Solstices strasbourgeois en 1827

La Loge strasbourgeoise des Coeurs Fidèles a été active de 1820 à 1841.

Elle se fit remarquer par ses activités philanthropiques, comme on peut le voir à cet article du Globe en 1840.

 

Elle attachait manifestement une grande importance aux fêtes solsticiales, comme en témoigne le fait qu'en 1826 elle fit imprimer et réimprimer l'Instruction donnée par son Vénérable à la Saint-Jean-d'Eté 1825 et qu'en 1829 elle fit imprimer le Tracé de son Solstice d'Hiver.

Elle fit également imprimer, sur deux feuillets séparés, qu'on voit ci-dessous, les cantiques, d'inspiration très religieuse, créés pour chacun des solstices 1827.

Les textes portent la signature F.-M. : il s'agit certainement de Philippe Jacques Fargès-Méricourt (1776-1843), qui fut avocat, écrivain et longtemps Vénérable de la Loge, et qui est l'auteur du texte de deux hymnes composées en 1826 pour l'inauguration du Temple de la Loge.

Nous n'avons par contre pas pu identifier précisément le compositeur des musiques (ou de la musique car, la métrique des deux textes étant identique, elle peut être unique), dénommé Dupont.

Les documents reproduits ci-dessus appartiennent (cote 16 Z 41, ancienne cote 28-21) au Fonds Gerschel des Archives de Strasbourg, dont nous remercions vivement les responsables pour l'obligeance dont ils ont fait preuve en vue de nous en faciliter la consultation.

CANTIQUE *

POUR LA

FÊTE DU SOLSTICE D'ÉTÉ (5827).

CHŒUR.

Le soleil triomphant a dominé la nuit ! 
l'Eternel a parlé : la nature obéit ;
Elle étale à nos yeux sa brillante parure,
Et nous offre à la fois ses fruits et sa verdure.

SOLO.

Ainsi, la divine clarté 
Vient féconder notre génie, 
Nous dévoiler la vérité,
Nous découvrir une autre vie ! 
Ainsi, ses rayons lumineux, 
Chassant la stupide ignorance, 
Nous embrâsent des nobles feux 
Des beaux-arts et de la science l 

CHŒUR. 

Le soleil triomphant a dominé la nuit ! 
La divine lumière éclaire notre esprit !
Ah ! Rendons grâce à Dieu ! Célébrons sa puissance ; 
Elevons jusqu'au ciel notre reconnaissance !

F.-M.

 

 * Musique du Frère Dupont.

CANTIQUE 1

POUR LA

FêTE DU SOLSTICE D'HIVER (5827).

CHŒUR.

Les rigueurs de J'hiver flétrlssent nos contrées,
La neige et les frima[t]s ont remplacé les fleurs. 
La nature est en deuil ; nos âmes contristées 
Du céleste courroux ressentent les terreurs.

SOLO.

Ah ! Que l'espoir renaisse dans vos âmes, 
Les fleurs encore embelliront vos champs ; 
De l'orient bientôt les vives flammes 
Annonceront Je doux printems !
L'étoile du matin ramène l'espérance : 
Elle prédit le triomphe du jour ! 
L'orient s'éclaircit ... La divine Puissance 
Du soleil fécondant prépare le retour.

CHŒUR.

L'orient s'éclaircit ... La divine Puissance 
Du soleil fécondant prépare le retour.
Ouvrons nos coeurs à la douce espérance,
Car l'Eternel nous garde son amour !

F.-M.

 

1) Musique du Frère Dupont.

Retour au sommaire des chansons diverses du XIXe:

Retour au sommaire du Chansonnier :