Les Doyens

Cliquez ici pour entendre un fichier MP3 de cette partition (premier couplet et refrain), séquencé par Christophe D.

Ce Chant maçonnique, intitulé Les Doyens et dédié à son Altesse Royale le Prince Murat (qui était depuis 1851 le très autoritaire Grand Maître du Grand Orient de France), a été publié à Paris en mai 1856 (c'est précisément ce mois-là - et ce n'est sans doute pas un hasard - qu'eut lieu un Convent où il fut quelque peu contesté). 

Il est l'oeuvre de Melchior Rédarès pour les paroles et d'Edmond Cottin pour la musique. 

Ce Melchior Rédarès est probablement l'auteur des Etudes historiques et philosophiques sur les trois grades de la Maçonnerie symbolique suivies de l'influence morale de la Maçonnerie sur l'Esprit des Nations, ouvrage paru en 1858.

On peut voir ici que, deux ans auparavant, un autre chant (résultant comme celui-ci de la collaboration d'un écrivain maçonnique connu et d'un compositeur à la mode) avait déjà été dédié à Murat à l'occasion d'un Convent également conflictuel.

ci-contre : Lucien Murat en Grand Maître.

Une gravure soignée orne la couverture. On peut y lire la signature du graveur, Brunellière, précédée d'une initiale peu lisible (P ?) et suivie de la triponctuation maçonnique :

Sauf homonymie fort peu probable avec un autre graveur peu connu, il ne peut s'agir que de Prosper-Aimé-Marie Brunellière, né à Rennes en 1803 et plus tard installé à Paris.

Brunellière

Selon Charles Gabet dans son Dictionnaire des artistes de l'école française au XIXe siècle (p. 104), Brunellière est l'auteur de vignettes pour l'Emile de J.-J. Rousseau, pour les Fables de La Fontaine, et pour un Voyage anglais, ainsi que plusieurs grandes batailles d'après Deveria, Chasselat, Choquet et Martinet. On peut voir ici qu'on lui doit aussi un Transbordement des restes de l'Empereur Napoléon à Cherbourg.

On peut voir ici 9 autres de ses gravures.

Les 5 couplets

 

1

Fille du Ciel mère chérie
Des sages et des bons enfants
Daigne auguste maçonnerie
Animer mes faibles accents.
Sous les rayons de ta lumière
Je vais chanter tes vieux soutiens

Salut du coeur Salut du verre
A nos respectables Doyens.

2

Honneur, respect, sincère hommage
Aux premiers parmi nos égaux,
Qui par le souverain suffrage
Ont su diriger nos travaux ;
Sous leur puissance tutélaire
Nous avons chéri nos liens :

Salut du coeur Salut du verre
A nos respectables Doyens.

3

Vous qui sous la voûte étoilée
Où vit un peuple intelligent,
Avez agrandi la vallée
Que couronne notre Orient
Répandez partout la lumière ;
C'est la source de tous les biens :

Salut du coeur Salut du verre
A nos respectables Doyens.

4

Ici sans canon ni mitraille,
Dans les champs de la vérité
On vient recevoir la médaille
Des mains de la fraternité
C'est ainsi qu'on est sur la terre
Bons maçons et vrais citoyens :

Salut du coeur Salut du verre
A nos respectables Doyens.

5

Du jour heureux qui vous rassemble
Gardez l'aimable souvenir
Soyez unis ; vivez ensemble ;
Vous dominerez l'avenir
Tôt ou tard des destins prospères
Viendront couronner vos travaux ;

On ne craint rien quand on est frères,
La vertu n'a point de rivaux.

La partition des autres couplets ne présente que des variations non significatives, effectuées en vue de s'adapter au texte :

Les documents reproduits à cette page appartiennent (cote 16 Z 34, ancienne cote 23-3) au Fonds Gerschel des Archives de Strasbourg, dont nous remercions vivement les responsables pour l'obligeance dont ils ont fait preuve en nous en facilitant la consultation.

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