COUPLETS BACHICO-MAÇONNIQUES

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Le recueil (anonyme) Chansons, poésies et morceaux de prose, extraits du portefeuille d'un médecin de village imprimé à Lille en 1836 contient - outre un discours maçonnique (pp. 47-51) daté de 1826, fustigeant tant le cléricalisme que la cordonnite maçonnique ainsi que trois chansons (pp. 71-79) rendant hommage aux sapeurs-pompiers de Seclin et de Wavrin (villages situés à quelques kilomètres de Lille, ce qui donne sans doute des indications sur l'implantation de ce médecin de village anonyme) - deux chansons destinées à être chantées lors de banquets maçonniques : 

  • les couplets bachico-maçonniques ci-dessous (pp. 13-15) 

  • Versez tout plein, destiné à la fête de la Saint-Jean (pp. 16-18).

    

COUPLETS BACHICO-MAÇONNIQUES

 Air du Curé de Pompone

 

Amis, à ce joyeux banquet,
Célébrons notre fête.
Entonnons le joli couplet,
Que chacun le répète ;
Fuyant les sots,
Les noirs cagots,
La sotte politique :
Je suis maçon
Et sans façon
J'apporte mon cantique.

 

 

Vertu, Justice, Liberté,
Soyez notre devise :
Laissons l'esclave maltraité
Encenser la sottise.
Etre avili,
Pour un parti,
Lâchement il s'enchaîne.
Indépendans,
Pour les méchans
Réservons notre haine.

 

 

N'envions pas le sort des rois :
Il n'est jamais prospère.
Nous avons vu tomber cent fois
Leur grandeur éphémère.
Mais nous, maçons,
Nous traversons
Les siècles et l'histoire :
Toujours joyeux,
Toujours heureux ;
Buvons à notre gloire !

 

 

Soyons humains et bienfaisans,
Enfans de la nature ;
Pour lui prodiguer notre encens,
Que notre main soit pure.
Si de Vénus
Ou de Bacchus
Nous ressentons l'ivresse :
Buvons, aimons
Et célébrons
Le vin et la tendresse.

 

 

O mes frères ! ô mes amis !
Fermons bien notre porte :
Ici le plaisir est admis ;
Gardons-nous qu'il ne sorte.
Si, peu discret,
Il s'enfuyait,
Je saurais sous la treille,
Sans tant chercher,
Le retrouver
Au fond de ma bouteille.

 

 

Je crains que mon joyeux refrain
N'effarouche Minerve.
Je chanterais jusqu'à demain
Si j'en croyais ma verve.
Bonne santé,
Douce gaité,
Ah ! soyez mes compagnes !
Qu'ici la mort
Me laisse encor
Faire quelques campagnes.

 

 

Voir l'air du Curé de Pomponne.

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