Tous les plaisirs de la vie

En cliquant ici, vous entendrez (en version très comprimée) un extrait de la musette de Titon votre Coeur, Aimable Aurore, chanté par Jean-Paul Fouchecourt avec les Musiciens du Louvre dirigés par Marc Minkowsi (double CD Erato 45715)

On trouve cette chanson aux pages 137-9 du Recueil de chansons pour la maçonnerie des hommes et des femmes (Recueil de Sophonople), sous le simple titre Chanson. Les images ci-dessous sont d'après une autre édition du même recueil, où elles occupent (sans titre) les pp. 9-11 du Supplément.

Elle figure à de nombreux chansonniers du XVIIIe, notamment dans celui de Naudot et dans la Lire maçonne (qui a gommé de la version de Naudot ce qui indiquait la mixité de la Loge), mais cette version-ci, qui justifie bien le titre pour la maçonnerie des hommes et des femmes donné au recueil, est tellement spécifique (par rapport au texte de Naudot, elle introduit encore des modifications, en mauve ci-dessous) que nous avons préféré lui consacrer une page particulière.

Voir ici sur l'air votre Coeur, Aimable Aurore (qui est différent de celui initialement proposé par Naudot et la Lire).

         

     

1

TOus les plaisirs de la vie
N'offrent que de faux attraits :
Et leur douceur est suivie
D'amertume & de regrets.
La seule Maçonnerie
Offre des plaisirs parfaits.

 

2

Par la tranquille Innocence
Ce séjour est habité :
Du poison de la Licence
Jamais il n'est infecté :
Et c'est toujours la Décence
Qui règle la Volupté.

 

 3

Ici la Soeur et le Frère
Forment tous les mêmes voeux :
Sans étude, on y sçait plaire ;
Sans remords, on est heureux ;

Et nous goûtons sur la terre
La félicité des Cieux Dieux.

 

4

Parmi nous point de tygresse,
Point d'amis d'amans froids & glacés :
Par le feu de la tendresse,
Tous nos cœurs sont embrasés :
Nous nous le disons sans cesse,
Sans jamais le dire assez.

 

5

Loin qu'une maman sévère,
Qu'un mari sombre et jaloux,
Osent troubler le mystère
D'un amusement si doux :
Tous deux ils nous laissent faire
Et tous deux font comme nous.

 

6

A cet arbre favorable
Nous devons notre bonheur :
Que sa fleur est agréable !
Ah ! que j'aime son odeur !
Mais son fruit plus délectable
Vaut cent fois mieux que sa fleur.

 

7

Fruit sacré dont l'œil timide
Ose à peine s'approcher,
Jamais une ame perfide,
A toi ne peut s'attacher :
Les cœurs que la vertu guide
Seuls ont droit de te toucher.

 

 8

 Quel plaisir de voir ensemble
Deux sexes si bien unis !
L'Innocence les assemble,
Elle en fait de vrais amis :
Sans cette vertu, tout semble
N'offrir que d'affreux soucis.

 

 9

Du Maître de cette Loge
Chantons l'aimable douceur,
Aucun Frère ne déroge
Sous son empire enchanteur :
Nos vertus font son éloge,
Et nos plaisirs, son bonheur.

 

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