux députés de la Loge parisienne Union Parfaite de la Persévérance, des liens d'amitié existaient entre ces deux Loges.

Parmi les membres de l'Union Parfaite de la Persévérance à cette époque, on peut  citer le conférencier, orateur, journaliste et homme politique (et mari de Clémence Royer) Pascal Duprat (1815-1885) - qui avait vécu un temps à Bruxelles pendant sa période d'exil entre 1851 (il s'était opposé au coup d'état du futur Napoléon III) et 1869 - et de nombreux blanquistes (Ernest Bataille, Anatole Derouilla, François Viette, Louis Virtely, Emile Villeneuve, Théodore Brisson et le baron de Ponnat). 

photo prise à la fin du XIXe, dans l'ancien temple (actuellement détruit) 

On lira avec intérêt, dans le n° double (62-63, 2007) Franc-maçonnerie et beaux-arts de la revue La Pensée et les Hommes (éd. Espaces de Liberté), ce que dit de ce Temple Eric Heinnaut dans son article Le Temple « assyrien » des Vrais Amis de l’Union et du Progrès Réunis.  

Concerts de bienfaisance

Le modèle 1870-74 de médaille d'adoption ci-dessus a également été utilisé avec la légende Grand concert de bienfaisance - souvenir - 26 février 1876 : la Loge pratiquait donc, comme d'autres à l'époque, cette forme musicale de philanthropie.

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