Le bienfait de Marie-Caroline

Le  recueil (1780) Erster Nachtrag zu dem Lieder-Anhange in der Sammlung für freye und angenommene Maurer se termine (pp. 27-32) par 3 Gesänge in fremden Sprachen (chansons en langues étrangères), malheureusement sans indication d'air ni partition.

Si la première est en latin, les deux autres (ci-dessous) sont en français et elles constituent un témoignage supplémentaire de la vénération entretenue par les maçons de toute l'Europe envers Marie-Caroline de Naples, considérée comme la protectrice ayant sauvé les Frères napolitains. 

Elles constituent en fait deux versions différentes développant les mêmes thèmes (voir leur comparaison en bas de page), la première étant une chanson de table et la deuxième, un peu plus développée, étant intitulée stances et n'étant pas nécessairement, malgré son incorporation dans un ensemble de trois textes intitulé chansons, destinée à être chantée.

                             


         

Chanson de table maçonnique, faite à la mémoire d'un bienfait de Marie-Caroline Reine des Deux-Siciles.

 

 

Chantons célébrons mes Frères 
Un sexe , un
sexe enchanteur ; 
S'il ignore nos Misteres, 
Il peut tout sur notre cœur. 
Hors de notre Sanctuaire, 
Rendus à la volupté, 
Nous oublions pour lui plaire 
Amis et fraternité. 

 

 

 

Selon notre usage en Loge, 
Nous en faisons mention, 
Et de faire son éloge 
On saisit l'occasion. 
Mais c'est trop peu de l'usage 
Quand pour le plus grand bienfait, 
Nous lui devons un hommage
Particulier et parfait. 

 

 

 

Un hommage aussi sincère 
A Caroline appartient, 
Car aux instances d'un frère 
Se rendant, elle soutient, 
Sauve la Maçonnerie,
Et de Naples les Maçons, 
Noircis par la calomnie 
Et deja dans les prisons. 

 

 

 

N'oublions jamais, mes frères, 
Cette princesse et son cœur, 
Qui, sans avoir nos lumières, 
Des Maçons fait le bonheur. 
Qu'est-il en notre puissance ?
Rien que de faibles efforts,
Quand de la reconnoissance 
Nous sentons tous les transports.

  

 

 

Ornement de la nature, 
Reine adorable à jamais ! 
Te payer avec usure 
Est le seul de nos souhaits. 
Qu'est il en notre puissance ?
De vider ces rouges bords 
Car de la reconnoissance 
Nous te devons les transports.


Stances faites en mémoire du bienfait de Marie-Caroline Reine des Deux-Siciles.

 
 

 

Célébrons dans nos chants, célébrons mes chers frères, 
Un sexe trop charmant, souvent notre vainqueur, 
Que nous n'admettons point à nos sages misteres 
Mais qui peut tout sur nous, sur notre cœur ; 
Car à peine sortis de notre Sanctuaire, 
Nous allons dans ses bras chers à la volupté, 
Oublier promptement, s'il s'agit de lui plaire, 
Tous nos plaisirs Maçons et la Fraternité.

 

 

 
 

Selon notre coutume en Loge, 
De ce Sexe on fait mention 
De faire même son éloge, 
On saisit toute occasion. 
Faisons plus aujourd'hui ! car c'est peu de l'usage, 
Quand pour un slgnalé bienfait 
Nous lui devons tous un hommage 
Particulier, sincere et parfait.

 

 
 

 

Mais cet hommage authentique et sincère 
Ne peut qu'à Marie-Caroline etre dû ; 
Cette reine écoutant un très auguste frere, 
Puis secondant ses vœux, bonheur inattendu ! 
Vint au secours de la Maçonnerie, 
Sauva dans Naples les Maçons, 
Poursuivis, opprimés par l'aveugle furie, 
Et comme criminels, tenus dans les prisons.

 

 
 

 

Ah ! n'oublions jamais, n'oublions pas mes frères ! 
Ce signalé bienfait ! la reine ! dont la cœur
Quoique privé de nos lumières 
Des Francs-Maçons fait le bonheur. 
Mais que peut-on pour elle, ou va notre puissance ?
A lui offrir nos vœux, d'inutiles efforts, 
Quand de notre reconnoissance 
Nous voudrions suivre tous les transports !

 

 
 

 

Bel ornement de la nature ! 
Mais enfin, pour toi, reine adorable à jamais,
Modèle sans égal de bonté, de droiture, 
Etre unique et des plus parfaits ! 
Que pouvons nous, ou va notre puissance ? 
A te chanter, vuider des rouges bords, 
Faibles marques d'une réconnoissance, 
Dont nous sentons tous les transports.

La mise en vis-à-vis des deux textes permet de mieux constater leur symétrie (le premier est manifestement une version compacte du second) :

Chanson de table 

Chantons célébrons mes Frères 
Un sexe, un sexe enchanteur ; 
S'il ignore nos Misteres, 
Il peut tout sur notre cœur. 
Hors de notre Sanctuaire, 
Rendus à la volupté, 
Nous oublions pour lui plaire 
Amis et fraternité. 

 Selon notre usage en Loge, 
Nous en faisons mention, 
Et de faire son éloge 
On saisit l'occasion. 
Mais c'est trop peu de l'usage 
Quand pour le plus grand bienfait, 
Nous lui devons un hommage
Particulier et parfait. 

 Un hommage aussi sincère 
A Caroline appartient, 
Car aux instances d'un frère 
Se rendant, elle soutient, 
Sauve la Maçonnerie,
Et de Naples les Maçons, 
Noircis par la calomnie 
Et deja dans les prisons.

N'oublions jamais, mes frères, 
Cette princesse et son cœur, 
Qui, sans avoir nos lumières, 
Des Maçons fait le bonheur. 
Qu'est-il en notre puissance ?
Rien que de faibles efforts,
Quand de la reconnoissance 
Nous sentons tous les transports.

  Ornement de la nature, 
Reine adorable à jamais ! 
Te payer avec usure 
Est le seul de nos souhaits. 
Qu'est il en notre puissance ?
De vider ces rouges bords 
Car de la reconnoissance 
Nous te devons les transports.

Stances 

Célébrons dans nos chants, célébrons mes chers frères, 
Un sexe trop charmant, souvent notre vainqueur, 
Que nous n'admettons point à nos sages misteres 
Mais qui peut tout sur nous, sur notre cœur ; 
Car à peine sortis de notre Sanctuaire, 
Nous allons dans ses bras chers à la volupté, 
Oublier promptement, s'il s'agit de lui plaire, 
Tous nos plaisirs Maçons et la Fraternité.

 Selon notre coutume en Loge, 
De ce Sexe on fait mention 
De faire même son éloge, 
On saisit toute occasion. 
Faisons plus aujourd'hui ! car c'est peu de l'usage, 
Quand pour un slgnalé bienfait 
Nous lui devons tous un hommage 
Particulier, sincere et parfait.

 Mais cet hommage authentique et sincère 
Ne peut qu'à Marie-Caroline etre dû ; 
Cette reine écoutant un très auguste frere, 
Puis secondant ses vœux, bonheur inattendu ! 
Vint au secours de la Maçonnerie, 
Sauva dans Naples les Maçons, 
Poursuivis, opprimés par l'aveugle furie, 
Et comme criminels, tenus dans les prisons.

 Ah ! n'oublions jamais, n'oublions pas mes frères ! 
Ce signalé bienfait ! la reine ! dont la cœur
Quoique privé de nos lumières 
Des Francs-Maçons fait le bonheur. 
Mais que peut-on pour elle, ou va notre puissance ?
A lui offrir nos vœux, d'inutiles efforts, 
Quand de notre reconnoissance 
Nous voudrions suivre tous les transports !

 Bel ornement de la nature ! 
Mais enfin, pour toi, reine adorable à jamais,
Modèle sans égal de bonté, de droiture, 
Etre unique et des plus parfaits ! 
Que pouvons nous, ou va notre puissance ? 
A te chanter, vider des rouges bords, 
Faibles marques d'une reconnoissance, 
Dont nous sentons tous les transports.

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