Fais ce que dois, advienne que pourra !

Nous ne disposons pas encore de fichier midi pour cette partition, et serions particulièrement reconnaissant à qui pourrait en établir un.

 

Les honnêtes gens n'ont qu'une devise : Fais ce que dois, advienne que pourra !     
(Balzac, Sur Catherine de Médicis)       

Cette chanson intitulée Fais ce que dois, advienne que pourra ! figure aux pp. 75-7 du recueil (1867) d'Orcel. C'est une très conformiste leçon de morale, qui (contrairement à celle de la p. 81 par exemple) n'a rien de spécifiquement maçonnique. Mais Orcel se devait sans doute de montrer combien la maçonnerie elle-même était bien-pensante.

L'auteur, Thorel-Saint-Martin (qui n'est d'ailleurs pas ici désigné comme maçon), peut sans doute être identifié comme celui dont on relève de nombreuses publications dans les années 1850.

A noter que Fais ce que dois, advienne que pourra est également la devise du 30e grade du REAA. On peut voir ici que l'explicitation de sa portée fait partie des sublimes connaissances dont la révélation est paraît-il réservée aux élus de la maçonnerie accédant à ce grade.

L'air Au temps heureux de la chevalerie est donné par La Clé du Caveau sous le no 1931, avec le titre alternatif Cette petite est gentille et piquante. Il serait dû à Ferdinando Antonolini (1771-1824).


    

      

Fais ce que dois,

advienne que pourra !

 

Air : Au temps heureux de la chevalerie.

Lassés de [de] voir le hideux égoïsme
De tous côtés combattre en furieux, 
Rappelons-nous de l'antique héroïsme 
La loi sublime et les faits glorieux ;
Des passions quand la tempête gronde, 
Heureux celui qui sans crainte suivra 
Cette maxime en vertus si féconde :
Fais ce que dois, advienne que pourra !

 

N'imitons pas cet usurier avide
Dont l'argent seul fait palpiter le cœur ; 
Sous l'or caché par son amour cupide, 
Il ne voit pas les larmes du malheur. 
Récompensant notre sollicitude,
Un indigent parfois nous bénira ;
Portons secours, même à l'ingratitude... 
Fais ce que dois, advienne que pourra !

 

Epoux aimant, cache ta jalousie.
Ou plutôt fuis cet horrible tourment ; 
Comprends enfin que cette frénésie 
Peut de l'hymen ébranler le serment ;
Ta femme est belle, et le soupçon la blesse, 
Peut-être un jour l'orgueil l'entraînera !... 
En l'estimant, prouve lui ta tendresse : 
Fais ce que dois, advienne que pourra !

 

Quel bruit affreux! écoutons... c'est l'envie
Faisant siffler sa langue de serpent ;
Que la lumière, éclairant notre vie,
La montre pure à ce monstre rampant ! 
Lorsque un moment condamnée au silence, 
En nouveaux cris sa rage éclatera, 
Dans la vertu trouvons notre vengeance : 
Fais ce que dois, advienne que pourra !

 

De mon voisin la tendre et jeune femme 
Est un trésor de grâce et de beauté ; 
Son doux aspect met le trouble en mon âme, 
Et par l'amour je me sens agité ! 
Pourrai-je vaincre un feu que je dois taire ? 
Jusqu'à la mort mon cœur résistera
Car cet époux, c‘est mon ami, mon frère .. 
Fais ce que dois, advienne que pourra.

 

Moins scrupuleux, mais craignant le scandale, 
Voyez agir nos tartufes nouveaux ; 
Discours pieux, humanité, morale, 
Toujours de masque ils changent à propos, 
A bien paraître ils mettent leur science... 
Toi, pauvre sage, on te calomnîra, 
Tu n'es guidé que par ta conscience ! 
Fais ce que dois, advienne que pourra !

 

Pour réussir, lâche et menteur infâme,
Un traître flatte et livre ses amis,
Contre de l'or il donnerait sa femme,
S'il le pouvait, il vendrait son pays.
Te repoussant, ô richesse flétrie !
Un noble cœur pour devise prendra, 
L'honneur, la gloire et la sainte patrie : 
Fais ce que dois, advienne que pourra !

                                             Thorel-Saint-Martin.

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