L'Univers maçonnique

L'Univers maçonnique,

Revue trimestrielle des progrès et acquisitions de l'esprit humain

dans toutes les branches des connaissances maçonniques, 

Histoire, Littérature, Poésie, Biographie et Bibliographie,

est une revue publiée de 1835 à 1836 par César MOREAU, de Marseille.

Elle ne connut que 4 numéros (3 en 1835 et 1 en 1836), comportant chacun 96 pages (la numérotation en est effectuée en colonnes plutôt qu'en pages : chaque n° contient 192 colonnes).

Dans un historique de la presse maçonnique paru dans le premier numéro du Globe, Juge le décrit ainsi :

Puis vint plus tard encore une publication de beaucoup supérieure, ce nous semble, à la plupart de celles que nous venons d'examiner ; celle-ci fut tuée, dès son troisième numéro, par un événement déplorable, l'incendie qui eut lieu à Paris, près la place Saint-Sulpice, dans les ateliers de brochure de la rue du Pot-de-Fer. Nous voulons parler de l'excellent recueil intitulé l'Univers maçonnique, du frère César Moreau ; ce journal, mieux conçu que les précédents, présentait une variété plus grande et plus d'intérêt dans le choix de ses articles. Nous lui adresserons cependant deux reproches : celui d'abord de contenir quelques poésies un peu légères et qui ne devaient pas se rencontrer dans un recueil destiné, non pas seulement aux hommes, mais aussi aux dames et aux jeunes personnes, puisqu'elles aussi appartiennent à l'institution maçonnique ; puis, lorsqu'il s'était soumis par un traité spécial au Grand-Orient de France, n'avait-il pas eu un grand tort et n'avait-il pas renoncé de son plein gré au principal avantage qu'on attend de nos jours de la presse, celui de faire cesser les abus, si quelques-uns pouvaient exister ? n'avait-il pas renoncé aussi à donner de l'intérêt à son recueil, lorsque par ce traité il s'était engagé à ne parler jamais des mystères de la franche-maçonnerie et à ne jamais rendre compte, soit des travaux des ateliers, soit de ceux du Grand-Orient de France ? La décision en vertu de laquelle ce corps le prenait sous son patronage à de telles conditions portait, en outre, qu'il serait tout de doctrine et de littérature maçonniques et qu'il ne devrait jamais dégénérer en une polémique de personne. Ces dernières prescriptions, bonnes et sages sans doute, étaient peu nécessaires avec le frère auquel elles étaient imposées, les premières étaient inutiles et dangereuses ; à quoi bon interdire à un journal de rendre compte des travaux des ateliers et de ceux du Grand-Orient de France, si ce compte-rendu devait être impartial, et si l'esprit de parti et la malveillance ne pouvaient pas s'y glisser ? et où était l'intérêt de lui défendre de parler jamais des mystères de la franche-maçonnerie, en présence surtout de quelques ouvrages dont le Grand-Orient n'a jamais empêché la publication, et qui ne laissent rien à désirer à ceux qui les veulent connaître.

Dans la liste de ses collaborateurs, on trouve les noms de Abraham, Bazot, Bouilly, Coupart, Delile, Cadet-Gassicourt, Chemin-Dupontès (fondateur et écrivain de la théophilantropie, Vénérable des Sept Écossais réunis en 1815, et auteur d'un Cours pratique de Franc-maçonnerie), Hartmann, Jouy, et même d'un Frère nommé Balzac.

La revue contient notamment un très grand nombre de poèmes et chansons.

En particulier, chaque numéro comprend plusieurs pages de Chansons, romances et cantiques à l'usage des Banquets maçonniques, pratique que le premier numéro justifie dans une optimiste note de bas de page, qui vaut d'être citée :


Si ces chansons et poèmes sont souvent repris (mais en oubliant parfois les indications d'air) de publications antérieures, un certain nombre sont cependant nouveaux. 

Ci-dessous nous en mentionnons l'un ou l'autre, qui figure ou figurera à ce site. Les liens renvoient, soit à une page nouvelle, soit, pour les oeuvres préexistantes, à une mention dans une page antérieure.

N° de colonne  Titre 
67 * Profession de foi maçonnique
75 l'Amour maçon
77

l'Amour récipiendaire  

79

Vénus maçonne  

148

Bénédicité des francs-maçons 

149

Union fraternelle  

150

Lien fraternel

151 Bonheur des frères
152 Plaisirs de l'Ordre
152 Sort du maçon
153 Au Frère nouvellement initié
154 Chant de Réception
155 La maçonnerie et ses emblèmes
156 La prudence du maçon
156 Sur le départ d'un Frère
157 * Sur l'amitié maçonnique
164 Pour obtenir un grand secret
197 Bienfaits de la Maçonnerie
236 * Le fleuve de la vie
268 Vive la Maçonnerie !
273 Les conditions maçonniques
320 l'Amour Vénérable
326 La fête des bons amis
327 Les toasts
328 Les Santés
329 Portrait d'un maçon
329 Ce que font les Maçons
331 les Secrets des Maçons expliqués par le Frère Liégeard aîné
336 Les Pas-perdus (Armand-Gouffé)
448 Réflexions
483 Sur quelques emblèmes de la Franc-maçonnerie
489 Le sort des francs-maçons
493 Cantique pour un bouquet (sic !) de la Saint-Jean par le Frère C.-V. Monin 
562 Sur la mort d'un Frère
628 * Les on dit
709 Profession de foi maçonnique
709 Protocole maçonnique des Santés
718 L'amitié maçonnique
721 La bannière des Chevaliers Rose-Croix
723 Cantique pour être chanté à une réunion de chevaliers Rose-Croix
724 Les trois planètes des francs-maçons
724 Les francs-maçons
724 * A moi !
725 cantique dit destiné aux Kadosh
727 Ode maçonnique par le Frère Marloteau
727 * L'intérieur d'un Temple maçonnique
733 Hymne édénique ou d'Adoption

 Les titres précédés d'un * sont ceux pour lesquels nous n'avons jusqu'à présent pas encore trouvé d'édition antérieure à celle-ci.

César MOREAU,
de Marseille

 

César Moreau, de Marseille, n'est pas un homme célèbre, même s'il donne à penser que toute sa vie il rêva de le devenir ou du moins de diffuser et de faire reconnaître ses multiples mérites.

Obsession qui se traduit notamment par le fait qu'en tant que fondateur il fit graver (ci-contre à droite) son nom sur la médaille d'honneur de la Société française de statistique universelle.

Les 16 dernières pages du 4e (et dernier) n° de L'Univers maçonnique sont consacrées à la publication de son panégyrique, accompagné 

  • de nombreuses pièces justificatives de ses services administratifs, militaires et consulaires (il fut vice-consul de France à Londres), des récompenses méritées par lui et de ses bonnes relations avec Léopold de Saxe-Cobourg (le futur roi des Belges), 

  • ainsi que de nombreuses citations de la presse anglaise.

L'auteur en est un certain Vaucher, homme de lettres tout aussi obscur.

Ci-contre, le début de ce texte.

 

En 1855, Moreau a publié un autre auto-panégyrique, son Précis sur la Franc-Maçonnerie, son origine, son histoire, ses doctrines. Il y fait aussi l'éloge de son épouse récemment décédée, grande-maîtresse de la Maçonnerie d'Adoption à la loge de la Jérusalem des Vallées égyptiennes.

 

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