Bonheur durable

Cliquez ici pour entendre cet air, interprété par l' ensemble Les Enfans de Cythère et emprunté à la superbe page Un salon au XVIIIe siècle du très riche site Musiques populaires et musiques savantes au XVIIIe siècle du CEDPI

On trouve cette chanson, sans titre significatif, aux pages 109-10 du Recueil de chansons pour la maçonnerie des hommes et des femmes (Recueil de Sophonople).

Les couplets 1, 2 et 4 de cette chanson sont les mêmes que les couplets 5, 6 et 7 de la chanson figurant (avec un autre air) aux pp. 219 à 221 de La Lire Maçonne. Le couplet 3 par contre est original, et nous ne l'avons trouvé nulle part ailleurs. Ce (très pastoral) couplet contient des allusions mythologiques plutôt absconses, qui seront peut-être un peu éclairées par cette citation (pp. 57-8) du Journal encyclopédique en 1761 :

Les François auroient-ils ici en peinture le même malheur qu'ils ont eu en vers ? Au lieu de peindre Tytire & Coridon, & de ne parer églé que de fleurs, ils ont peint Timarette, & ont orné de diamans la houlette de Silvanire.

Les quatre premiers vers du 1er couplet sont très semblables à ceux de cette autre chanson de la Lire.

Voir ici à propos de l'air L'Amant frivole et volage.

AUTRES

 

Air : L'Amant frivole & volage.

Qui cherche un bonheur durable,
Doit se ranger sous nos loix.
Notre sort est préférable
A celui des plus grands Rois.
Au pouvoir de la fortune
Nous ne sommes point soumis :
Le flatteur nous importune,
Nous cherchons de vrais amis.

 

 

Vous, que la sagesse inspire,
Mortels, amis des vertus,
Ce penchant doit vous suffire :
Mais nous avons encor plus.
Chez nous, la vérité pure,
Dont le cœur est enchanté,
De la premiere Nature
Fixe la simplicité.

Que des Muses mensongères
Peignent encor des bergers,
Et des naïves bergères,
L'honneur des rians vergers :
Nous n'avons point de houlettes,
Mais, amis de bonnes moeurs,
Les Frères, vrais Timarettes,
Ont des églés dans les Soeurs.

  

 

Le vulgaire nous condamne !
Mais craignons-nous les arrêts
De ce tribunal prophane,
Qui ne nous entend jamais !
Qu'au sage on fasse la guerre ;
Est-ce un prodige à nos yeux,
Quand les enfans de la Terre
Ont osé la faire aux Dieux ?

 

 

 

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