Adrien-François Servais

Vous entendez un extrait de sa Fantaisie op. 2 pour violoncelle solo avec accompagnement de quatuor à cordes, intitulée Souvenir de Spa, interprétée par l'Ensemble Adrien-François Servais (CD Terpsichore CD99 003)

 

dessin de Baugniet, ex collection BNF

Surnommé le Paganini du violoncelle, Adrien-François SERVAIS (1807-1866), né à Hal (près de Bruxelles) d'un modeste musicien d'église, fut, de l'avis de ses contemporains - et notamment de Berlioz - le plus grand violoncelliste de son temps. 

Il fut l'élève de Nicolas Joseph Platel (1777-1835), lui-même élève de Jean-Louis Duport (1749-1819). C'est après avoir entendu Platel qu'à 12 ans, il décida d'abandonner le violon (qu'il avait commencé très jeune) pour le violoncelle.

Ses propres compositions étaient régulièrement au programme de ses concerts. Ses longues et nombreuses tournées internationales (en 40 ans, il donna plus de 10.000 concerts) le menèrent notamment en Russie, où il reçut en cadeau, de la princesse Youssopov, le Stradivarius dénommé depuis le Servais (actuellement propriété de la Smithsonian Institution) et où il épousa en 1849 Sophie Féguine, fille d'une famille juive prospère de St Petersbourg, qui aimait la musique et qui s'était convertie au christianisme. 

Il fut l'ami notamment de Liszt (qui séjourna à plusieurs reprises à sa maison de Hal), de Vieuxtemps (avec qui il écrivit des duos pour violon et violoncelle), de Mendelssohn (avec qui il joua à Leipzig le trio op. 97 de Beethoven), de Rossini (qui lui dédicaça un concerto) et de Wagner.

Il fut initié en 1834 à la Loge bruxelloise Les Vrais Amis de l'Union.

Une famille d'artistes 

Son fils Joseph Servais (1850-1885), qui était virtuose renommé également, fut professeur de violoncelle au Conservatoire de Bruxelles et c'est pour lui que Vieuxtemps écrivit ses deux concertos pour violoncelle.

Sa fille Sophie épousa en 1865 Cyprian GODEBSKI (1835-1909), un célèbre sculpteur polonais, qui réalisa à Hal une statue monumentale (ci-contre) de son beau-père. Mais Sophie allait mourir en 1872 à St Petersbourg en donnant le jour à sa fille Misia Godebska, pianiste qui fut successivement l'épouse de Thadée Natanson, Alfred Edwards (directeur du Journal "Le Matin") et du peintre espagnol José Maria Sert, qui eut pour ami(e)s Coco Chanel, Mallarmé et Jarry, et qui fut peinte par Toulouse-Lautrec, Bonnard, Vuillard, Vallotton et Renoir.

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