Avantages du silence

 Cliquez ici pour entendre l'air de la partition ci-dessous

Ces pages sont les pp. 168 à 170 de l'édition 1766 de La Lire Maçonne. Une chanson très voisine figurait déjà (pp. 79-81) au Chansonnier de Ste-Geneviève, avec une autre partition, des couplets supplémentaires et quelques variations dans les couplets communs. La comparaison entre le Vénérable et Caton est ici une nouveauté. 

La version du chansonnier de Sophonople (pp. 64-66) est à peu de choses près (notamment de cette Loge au lieu de dans cette Loge) la même que celle-ci, moins le dernier couplet, qui est donc bien, comme indiqué, une amélioration créée par Vignoles.

Le texte est manifestement un pastiche d'une Ronde de table écrite par Beaumarchais pour la fête de la marquise Flore de Sailly.

C'est exactement la version (ci-dessous) de la Lire que reprendra en 1806 (pp. 102-3) la Muse maçonne.

L'édition 1775 est semblable, mais l'avant-dernier et le dernier couplet sont sous-titrés respectivement Au Maître de la Loge et Réponse du Maître. En outre, il est mentionné que l'air est Rien n'est si beau, rien n'est si bon. Cet air, qui est donné sous le n° 1001 par la Clé du Caveau, avec le titre alternatif quelle liqueur est plus vermeille, et qui figure également au site Théaville, n'a pourtant rien à voir avec la partition donnée.

Ces modifications seront maintenues à l'édition 1787, mais la présentation du texte sera comprimée de manière à dégager de l'espace à la p. 170 pour une chanson nouvelle.

La chanson (sans le couplet ajouté) sera également reprise (pp. 67-9), sous le titre Cantique maçonnique et avec l'incipit Frères Maçons de cette Loge, à la Lyre maçonnique de 1811, mais dans le texte Rien n'est si beau et Rien n'est si bon sont chaque fois redoublés. Ici l'air mentionné est On dit que je suis sans malice (du Bouffe et le Tailleur). On dit que je suis sans malice (air datant de 1804 et provenant de l'opéra-bouffon Le Bouffe et le Tailleur de Pierre Gaveaux sur des paroles d'Armand Gouffé et Villiers) est donné par la Clé du Caveau sous le n° 1446 et est également visible ici ou ici.

 AVANTAGES DU SILENCE.

 

 

Frères Maçons, dans cette Loge,
La vertu fait tout votre éloge,
Sa lumière est un vrai flambeau,
Rien n'est si beau.
Il vous guide vers la Sagesse,
Sa clarté fait votre allégresse ;
Sa flamme conduit le Maçon :
Rien n'est si bon.

Laissons le profane vulgaire,
Sur ce qu'un Maçon sait se taire,
En vain se brouiller le cerveau :
Rien n'est si beau.
Qu'il médise, ou qu'il applaudisse,
Soit dépit, ou bien artifice,
Je suis content d'être Maçon
Rien n'est si bon.

 

Respectable Maçonnerie,
De ton aimable Confrérie
Qui pourrait peindre le tableau ?
Rien n'est si beau.
Toujours vertueux et fidèle,
Ami sincère et plein de zèle,
Voilà les traits d'un Franc-Maçon :
Rien n'est si bon.

 

Chaque Maçon aime son Frère
D'une flamme pure et sincère ;
Dans l'Ordre on est tous de niveau ;
Rien n'est si beau.
Du faste fuyons le vain titre,
Ne reconnaissons pour arbitre,
Qu'un vénérable Franc-Maçon :
Rien n'est si bon.

Respectons notre Vénérable,
En tout endroit et même à table.
Conduisons-nous par son flambeau,
Rien n'est si beau.
Il plaît par son humeur aimable ;
Sa douceur et son air affable
Le font ressembler à Caton :
Rien n'est si bon.

 

 

Réponse du Vénérable

Par le Fr. de Vignoles 

CAton fut grand, mais fut rigide :
Dans cette Loge que je guide,
Il eût dit d'un transport nouveau,
Rien n'est si beau.
Ici tout charme, tout enchante ;
La critique, qui s'épouvante,
Dit avec moi, d'un même ton,
Rien n'est si bon.

 

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La lire maçonne
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