Le banquet de famille

  Cliquez ici (midi) ou ici (MP3) pour entendre l'air

Ce Cantique plein d'un optimiste idéalisme est intitulé Le banquet de famille ou le voeu des maçons ; il figure aux pp. 44-6 du recueil d'Orcel de 1867.

A moi ...

La littérature maçonnique du XIXe - et particulièrement sous l'Empire - est remplie d'histoires (auxquelles il est fait référence dans le 4e couplet de ce cantique) sur l'usage salvateur du signe de détresse sur les champs de bataille.

On en trouvera des exemples ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici ou ici, ou encore aux pp. 50 à 56, contenant de nombreuses anecdotes relatives à la bataille de Waterloo, du Tome II des Annales chronologiques, littéraires et historiques de la maçonnerie des Pays-Bas à dater du 1er janvier 1814 de Wargny.

S'agit-il de faits réels ou de légendes forgées à la gloire de la maçonnerie ? Il n'est pas illégitime de poser la question ...

Dans son (très anti-maçonnique) ouvrage publié en 1913, L'idée de patrie et l'humanitarisme : essai d'histoire française, 1866-1901, Georges Goyau donne (p. 43) un avis évidemment partial mais certainement pas infondé :

Les cantiques qu’on entonnait, les pièces d’architecture qu’on lisait, rendaient volontiers hommage au « signe de détresse » maçonnique et aux curieux avantages qu’il offrirait en temps de guerre. On collectionnait à ce sujet les anecdotes : on promenait, de loge en loge, l’histoire du peintre David faisant le signe de détresse, à Rome, à l’officier autrichien chargé de l’arrêter, et obtenant ainsi son salut ; l’aventure de Blücher à Waterloo, faisant cesser le feu contre un bataillon dont le commandant était maçon ; la double bonne fortune du frère Gérard, vénérable du Globe, deux fois sauvé, sous le premier Empire, à Madrid et à Augsbourg, parce que l’ennemi l’avait reconnu maçon. Les plus lettrés pouvaient mettre à l’épreuve la sensiblerie des « louveteaux » en leur faisant admirer un poème maçonnique de César Moreau sur la bataille d’Austerlitz, où détresse rime tout naturellement avec tendresse, et où l’on voit un Français et un Russe, sous les auspices du signe mystérieux, cesser leurs réciproques menaces, et échanger entre eux les sermens répétés d’une amitié constante.

Voir sur l'air de Roland.

                    

   

Le banquet de famille 

ou le voeu des maçons

 

Air de Roland.

 

Quand ce beau jour voit les Maçons 
Assis au banquet de famille, 
Dans tous les yeux, sur tous les fronts, 
Voyez quelle allégresse brille ! 
Une heureuse simplicité,
Ainsi qu'au bon temps de nos pères, 
Engendrant la douce gaité, 
Fait de nous tous autant de Frères.

REFRAIN.

Unissons nos joyeux accents 
Pour chanter la Maçonnerie ; 
Célébrons, dans ces doux instants, 
Frères ! le saint nœud qui nous lie.

Nous vivons sous l'empire heureux 
De la douce et sainte concorde ;
 Jamais des Maçons vertueux 
N'approcha l'affreuse discorde. 
Symbole du parfait bonheur,
Cette union qui nous est chère
Est un don que le Créateur,
Dans sa bonté, daigna nous faire.

Unissons, etc.

Qui ne sait que nos sages lois 
Nous prescrivent la bienfaisance, 
Et qu'aux Maçons plus d'une voix 
Exprime sa reconnaissance ? 
Au vieillard ils tendent la main ; 
Du pauvre ils tarissent les larmes, 
De la veuve et de l'orphelin 
Ils savent calmer les alarmes !

Unissons, etc.

Voyez, à l'appel de l'honneur,
Signalant son bouillant courage,
Un Maçon voler, plein d'ardeur,
Au milieu des champs du carnage.
Il tombe... le fer ennemi
Se lève et va trancher sa vie...
Il fait un signe... et d'un ami
Sa main presse la main chérie !

Unissons, etc.

Ainsi que ces preux chevaliers 
Qu'entraînait au loin leur vaillance, 
Sous des lambris hospitaliers 
Oubliaient fatigue et souffrance ; 
Les Maçons qu'en lointain pays 
Jettent les hasards du naufrage, 
Retrouvent dans nos saints parvis 
Et l'espérance et le courage ! 

Unissons, etc.

Dans nos travaux, dans nos banquets,
Liés d'une chaîne éternelle, 
Frères ! Savourons les bienfaits 
D'une amitié pure et fidèle. 
Et puissions-nous à nos neveux,
Lorsque nous quitterons la vie, 
Transmettre, comme un legs pieux, 
Les dons de la Maçonnerie !

Unissons, etc.

Retour au sommaire du Recueil d'Orcel:

Retour au sommaire du Chansonnier :