Adieu à ma Loge-mère

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Cette chanson provient des pp. 59-61 du recueil de Pierre Baquet intitulé Chansons d'Arquebuse et Cantiques Maçonniques et publié à Provins en 1848.

L'auteur évoque ici (couplets 1 et 2) sa réception (également rappelée par le cantique de la p. 55) à la Parfaite Régularité de Nogent-sur-Seine, qu'avec d'autres membres de cette Loge il quitte maintenant pour participer dans sa ville de Provins à la relance (qui fait l'objet de la chanson suivante dans le recueil) de L'Heureuse Alliance et à laquelle il fait donc ses adieux - tout en espérant la retrouver, en tant que visiteur ou en tant que visité.

Il cite avec tendresse de nombreux Frères, dont :

Mes adieux à la Parfaite Régularité

 

 

Air : Caressons nous Lisette

 

 

Je fus reçu jour heureux, plein de charmes,
Et dans mon coeur j'en garde souvenir ;
Si de bonheur j'ai versé quelques larmes,
Votre amitié n'a pu les retenir ;
De vos travaux je connais les Mystères
J'en suis tout fier et je me dis parfois
Ah ! qu'il est doux d'être auprès de ses frères,
Pour moi ce n'est que la deuxième fois.

 

 

 

2.

 

L'épais bandeau qui couvrait ma paupière,
Un jour tomba grâce à votre bonté
Frères de vous je reçus la lumière,
Et je compris notre fraternité
Dans ce moment mon âme très émue,
Par les baisers qui s'adressaient à moi
Quand ce beau jour reparaît à ma vue
Je suis heureux et plus heureux qu'un roi.

 

 

 

3.

 

Je vais quitter pour l'heureuse-alliance
Ma Loge mère, affreuse vérité !
Dieu tout puissant je vis dans l'espérance
C'est de revoir la Régularité.
Si de Nogent la route me sépare
Quoique de loin j'entendrai votre voix

                   Croyez-le bien, amis je le déclare,
Je suis heureux pour la deuxième fois

 

 

 

4

 

De bons Maçons, je me fais l'interprère
Cher Hennequin, Lefranc, Durand, Gendron
Ah ! que ma voix ne reste pas muette,
A moi Saint Jean : notre digne patron
Pour vous prouver frères si je vous aime
Je sens toujours des larmes dans ma voix
Je vous ai vu pleurer à mon baptême
Pleurez encor pour la deuxième fois.

 

 

 

5

 

Ah ! je comprends votre douleur amère,
Car vous perdez six de vos fondateurs,
Ce cher Meunier, estimable notaire,
A su très bien s'attirer tous nos coeurs ;
Il nous tendit une main secourable,
Pour le réveil on entendit sa voix ;
Nous sommes fiers de ce frère honorable
Vive à jamais ce digne Provinois !

 

 

 

6

 

Vous les voyez, ils souffrent en silence
De vous quitter ; Binard, Callou, Daniel
Vont travailler à l'heureuse-alliance ;
Et tous leurs voeux montent pour vous au ciel.
Puissent plus tard ses soeurs affiliées
Fraterniser aussi bien qu'autrefois,

            Ces loges soeurs ensemble mariées
Se reverront au temple Provinois.

 

 

 

7

 

Joyeux Maçons, donnez-nous l'espérance
Frères Charlet, Emile Génisson,
Que par vos chants, votre douce éloquence
Vous charmerez toujours le Franc-Maçon.
Dans nos banquets, vous nous faites comprendre
Que du malheur il faut ouïr la voix ;
Nous espérons bien encor vous entendre
Non ce n'est pas pour la dernière fois.

 

 

8.

 

Je vous salue, adieu cher Vénérable,
Chers surveillants, maîtres, bons apprentis,
Enfin ma voix fait le tour de la table
Que son écho s'envole au Paradis !
Frères Maçons que tous je vous embrasse,
Pour commencer je ne fais pas de choix,
Car dans mon coeur tous à la même place
Je vous ai mis dès la première fois.

 

 

 

Caressons nous Lisette est le leitmotiv d'une chanson de Debraux qui doit se chanter sur l'air de Tant plus amour, tu nous coûtes de larmes, air sur lequel nous n'avons rien retrouvé ; nous supposons qu'il s'agit d'une mauvaise transcription concernant la chanson de Béranger, La fuite de l'amour, dont le refrain est :

Ah ! plus, Amour, tu nous causes de larmes,
Plus, quand tu fuis, tu laisses de regrets

et dont on voit ici qu'elle doit se chanter sur l'air de Dis-moi soldat, t'en souviens-tu ?

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