Cantique de Saint-Jean 

par La Chesnaye

Le fascicule Discours prononcé le jour de la célébration de la fête de l'ordre, par le Frère M. de La Chesnaye, Vénérable de la Loge de Mars et Thémis, à l'Orient de Paris, datant vraisemblablement de 1806, contient également 5 pièces chantées le jour de cette fête lors du banquet de ladite Loge.

Celle-ci (figurant aux pp. 22-23) est un cantique en l'honneur de Saint-Jean, par le Vénérable.

C'est encore une de ces chansons très peu respectueuses où l'on ne fait pas le moindre cas de la sainteté du personnage, traité comme un héros de comédie : c'est un point commun à plus d'une chanson de cette époque, comme celle qui suit dans le même fascicule, ou encore celle-ci.

Il n'y a pas de mention d'air.

            

CANTIQUE

 

En l’honneur de Saint-Jean, patron de l’ordre maçonnique, chanté le jour de la fête dans la Loge de Mars et Thémis.

 

Air :                

 

Oui, c'est un Jean qu'ici je chante,
C’est le bon Jean notre patron :
Il n'est pas besoin qu'on le vante,
Point n'est flatteur le franc-maçon.
De miel amer, de sauterelles
Jean, dit-on, vivait au désert....
Erreur ! c'étaient cailles bien belles,
Et puis du miel pour le dessert.

 

Sain!-Jean vivait en Béthanie,
Il était doux comme un mouton,
Il n'eut ni défaut, ni manie,
Point ne bâtit et fut maçon.
Jean, puisque ainsi chacun l’appelle,
Ne fut Jean comme d’autres sont,
Jean Farine, Jean de Nivelle,
Ou Jean tout court, ou Jean tout rond.

 

Frères, ce serait une offense
Que de faire comparaison;
Il n'a nul trait de ressemblance
Avec Jeans de telle façon.
Ce Jean fut un Jean tout aimable,
Un Jean à nul autre pareil,
Et s'il était à notre table,
Il boirait de ce jus vermeil.

 

Or, dans ce banquet, à sa gloire
Entonnons un refrain joyeux:
Buvons surtout à sa mémoire,
Puisqu’il est patron de ces lieux.
De mille Jeans la terre abonde,
Ou moines, ou papes, ou rois :
Le nôtre est le meilleur du monde,
Il vaut tous les Jeans à la fois.

 

Par le Vénérable.

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