Cantique Fraternité chérie

Ce cantique du Frère Laneuville, qui constitue un vibrant hymne à la Fraternité, figure (p. 32), sous le titre Cantique de Clôture, Jour de la St. Jean d'Eté 5800, à la table du chansonnier édité en 1801 par  la Loge de l'Aménité à l'Orient de Philadelphie.

Il a été recopié :

La dernière strophe est effectivement un signal de clôture des Travaux dans la mesure où elle invite à former la Chaîne d'Union.

Le Frère Laneuville est également l'auteur de plusieurs autres cantiques du recueil de l'Aménité.

On remarque qu'il semble manquer un vers à l'avant-dernier couplet (ce qui est également le cas dans la version manuscrite).

Nous n'avons pas trouvé d'air Regarde ce soldat vainqueur mais Entendez ce soldat vainqueur est l'incipit du 4e couplet d'une chanson patriotique de 1794 (dont on trouve d'autres versions ici et ici, p. 64) intitulée Marche des Pirénées (sic), qui se chante sur Mourir pour sa Patrie (locution qui en constitue d'ailleurs le refrain) et dont la métrique est rigoureusement pareille. La partition qu'en donne le Calendrier républicain pour 1795 est malheureusement illisible ici et absente (dans les partitions regroupées en fin de fichier).

Le RISM donne ici l'incipit de cette partition :



  

CANTIQUE

 

Air : Regarde ce soldat vainqueur.

 

Rendons grâce au Suprême Auteur
Qui remplit l’immense nature,
Et chantons tous en son honneur :
Maçons, au sein du vrai bonheur,
Faisons entendre une voix pure,
Répétons, en toute ferveur,
                  Fraternité chérie !                 bis.
Viens encor embellir le saint nœud qui nous lie.

 

Le Tout-Puissant, du haut des cieux
Voulant régénérer la terre,
Bannir les vices odieux ;
Pour rendre les hommes heureux
Imprima l’amitié sincère
Au cœur du Maçon vertueux.
                  Fraternité chérie !                 bis.
Viens encor embellir, etc.

 

Le Maçon, d'un vœu criminel,
Ou d'une plainte qui l’offense ,
Jamais ne fatigue le ciel ;
Et fort de l'appui fraternel,
Il brave l’affreuse indigence
Que craint tout profane mortel.
                  Fraternité chérie !                 bis.
Viens encor embellir, etc.

 

Chez les Maçons, la volupté
Réside dans la bienfaisance ;
Présent de la Divinité !
Au flambeau de la charité
Vient s’épurer la jouissance,
Qui mène à la félicité.
                  Fraternité chérie !                 bis.
Viens encor embellir, etc.

 

Quand les mortels ont tout perdu,
Tout, même jusqu’à l’espérance,
Un Maçon n'est point abattu ;
Il interroge sa vertu,
De ses frères la bienveillance,
Et son malheur a disparu.
                  Fraternité chérie !                 bis.
Viens encor embellir, etc.

 

Jeunes Maçons soyez fervents,
Toujours aimants, toujours sensibles ,
Portez des cœurs compatissants,
Aux vices soyez inflexibles :
Montrez-vous nos dígnes enfans.
                  Fraternité chérie !                 bis.
Viens encor embellir, etc.

 

Strophe de Clôture.

En vrais Maçons uníssez-vous,
Formons la symbolique chaîne ;
Heureux liens . . . comme ils sont doux !
Frères, tout est commun chez nous,
Même plaisir et même peine,
Le même cœur nous anime tous.
                  Fraternité chérie !                 bis.
Viens encor embellir le saint nœud qui nous lie.

 

Par le Frère Laneuville.

Les images de cette page proviennent de l'édition du recueil détenue, sous la cote Bibliothèque municipale de Lyon SJ R 335/30.4, par la Bibliothèque municipale de Lyon, laquelle nous a obligeamment autorisé à faire usage sur ce site des clichés (crédit photographique Bibliothèque municipale de Lyon, Didier Nicole) qu'elle nous en a fournis, clichés que nous avons adaptés pour les mettre aux normes du présent site.

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