Visite aux Amis Philanthropes en 1802

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Le volume 2 du Miroir de la Vérité d'Abraham contient (pp. 315-20) un compte-rendu du Banquet donné par la Respectable Loge des Amis Philanthropes, Orient de Bruxelles au Frère Riffé-Caubray, Officier du Grand Orient de France, lors de son passage en cet Orient.

Sauf erreur, ce visiteur peut être identifié à Pierre-Nicolas Riffé-Caubray, né à Orléans en 1753, ancien avocat aux Conseils, Défenseur-avoué au tribunal de Cassation et auteur de 1803 à 1806, avec Jean Baptiste Francois Delaporte, des 15 premiers volumes de l'ouvrage (qui sera ensuite poursuivi par Delaporte seul), Les Pandectes françaises, ou Recueil complet de toutes les lois en vigueur, contenant les codes civil, criminel, de commerce, militaire, de marine, judiciaire, et les dispositions des autres lois, soit romaines, soit coutumières, soit édits, ordonnances ou déclarations, soit décrets, que ces codes laissent subsister. (NB : le fichier Bossu donne un Riffé-Caubray, jurisconsulte, comme député en 1803 de La Sobriété à l'Orient de Dax).

On peut lire ici (cfr item 108, p. 28) qu'il a effectivement visité les Amis Philanthropes en 1802 et qu'il a fait rapport de cette visite au Grand Orient, où il était Officier à la Chambre symbolique.

Le compte-rendu du Miroir de la Vérité tient visiblement à mettre en évidence la bonne harmonie régnant entre la Loge et son Obédience.

Il commence par reproduire (p. 315) les deux couplets ci-dessous, oeuvre de l'Orateur de la Loge, Legret, qui les donne d'ailleurs également à la p. 18 de son Troubadour franc-maçon (où le texte, que nous avons reproduit dans la colonne de droite ci-dessous, présente quelques légères différences). 

Voir ici sur l'air Ainsi jadis un grand Prophète.

C O U P L E T S

 

Chantés au Banquet donné par la Respectable Loge des Amis Philant[h]ropes, Orient de Bruxelles, au Très Cher Frère Riffé-Caubray, Officier du Grand Orient de France, lors de son passage en cet Orient.

 

Air : Ainsi jadis un grand Prophète.

 

Pour rendre un pur et digne hommage
Aux Frères du grand Orient,
Suivons le Maçonnique usage
Que l'on suit au grand Orient.
Triple feu, voilà le langage
Que l'on parle au grand Orient ;
Que triple feu soit le partage
Des Frères du grand Orient.

Frères, ce feu de triple étage,
S'entretient dans notre Orient ;
Mais il brille encor davantage,
Quand vous parez notre Orient.
Pour peu que vous aimiez l'ouvrage
Que l'on fait en cet Orient,
Nos canons vont faire tapage,
Comme ceux du Grand Orient.

 

Par le Frère Legret, Orateur de la Loge

Le Miroir de la Vérité commente cette intervention dans les termes suivants :

Ces Couplets furent répétés en chorus par tous les Frères, et la santé tirée avec le feu de l'enthousiasme. Le Vénérable Frère Riffé, ainsi que le Frère Rizaucourt, touchés de l'accueil qu'ils recevaient, et des témoignages d'attachement qu'ils partageaient avec le Grand Orient de France, manquaient d'expressions pour peindre leurs sentimens, le Frère Riffé essaya de répondre à cette santé avec l'accent de la sensibilité, et transmit au Frère Rizaucourt, le commandement des armes, pour celle qu'il allait porter à la Loge : le Frère Rizaucourt, après s'être recueilli quelques minutes, improvisa le couplet suivant, et le chanta sur le même air que les précédens.

Méme air.

De vos cannonades sincères,
En faveur du grand Orient,
Nous vous remercions, mes Frères,
Au nom de ce grand Orient ;
Chacun de nous deux vous assure,
Au nom de ce grand Orient,
Qu'à jamais d'une amitié pure ,
Nous chérirons votre Orient.

Comme ceux auxquels il répond, ce couplet se caractérise par l'emploi du mot Orient pour constituer toutes les rimes masculines.

Et le Miroir de la Vérité poursuit :

Il fit ensuite le feu le plus maçonique et le plus vif, auquel tous les Frères se réunirent par acclamation. Toutes les autres santés furent célébrées avec le même accord et la même ferveur ; il n'existait plus qu'un seul sentiment dans tout le Banquet, celui de la fraternité, qui brûlait de s'épancher, et en saisissait l'occasion chaque fois qu'une nouvelle santé se présentait.

Le compte-rendu reproduit ensuite deux autres cantiques :

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