L'installation des Vrais Amis de la Justice

 

Notre source pour cette page est l'ouvrage (Mons, 1854) d'A. Cordier, Histoire de l'Ordre maçonnique en Belgique.

Celui-ci évoque (pp. 403-6) l'éphémère (au maximum 14 ans d'activité) Loge bruxelloise des Vrais Amis de la Justice, dont firent partie l'imprimeur Jean-Louis Boubers et ses deux fils Amand-Aimé et Jacques-Louis.

Cette Loge, après s'être vu refuser des patentes par la Grande Loge Provinciale du marquis de Gages, en demanda au Grand Orient de France, qui accepta et chargea la Loge valenciennoise (fondée en 1733) de la Parfaite Union de procéder à son installation. 

La superbe médaille (ci-contre) de la Parfaite Union de Valenciennes (à ne pas confondre avec sa voisine la Parfaite Union de Douai) est, d'après les Archives historiques et littéraires du nord de la France, et du midi de la Belgique d'Aimé Leroy, l'oeuvre du graveur Jean-Joseph Durig (1750-1816).

La devise Constantia meruere lumen nous semble pouvoir se traduire : Par la constance ils ont conquis la lumière.

La Parfaite Union a fusionné en 1811 avec Saint Jean du Désert pour former La Parfaite Union et Saint Jean du Désert Réunis.

Mais, le 6 juillet 1775, cette cérémonie fut perturbée par l'arrivée d'une lettre du marquis, rappelant le concordat passé entre lui et le Grand Orient de France depuis trois ans, par lequel nous nous interdisons réciproquement de constituer dans nos départements respectifs, et nous renfermant chacun dans notre district

En conséquence, la Grande Loge Provinciale regardait cette installation comme nulle et non avenue. La cérémonie eut cependant lieu, provisionellement et sans préjudice de l'opposition du Grand Maître provincial, mais la Loge ne fut jamais inscrite au Tableau du Grand Orient, qui sans doute s'était rendu compte de sa maladresse et ne voulut pas envenimer ses relations déjà tendues avec Gages.

(ndlr : il nous a semblé intéressant de mentionner cet édifiant exemple des guerres de territorialité qui dès le XVIIIe ont ravagé la maçonnerie. L'épisode est également narré en détail par Pierre-Yves Beaurepaire dans son article Le Grand Maître marquis de Gages et les relations maçonniques gallo-belges au XVIIIe siècle accessible via Pietre-Stones).

Au cours du banquet qui suivit, un frère nouvellement initié chanta les couplets suivants :

Notre bonheur n'est point imaginaire : 
Ce jour est pour nous fortuné ; 
De l'orient l'astre qui nous éclaire 
Nous prête un soutien assuré. 
Que tout ici respire l'allégresse, 
Et faisons retentir ces lieux 
Des accents qu'une douce ivresse 
Arrache de nos cœurs heureux.

Aux Députés.

Votre présence augmente encor, mes frères, 
Le bonheur dont nous jouissons. 
Plus éclairés que nous dans nos mystères, 
Daignez nous donner des leçons. 
Une tendre et vive reconnaissance 
Règnera toujours dans nos cœurs, 
Si vos avis pleins de prudence 
Nous éclairent sur nos erreurs. 

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