Hommage lyonnais à Lafayette (1929)

Cliquez ici (midi) ou ici (mp3) pour entendre l'air, séquencé par Alain la Cagouille

Nous avons trouvé dans l'ouvrage de Kauffmann et Cherpin (Lyon, 1850), Histoire philosophique de la franc-maçonnerie, à la p. 379, ces couplets du Frère César Berthelon, chantés le 6 septembre 1829 (qui se trouvait être le jour de l'anniversaire du héros) au banquet suivant la grande fête maçonnique offerte au Frère général Lafayette accompagné de son fils, fête à laquelle participaient 13 Loges (de Lyon, des environs et de plus loin : Paris, Lille, Genève).

Kauffmann et Cherpin, qui reproduisent ces couplets en tant que témoignage de l'esprit des loges à cette époque, précisent que tous les assistants en répétèrent le refrain avec enthousiasme.

Voir ici sur l'air J'ai pris goût à la république (dont le choix n'est évidemment pas dépourvu de signification).

Air : J'ai pris goût à la république.

 

Il a paru... lève-toi, jeune France ;
De tes accents le ciel doit retentir,
Accueille en lui, toi riche d'espérance,
Le reste pur d'un noble souvenir.
L'arbre qui croît sur les rives fécondes,
En d'autres temps, c'est lui qui l'a planté ;
Salut, salut à l'homme des deux mondes,
Au père de la liberté.

 

De l'univers assoupi sous sa chaîne,
Bien jeune encore, il hâta le réveil,
Et de Boston aux rives de la Seine,
D'une autre époque alluma le soleil.
Si, dégagés de ténèbres immondes,
Nous grandissons à sa douce clarté,
Rendons-en grâce à l'homme des deux mondes,
Au père de la liberté.

 

Entendez-vous sur un autre rivage
D'un peuple entier les tumultueux flots,
Heureux, puissants, libres par son courage.
D'un cri d'amour poursuivre le héros ?
Ce cri sublime a traversé les ondes,
Et sur nos bords il sera répété :
Salut, salut à l'homme des deux mondes,
Au père de la liberté.

Lafayette

Adulé aux Etats-Unis (qui ne se souvient du La Fayette, nous voilà ! attribué au général Pershing en 1917) où de nombreuses Loges portent son nom, le héros des deux mondes est un des personnages les plus attachants (mais aussi les plus controversés) de l'histoire de France.

On peut trouver ici un résumé de sa carrière tant maçonnique que profane, laquelle a aussi été décrite en 1937 par André Lebey.

En France également, il a été l'objet d'une véritable vénération dans les Loges en tant que porte-étendard de la liberté, particulièrement après la Restauration. Après son triomphal voyage en Amérique (1824-5), il s'affirme comme opposant à Charles X et, après l'avènement du ministère Polignac en 1929, il dynamise lors de ses voyages en province l'opposition libérale, avant de jouer un rôle décisif dans le renversement du roi lors des 3 Glorieuses et son remplacement par Louis-Philippe.

Parmi ces voyages, la visite à Lyon en septembre 1929 fut particulièrement étincelante. Le lendemain de la fête maçonnique dont on trouve un écho ci-dessus, Lafayette fut l'hôte d'un banquet organisé par le parti libéral, au cours duquel il prononça les paroles suivantes : 

Je suis fier et heureux que mon passage dans cette grande et patriotique cité ait été pour elle une occasion de plus pour manifester sa constante haine de l'oppression, son amour de la véritable liberté, sa détermination de résister à toutes les tentatives de l'incorrigibilité contre-révolutionnaire.

On peut trouver sous la signature de Bouilly le poème hommage du Grand Orient de France au Général Lafayette commençant par Salut, Nestor de la maçonnerie ! Salut au fondateur de notre liberté !

Une page du blog a été consacrée au même sujet le 17 novembre 2017.

3 maçons : La Fayette et Washington, statue (1895) de Bartholdi (Paris, square des Etats-Unis)

Retour au sommaire des chansons diverses du XIXe :

Retour au sommaire du Chansonnier :