La gloire de la philosophie

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La première édition que nous connaissions de cette chanson est en 1752 dans un (celui que nous avons désigné sous le repère B) des chansonniers dits de Jérusalem (mais dans aucun autre de cette série), aux pp. 109-11, sous le titre Chanson composée par le Frère A. B. C., sur l'Air : Quand à ces Messieurs le coeur grille.

La Clé du Caveau donne cet air sous le n° 90, avec la même métrique et les titres alternatifs air des revenans ou chansons, chansons.

On retrouvera cette version, à l'identique, aux pp. 169-71 du chansonnier de Lausanne.

On retrouve aussi la chanson aux pages 314-5 de La Lire Maçonne (p. 305 à l'édition 1763) sous le titre La gloire de la philosophie. Le texte est pratiquement identique (le dernier couplet, qui était à l'origine une invitation à boire, a cependant été revu) comme on peut le voir au tableau ci-dessous, où nous avons juxtaposé les images de la Lire (colonne de gauche) et (colonne de droite) le texte original (les différences sont en mauve). 

Mais la partition est ici un Air nouveau, composé par le Frère de St. Martin (c'est une des rares chansons de la Lire dont le compositeur soit nommé).

Selon Basso (p. 161), qui ne propose aucune justification pour cette attribution fort hasardeuse, il s'agirait du célèbre Philosophe inconnu, Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803).

Davies (p. 153) l'identifie plutôt - ce qui nous semble nettement plus vraisemblable - comme un des fondateurs vers 1762 de la Loge amstellodamoise Les Sept Frères Réunis, laquelle aurait été selon lui une Loge d'artistes et de gens de théâtre, mais dont nous n'avons pas trouvé d'autre mention.

La version de la Lire se retrouvera en 1806 dans la Muse maçonne (pp. 188-9).

On peut s'étonner de voir l'auteur assimiler Lucrèce aux anciens sages de la Grèce.

CHANSON

Composée par le Frère A. B. C

Sur l'Air :

Quand à ces Messieurs le coeur grille.

Très Vénérable & vous chers Frères,
Vous, dans nos sublimes Mystères,
Bons Compagnons,
Célébrons d'un cœur plein de zéle
L'amitié constante & fidelle
Des Francs-Maçons.

De Vertus école brillante ,
Loge dont la douceur enchante ,
Nous t'admirons.
Chez toi nous voyons la sagessè
Diriger avec allégresse
 Les Francs-Maçons.

 

Vous, anciens Sages de la Gréce.
Vous, Aristote, vous, Lucrèce,
Et vous Platon,
Vous n'eûtes rien de comparable
A l'ordre pur & respectable
Des Francs-Maçons.

 

Vulgaire imbécile & volage,
Malgré ton impuissante rage,
Nous jouissons
De tous les charmes de la vie ;
Cesse donc de porter envie
Aux Francs-Maçons.

 

Belles dont nous louons les charmes
Vos cœurs seroient exempts d'allarmes
Et de soupçons ;
 Si vous trouviez chez tous les hommes, 
Dans le fâcheux siécle où nous sommes,
Des Francs-Maçons.

 

Au bonheur & à l'harmonie,
A l'amitié de nous chérie ,
Amis buvons :
Par trois fois trois, Fréres aimables, 
Exaltons les plaisirs durables
Des Francs-Maçons.

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La lire maçonne
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