Romance maçonnique

(par Vignier & Fasquel)

Cliquez ici pour entendre la partie vocale (sans l'accompagnement instrumental) de la partition, séquencée par Christophe D.

On trouve des bizarreries dans le titre de cette Romance maçonnique pour la fête de la Saint-Jean d'été, qui a été mise en ligne en 2018 par la BNF, et dont l'intitulé complet est :

Romance maçonnique pour la fête de la Saint-Jean d'été ; Présentée à S.A.S. Monseigneur Cambacérès, Archi-Chancelier, Grand Maître de la Loge du grand Orient. Par l'Auteur des paroles, E. J. B. VIGNIER, Fondateur de la Loge des neuf Soeurs. Air et accompagnement du Frère Fasquel, de l'Académie impériale de Musique et Professeur au Conservatoire [en note : Ces paroles peuvent être chantées sur l'Air Il pleut, il pleut, bergère]. Prix 1 f 50 c.  A Paris, chez L'Auteur des paroles, Rue Bordet. No. 19, division du Panthéon. Déposée à la Bibliothèque impériale.

Le compositeur Fasquel, lui, est effectivement connu comme maçon.

Il s'agit ici encore d'une manifestation de servilité à Napoléon, par l'intermédiaire de Cambacérès : le but est manifestement de se faire bien voir du pouvoir.

On connaît des mêmes auteurs (mais ici Vignier ne se présente pas comme maçon !) et pour le même dédicataire, mais sans aucune connotation maçonnique :

LA PAIX | ROMANCE Présentée à S.A.S. Monsieur LE PRINCE, Archi-Chancelier de l'Empire. | Par l'Auteur des paroles, E. J. B. VIGNIER, de plusieurs sociétés Littéraires. | Musique, et accompagnement de PIANO ou HARPE | Par Mr. FASQUEL, de l'Académie impériale de Musique, Professeur au Conservatoire | Prix 1 f 25 c. | à Paris, Chez L'Auteur des paroles, Rue Bordet No. 19, division du Panthéon. | chez Joannés, Graveur et Md. de Musique, Passage du Théâtre de la Cité No. 7 | Déposée à la Bibliothèque impériale. 

Le texte imprimé (qui nous semble être d'une grande médiocrité) est également raturé (nous indiquons entre crochets ce qui nous semble être la correction manuscrite), et notamment le n° du dernier couplet (7) est corrigé en 8, ce qui donne à penser qu'un couplet avait été rajouté (sans doute sur une feuille volante, non conservée). 

En loge du parnasse 
un jeune franc maçon, 
par trois fois trois en place, 
chantait Napoléon ; 
va, petit allobroge, 
lui dit frère Apollon, 
pour faire son éloge 
il ne faut, il ne faut que son nom (bis).

2

Dans les jardins de Flore,
Notre jeune indiscret,
Voulait chercher encore
De quoi faire un bouquet ;
Mais c'est trop peu de chose
Pour un brave guerrier,
L'on foule aux pieds la rose
Quand on tient le laurier.

3

Les neuf sœurs, [Chaque grâce divine]
Les grâces et Cypris
, [Les 9 soeurs et Cypris ?]
Votaient pour Joséphine
Place aux Dieux réunis ;
Frère dieu du tonnerre
Le niveau dans la main,
Pourquoi priver la terre
De l’aplomb du destin ?

4

Nos canons sans poussière
S’alignent promptement,
Un compas, une équerre
Sont nos chers instruments ;
Pour célébrer la gloire
De nos combats heureux,
Chargeons tous en mémoire
Du favori des Dieux.

5

Aux banquets en rotonde
Tirer en quantité
Des canons à la ronde,
C’est la félicité ;
Vénus aime Cythère,
Saint-Jean les Francs-maçons;
Alignons tous, mes frères,
Pour nos chers compagnons.

6

Du Dieu de notre treille
Le jus délicieux,
Est le LA sans pareille
Des duos amoureux ;
Ornés de nos équerres
En ce jour éclatant,
Le plus grand feu, mes frères
Pour notre président.

7 [8]

Pour nos sœurs éloignées
Chargeons à l'unisson,
D'amantes fortunées
N'oublions pas le nom ;
Pour terminer les fêtes
Du jour de la Saint-Jean,
Chantons, tous, nos conquêtes,
L'amour [La paix] et le vin blanc.....

                   

                     

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