Mes souvenirs de Niort (Tessier, 1842)

 

Ce cantique est un des quatre relatifs aux Amis de l'Ordre que nous avons trouvés dans l'ouvrage de Gustave Boissière, Histoire des loges et des chapitres de Niort.

Quelques jours après avoir participé en tant que Grand Installateur, le 14 août 1842, à l'installation solennelle de la nouvelle Loge des Amis de l'Ordre, la Frère Moreau avait envoyé à celle-ci sa composition Mes souvenirs de Niort.

La Loge remercia celui-ci de ce gracieux cantique en lui répondant, sur un ton tout aussi conventionnel, ceci (pp. 91-2), par la plume de son archiviste le Frère Tessier (lequel semble malheureusement avoir ici perdu de vue un précepte maçonnique bien connu :  Ne flatte point ton frère, c’est une trahison ; si ton frère te flatte, crains qu’il ne te corrompe) :

MES SOUVENIRS DE NIORT

Air : Sous l'heureux ciel de l'antique Ausonie

Toi, dont la voix avec charme retrace
Tous les parfums de la fraternité,
Qui, dans tes vers, nous rappelle d'Horace
Et la sagesse et la douce gaîté ;
Maçon parfait, toi qui sais toujours plaire,
Par tes leçons daigne nous soutenir.
A bien penser, à bien dire, à bien faire,
Nous parviendrons, grâce à ton souvenir.

Ton nom brillant, Moreau, tu dois le croire,
A tant de droits à se faire admirer.
Qu'en notre temple on garde la mémoire
Des courts instants que tu vins éclairer.
Chacun ici, fier de t'avoir pour frère,
Forme des voeux pour te voir revenir.
A bien penser, à bien dire, à bien faire,
Nous parviendrons, grâce à ton souvenir.

Du feu sacré de la maçonnerie,
Ton noble coeur est un ardent foyer ;
Par ta vertu, par ta philosophie,
En nous charmant, tu sus nous égayer.
Conserve-nous l'amitié tutélaire
Que ton burin sait si bien définir.
A bien penser, à bien dire, à bien faire,
Nous parviendrons, grâce à ton souvenir.

Illustre anneau de la chaîne immortelle,
Dont je ne suis qu'un modeste chaînon ;
Toi qui pourrais, chaque soir, vrai modèle,
Dire : J'ai fait une bonne action,
Viens nous donner la clé de ce mystère,
D'amour, de foi, que tu fais refleurir.
A bien penser, à bien dire, à bien faire,
Nous parviendrons, grâce à ton souvenir.

De tes souhaits la faveur infinie
Nous enhardit dans nos premiers travaux ;
A ces beaux jours tu viens en bon génie,
Prophétiser des jours encor plus beaux.
Puisse, Moreau, l'Etoile qui t'éclaire,
T'avoir pour nous faire lire l'avenir.
A bien penser, à bien dire, à bien faire
Nous parviendrons, grâce à ton souvenir.

Divin trio, Force, Beauté, Sagesse,
Venu vers nous au nom de Jéhova !
Installateurs, vous vîtes notre ivresse,
Quand du chaos votre main nous sauva !
Divin trio, pour l'Ordre et la Bannière
A bien penser, à bien dire, à bien faire,
Nous parviendrons, grâce à ton souvenir.

G. TESSIER, Archiviste.

Sous l'heureux ciel de l'antique Ausonie est l'incipit d'un poème de Joseph-Antoine de Gourbillon, paru sous le titre Julie ou le danger des voyages dans le Chansonnier des Grâces pour 1811 avec la mention Air à faire. Ce voeu fut bientôt exaucé : on peut en effet voir ici qu'une partition (que nous n'avons malheureusement pas encore trouvée) fut publiée en 1811 par Benoît Pollet (1753-1823), compositeur, harpiste, éditeur, marchand de musique et d'instruments à Paris.

La devise bien penser, bien dire, bien faire, qui sert de refrain à ce cantique, était celle de la Grande Loge Symbolique écossaise, celle de la Loge des Trinosophes et celle (lisible sur le triangle malgré le manque de netteté de l'image) de la Loge l'Avenir de Chatellerault en 1880.

     

Retour au sommaire des chansons diverses du XIXe:

Retour au sommaire du Chansonnier :