Le Recueil de Provins (1848)

L'imprimerie autographique de Mathieu à Provins a publié en 1848 un recueil de poésies diverses de Pierre Baquet intitulé Chansons d'Arquebuse et Cantiques Maçonniques.

Ce recueil, dédicacé à Emile Genisson, Président des Arquebusiers de Provins (qualifié p. 55 de camarade, ami d'enfance et bon frère Maçon), était vendu 1f 50 au profit du Bureau de Bienfaisance de la Ville de Provins

La Bibliothèque municipale de Lyon détient dans ses collections, sous la cote Bibliothèque municipale de Lyon Chomarat A 5042, un exemplaire de ce recueil.

Elle nous a obligeamment autorisé à faire usage sur ce site des clichés (crédit photographique Bibliothèque municipale de Lyon, Didier Nicole) qu'elle nous en a fournis, et que nous avons adaptés pour les mettre aux normes du présent site.

Les pp. 53 à 76 contiennent un ensemble de dix

Avec beaucoup de spontanéité et de naturel, l'auteur évoque, d'une manière très personnelle, non seulement la maçonnerie en général, mais aussi, dans plusieurs chansons, quelques souvenirs marquants de sa propre vie maçonnique : sa réception évidemment, à la Parfaite Régularité de Nogent-sur-Seine, et ensuite sa participation, avec d'autres membres de cette Loge, à la relance de L'Heureuse Alliance de Provins.

L'ensemble constitue un témoignage très vivant de la mentalité des maçons de l'époque en province et de la chaleur des relations entre eux et entre leurs Loges.

La Loge de Provins

L'Heureuse Alliance de Provins est évoquée dans plusieurs chansons du recueil.

Cette Loge a été constituée en 1783 mais elle entra en sommeil en 1788. Réactivée en 1807, et remise en sommeil en 1851, elle fut à nouveau réveillée en 1974, et est toujours active (elle a même organisé une exposition en 2009, dont il reste des traces au musée de Provins).

Une page du site Patrimoine des communes de France signale que les travaux de cette loge, arrêtés vers 1825, reprennent en 1848 : même si cette affirmation n'est pas certaine (on voit ici que la Loge aurait été active en 1841, mais ce document n'aurait été imprimé qu'en 1850 ?), c'est en tout cas d'une reprise, au plus tard en 1848, que témoignent plusieurs chansons du recueil, notamment celle chantée à Montereau, qui mentionne que Provins aujourd'hui ressuscite.

Deux autres Loges, géographiquement assez voisines de Provins, sont évoquées en chansons :

  • la Parfaite Régularité de Nogent-sur-Seine, Loge constituée en 1782 et réveillée en 1803, et qui est la Loge-mère de l'auteur 

  • l'Unanimité de Montereau. 

Voici la liste des 10 chansons :

page  Titre  Air 
55 Ma réception Je crois en Dieu, mais je ne crois pas ça
57 Les Mystères de la Main Liberté Sainte
59 Mes adieux à la Parfaite Régularité Caressons nous Lisette
62 L'Heureuse Alliance du vieux Château
64 A l'Unanimité, Orient de Montereau Fou de Tolède
66 Le Temple de l'Heureuse Alliance, Orient de Provins Muse des Bois et des Accords
68 La prospérité de la Maçonnerie Elle aime à rire
70 Le Franc-Maçon Ah  ! le bel oiseau Maman
72 Une nouvelle Loge La Catacoua
75 Effets de la Maçonnerie de la Sentinelle

Le recueil est édité par l'imprimerie autographique de Mathieu à Provins.

Il ressort des pages Autographe et Autographie de Wikipedia que :

L’autographie est un procédé d'impression en fac-similé du début du XIXe siècle permettant de transposer sur une pierre lithographie des dessins réalisés sur un papier spécial avec une encre grasse. Le résultat peut être imprimé à un certain nombre d'exemplaires par le procédé de la lithographie traditionnelle. L’usage de l’autographie était réservé à de petits tirages personnels ou commerciaux. Il n'y a pas d'intermédiaire entre l'auteur et le résultat imprimé, comme ce serait le cas avec un procédé de gravure. Le Suisse Rodolphe Töppfer a réalisé ses ouvrages dessinés, considérés comme les ancêtres de la bande dessinée, par le procédé autographique.

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