LA LUMIÈRE MAÇONNIQUE

 Cliquez ici pour entendre la partition, séquencée par Christophe D.

C'est dans le n° 4 (en 1836) de L'Univers maçonnique (aux colonnes 732-3) que nous avons trouvé cette chanson. Il y est mentionné que le texte est du Frère Piers, mais rien n'est précisé sur l'air.

Cet auteur, le Frère Piers, est selon la BNF et le fichier Bossu, Léonor Piers (11.8.1748 Paris - 12.7.1834, Epinal), avocat, conseiller de préfecture à Épinal en 1802, Chevalier de la Légion d'honneur et, sous l'Empire, selon la p. 170 de ce document, juge du tribunal civil d'Epinal et un des trois membres du conseil de préfecture des Vosges.


   

La LUMIÈRE MAçoNNiQUE.

 

 

Par le Frère PIERS.

 

 

La Lumière est fille des Cieux,
Elle est la mère du Génie ;
Elle est dans le cœur, dans les yeux,
On la reçoit avec la vie.
Sans elle, il n'est pas de beau jour,
Avec elle tout est prospère,
Et sans le flambeau de l'Amour
Nous ne verrions pas la lumière.

 

 

Ovide, par ses chants flatteurs,
A charmé le sacré portique,
Maïs dans les bras des doctes sœurs,
Il trouva la pierre cubique.
Nous relisons les vers chéris
De Boileau, Racine et Molière ;
Auraient-ils fait ces bons écrits,
S'ils n'avaient pas vu la lumière ?

 

 

Puisque nous avons les rayons
D'une lumière peu commune,
Táchons de rendre Francs-Maçons
Thémis, l'Amour et la Fortune.
A notre culte on sourira,
Partout nos travaux sauront plaire,
Lorsqu'à ces trois aveugles-là
Nous aurons fait voir la lumière.

 

 

De notre céleste clarté
Quand un vain tartuffe s'irrite,
Nous trouvons dans notre unité
Les garans de la réussite.
Quelquefois un sexe charmant
A partagé notre mystère ;
Mais alors le plus clairvoyant
A souvent perdu la lumière.

Mais cette chanson est bien antérieure, puisque nous en connaissons une partition certainement antérieure à 1824, dont le compositeur est Auguste-Louis de Talleyrand-Périgord.

Cette partition fait partie d'un ensemble de 2 chansons maçonniques de ce compositeur, mentionné ici et acquis par la BNF (où elle fait partie du Fonds Auguste de Talleyrand issu de la vente par la maison Musikantiquariat Dr. Ulrich Drüner de la bibliothèque musicale Talleyrand, cfr le catalogue de cette vente, p. 27), qui à son catalogue la présente de deux manières presque identiques à cette page-ci et à celle- :

Auteur(s) : Talleyrand, Auguste de (1770-1832). Compositeur 
Titre conventionnel : [La lumière est fille des cieux] 
Titre(s) : N.o 1 [Musique manuscrite]
Type de manuscrit : Ms.
Présentation : [Partition des voix]
Date(s) : [Entre 1808 et 1823]
Imprimeur / Fabricant : Blum, H. (fabricant de papier). 
Description matérielle : 1 partition (10 p.) ; 24 x 34,5 cm
Incipit(s) : 1.1.1. Allegro moderato. B 1. Si bémol majeur. Incipit musical : (Clé de Fa 4, armature bBE, mesure à 6/8) =/4-8--,GA/{BA}GFED/4E8-4-8-/=2/4-8-FGA/{BA}G{FE}D/4E. Incipit textuel : La lumière est fille des cieux. Les incipits musicaux sont codés selon le code Plaine & easie.
Note(s) : Texte de Léonor Piers (cf. L'univers maçonnique, 1837, col. 732-733). - La musique est une autre version de l'ensemble "Nous voilà donc au rendez-vous" de l'opéra-comique "Les vendangeurs". - Voix : Sol 2 (2), Fa 4 (2). - Vl (2), vla (2), fl, clar (en ut), fag, cor (2) (en mi bémol), b. - Daté d'après le papier et la présence du compositeur en Suisse
Filigranes : H. Blum. - Fleur de lys sur écu couronné
Référence(s) : Musikantiquariat Dr. Ulrich Drüner. Katalog 62 : die Musiksammlung Talleyrand. Stuttgart : U. Drüner, cop. 2008, lot 24 (p. 26-28).. - Musikantiquariat Dr. Ulrich Drüner. La collection des compositions musicales d'Auguste de Talleyrand, cousin du "grand " Talleyrand. Stuttgart : U. Drüner, [2006 ?]
Distribution musicale : voix - soprano (02) (solo), voix - basse (02) (solo), orchestre - orchestre XVIIe-XVIIIe s. (1)
Autre(s) auteur(s) : Piers, Léonor (1748-1834). Auteur du texte 
Sujet(s) : Cantates profanes -- Musique maçonnique -- 19e siècle -- Partitions 
Notice n° : FRBNF44300323 

Nous ne reproduisons ici que la première page de cette partition, puisqu'elle est en totalité accessible sur Gallica. 

On voit à la documentation ci-dessus que le compositeur a en fait réutilisé une de ses partitions antérieures, l'air Nous voilà donc au rendez-vous tiré de son opéra-comique Les vendangeurs. (NB : la version originale des vendangeurs était de Piis et Barré, où ce texte se chantait, comme on le voit ici, sur l'air, qui porte le n° 423 dans la Clé du caveau, on compterait les diamants.

 

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