Couplets (de Nogaret)

servant de réponse aux Sentiments des Profanes

Cliquez ici pour entendre un MP3 de cet air, établi à l'aide de cette page du site NEUMA.

Ces couplets maçonniques figurent aux pp. 80-82 de l'ouvrage (daté de 1787) Fictions, discours, poèmes lyriques et autres pièces adonhiramites de Félix Nogaret.

Ils exploitent un thème classique en se moquant des croyances superstitieuses entretenues par les profanes au sujet des maçons.

Les Soeurs filandières évoquées au dernier couplet sont les Parques : Nogaret voudrait-il ici accréditer une autre croyance, celle concernant une exceptionnelle longévité des maçons ?

 

L'air Coeurs sensibles, coeurs fidèles est donné par la Clé du Caveau sous le n° 98

C'est l'air de Basile dans la scène X de l'acte IV du Mariage de Figaro de Beaumarchais :

Cœurs sensibles, cœurs fidèles 
Qui blâmez l'amour léger. 
Cessez vos plaintes cruelles : 
Est-ce un crime de changer ? 
Si l'amour porte des ailes 
N'est-ce pas pour voltiger ?

 

      
 


 

COUPLETS Maçonniques

 

Servant de réponse aux Sentiments des Profanes
& aux terreurs de ma grand-mère.

 

Air : Coeurs sensibles, coeurs fideles.

 

 

Toute erreur est excusable,
J'ai pensé, dix ans & plus,
Qu'un Maçon était un diable,
Un ennemi des vertus.
Le vulgaire est admirable :
Voyez comme il est instruit !...
J'en savais ce qu'il en dit.    bis

 

 

Ici j'ai vu l'éloquence
Utile â l'humanité ;
J'ai vu ... j'ai vu l'opulence
Accueillir la pauvreté :
Mon oeil chercha la distance,
Et ne vit de tout côté
Que l'aimable égalité.    bis.

 

 

Une sage complaisance,
Une douce autorité,
En banissant la licence
Appellaient la liberté.
Telle était la jouissance
Que l'on se croyait encor
Au bon tems de l'âge d'or.    bis.

 

 

Qu'ils viennent donc à nos fêtes,
Ces critiques étourdis :
Nous changerons & leurs têtes,
Et leurs coeurs & leurs esprits.
Ils deviendront nos conquêtes,
Tant ils seront étonnés
Du bien que font les damnés.    bis.

 

 

Les Rébus de ma grand-mere
Ont pourtant des vérités.
Les enfans de la lumiere,
Font feu de bien des côtés.
Je leur vois, au lieu de verre,
Des lampes & des canons,
Tout annonce des démons.    bis.

 

 

Mais ils sont si débonnaires
Qu'ils disputent à Pluton
De pauvres octogénaires
Prêt[s] à passer l'Achéron.
Voilà les Soeurs filandieres
Dans un terrible embarras,
On leur a coupé les bras.    bis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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