La conversion du profane

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Ce Chant dialogué pour une Fête solsticiale figure aux pp. 54-8 du recueil d'Orcel de 1867.

Le dialogue narre la (très rapide !) conversion d'un profane, éclairé par les sages réponses de son interlocuteur maçon (on nous permettra de préférer le dialogue avec Tamino devant les trois Temples ...). Le profane, au bord du suicide tant il est désespéré de manquer de repères, débite évidemment tous les lieux communs de l'antimaçonnisme : elle assassine les rois, elle méprise la religion, et même (cette accusation-là par contre n'est pas courante) elle empoisonne l'agriculture. Mais ce ne sont là que calomnies, que le maçon, rendu sans doute encore plus convaincant par l'appui du choeur qui confirme tous ses dires en écho, écarte sans difficulté au point de subjuguer le sceptique et d'entraîner sans coup férir une adhésion stupidement aveugle, aussi enthousiaste qu'imprévisible. 

Voilà qui nous semble bien naïf et plutôt consternant ... Est-ce en contrant la propagande cléricale par une propagande tout aussi indigente que la maçonnerie de l'époque était fière de se singulariser ?

Voir ici sur l'air Des frelons, bravant la piqûre (ou Plus on est de fous, plus on rit).

Le Frère Grinan est également l'auteur de trois autres chansons du même recueil, tout aussi grandiloquentes et bien-pensantes, celles des pp. 13, 24 et 102.
 

       


 


      

la Conversion du profane

Chant dialogué pour une Fête solsticiale

 

Air : Des frelons bravant la piqûre.

 

un profane.

Sort cruel !... n'est-il point de plages
Où je puisse trouver un port ?
Pour me soustraire a tant d'orages,
Faudra-t-il invoquer la mort ?..,

un maçon.

Ouvre ton âme à l'espérance,
Viens parmi nous, sous les drapeaux 
Des amis de la bienfaisance, 
Là tu trouveras le repos.

choeur.

Ouvrons notre âme à l'espérance; 
C'est parmi nous, sous les drapeaux 
Des amis de la bienfaisance 
Qu'on peut espérer le repos. 

le profane.

Quel est ce lugubre édifice, 
Qui semble redouter le jour ? 
Est-ce à l'infernale milice 
Qu'est consacré ce noir séjour ?...

le maçon.

Le Dieu qui créa la lumière,
Le Dieu qui donne les moissons, 
Reçoit en ce lieu la prière, 
L'amour et la foi des Maçons.

choeur.

Grand Dieu qui créas la lumière. 
Grand Dieu qui donnes les moissons, 
Reçois en ce jour la prière, 
L'hommage et la foi des Maçons ! 

le profane.

Francs-Maçons ! ! ! ces hommes perfides,
L'horreur, l'effroi de nos hameaux,
Rendant nos campagnes arides,
Sèment la mort sur nos troupeaux !...

 le maçon.

Des éléments quand la colère
Détruit l'espoir du laboureur, 
Des Maçons la main tutélaire 
Vient pour alléger son malheur.

choeur.

 Des éléments si la colère
Sévit sur l'humble laboureur, 
Maçon, c'est ta main tutélaire 
Qui doit soulager sa douleur ! 

le profane.

Ténébreux artisans de crimes, 
De la haine aiguisant les dards, 
Les rois sont les tristes victimes 
Que doivent frapper vos poignards !

le maçon.

 D'honneur, de gloire et de vaillance, 
Donnant d'immortelles leçons, 
Toujours pour leur prince et la France 
A coulé le sang des Maçons.

choeur.

Au noble champ de la vaillance 
Donnons d'immortelles leçons; 
Toujours pour leur prince et la France, 
Doit couler le sang des Maçons !... 

le profane.

Si tels sont vos nobles exemples,
Et vos principes éternels,
Pourquoi, déserteurs de nos temples, 
Tant de mépris pour nos autels.

le maçon.

A la charité, l'espérance, 
La foi qui réchauffe le cœur, 
Nous unissons la tolérance, 
Et ne combattons que l'erreur.

choeur.

A la charité, l'espérance, 
La foi qui réchauffe le cœur, 
En unissant la tolérance, 
Nous ne détruisons que l'erreur !... 

le profane.

Je ne sais pourquoi ta parole 
A pris tant d'empire sur moi ; 
Viens, sois mon guide, ma boussole, 
Je m'abandonne tout à toi !

le maçon.

Prends ma main, pénétrons ensemble ;
C'est au milieu des cœurs ouverts 
Qu'en ces lieux la vertu rassemble,
 Que nous oublîrons nos revers.

choeur.

Par la main tenons-nous ensemble ; 
C'est au milieu des cœurs ouverts, 
Qu'en ces lieux la vertu rassemble, 
Qu'on peut oublier ses revers.

le profane.

Abrité contre la tempête, 
L'étranger ne craint plus ses coups, 
Et souvent sa bouche répète
Des Maçons le refrain si doux ! 
Ouvrons notre âme à l'espérance ; 
C'est parmi nous sous les drapeaux 
Des amis de la bienfaisance, 
Qu'on peut espérer le repos !

choeur.

Rendons grâce à la providence 
Qui, nous rangeant sous les drapeaux 
Des amis de la bienfaisance,
Nous a fait trouver le repos.

                                                     Grinan, 30e.

 

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