An Ode on Masonry 

 

La chanson reproduite ci-dessous est le n° 50 à la p. 174 de l'édition de 1764 du recueil annexé au Ahiman Rezon, où elle porte le simple titre An Ode.

Le Pocket Companion de 1754 donnait déjà (p. 326) ce texte sous le titre An Ode on Masonry et avec la mention The words by Brother Jackson, and set to musick by Brother Gilding

A partir de 1756, la chanson apparaît aussi dans les rééditions successives des Constitutions d'Anderson : les mêmes mentions figurent (p. 321) à l'édition 1756, où cette chanson est la première des 9 reproduites, ce qui atteste sans doute de l'importance qui y était attachée, tout comme à l'édition 1767 (p. 352). Les mêmes mentions figurent encore (p. 420) à l'édition 1784 par JOHN NOORTHOUCK de ces Constitutions.

Le texte de la chanson se trouve aussi dans diverses parutions ultérieures.

Nous n'avons trouvé aucune trace de la partition. Il est intéressant de noter que l'incipit de cette ode est le même que celui d'un air de Haendel dans Athaliah.

Dans notre tentative de traduction, nous avons cherché à rendre ce qui nous semble être l'esprit du texte plutôt qu'à en donner une stricte équivalence, sans doute hors de portée. Merci d'avance à tout qui pourrait l'améliorer.

On notera, comme en France à pareille époque, l'évocation de l'Age d'Or et du temps d'Astrée, au couplet 3.

 

 

ODE.

 

Éveille le luth et ses cordes vibrantes 
Uranie nous révèle des vérités mystiques 
En visiteurs amicaux à ton autel 
Nous reconnaissons les mystères de la maçonnerie 
Du chœur virginal la plus belle 
Gazouillant à la lyre d'or 
Sois la bienvenue, que ton art vive 
Salut à toi, divine Uranie, salut.

 

II 

Ici, sous la charmille sacrée de l'amitié 
La douceur de ton aile et l'heure souriante 
La gaieté invite le chant convivial 
Au milieu de mystères innombrables : 
Couronnez le bol, et emplissez le verre, 
Qu'à toutes les vertus, à toutes les grâces; 
À la fraternité soit portée une santé, 
Et qu'elle fasse trois fois le tour.

 

III

Nous recréons les temps antiques 
La gloire florissante de l'âge d'or 
Comme la nouvelle création est libre, 
Bénie par Euphrosyne la joyeuse 
Nous parlons comme les dieux de science 
Et cheminons avec la belle Astrée 
L'innocence orne le jour 
Plus brillante que sourire de mai.

 

IV

Versez encore du vin rouge 
Chantons un refrain de plus en plus fort 
Rapides Zéphyrs, dans votre vol 
Portez nos voix au ciel 
Tandis que nous célébrons les neuf [sœurs] 
Et les Merveilles de la Trinité 
Et que les anges chantent là-haut 
Comme nous, ici-bas, chantons la paix et l'amour.

L. 

An ODE.

 

I.

Wake the Lute and quivering Strings,
Mystic Truths Urania brings;
Friendly Visitant to thee,
We owe the depths of Masonry:
Fairest of the virgin Choir,
Warbling to the golden Lyre;
Welcome here, thy Art prevail,
Hail divine Urania hail.

 

II.

Here, in Friendship’s sacred Bower,
Thy downy wing’d and smiling Hour:
Mirth invites, and social Song,
Nameless Mysteries among:
Crown the Bowl, and fill the Glass,
To ev’ry Virtue, ev’ry Grace:
To the Brotherhood resound
Health, and let it thrice go round.

 

III.

We restore the Times of old,
The blooming glorious Age of Gold;
As the new Creation free,
Blest with gay Euphrosyne
We with godlike Science talk,
And with fair Astrea walk;
Innocence adorns the Day,
Brighter than the Smiles of May.

 

IV.

Pour the rosy Wine again,
Wake a louder, louder Strain:
Rapid Zephyrs, as ye fly,
Waft our Voices to the Sky:
While we celebrate the nine,
And the Wonders of the Trine.
While the Angels sing above,
As we below, of Peace and Love.

 

L'ouvrage de Jan Snoeck Initiating Women in Freemasonry: The Adoption Rite ainsi que l'étude de Róbert Péter, Women in Eighteenth-Century English Freemasonry: the First English Adoption Lodges and their Rituals, ont mis en évidence, en conclusion de recherches récentes, l'existence de loges d'adoption, et même de loges purement féminines, en Angleterre au XVIIIe. 

Péter par exemple mentionne que

... the General Evening Post reported on 21st May 1787 that after Thomas Dunckerley organized a grandiose masonic celebration in honour of Queen Charlotte’s birthday in Bocking in Essex, several ladies in this county formed a select party in this town [Braintree], and dedicated a Lodge to Urania, in honour of the day.

Snoeck mentionne (p. 173 ; 219 à l'édition française) que la chanson ci-dessus a connu, dans l'ouvrage (1791) Free Masonry for the Ladies (à la p. 58) la transformation suivante au couplet 2 :

Crown the Bowl, and fill the Glass, 
To ev'ry Virtue, ev'ry Grace; 
To the BROTHERHOOD resound 
Health, and let it thrice go round.

ont été remplacés par

Crown us now with lovely Peace, 
With ev'ry Virtue, ev'ry Grace; 
To the SISTERHOOD resound 
Health, and purest Love abound.

Couronnez le bol, et emplissez le verre, 
Qu'à toutes les vertus, à toutes les grâces; 
À la fraternité soit portée une santé, 
Et qu'elle fasse trois fois le tour.

 

Que l'aimable paix nous couronne, 
De toutes les vertus, de toutes les grâces 
Qu'à la sororité soit portée une santé, 
Et qu'abonde l'amour le plus pur.

tandis que les vers suivants furent ajoutés au prélude (p. 61) accompagnant cette chanson :

The Ladies are admitted to our Rites, 
In them both Love and Secresy unites; 
They glow with softest Pity for Mankind, 
They are to true Humanity inclin'd. 
Our Myst'ries teach to shun nocturnal Revel, 
And square our Actions by the Plumb and Level.

Les dames sont admises à nos Rites, 
En elles s'unissent amour et secret ; 
Elles rayonnent de tendre pitié pour l'homme, 
Elles penchent vers la véritable humanité. 
Nos mystères enseignent à fuir les fêtes nocturnes, 
Et règlent nos actions par le fil à plomb et le niveau.

 

Free Masonry for the Ladies est un ouvrage imprimé à Londres et réimprimé à Dublin en 1791 ; il contient, outre des considérations sur la place des femmes en maçonnerie, des rituels pour les 3 grades de la maçonnerie d'adoption à l'anglaise, ainsi que quelques poèmes et chansons. 

Il ne semble pas que les historiens anglais de la maçonnerie s'y soient jamais beaucoup intéressés.

La couverture (ci-contre) porte 6 vers 

[merci à qui voudrait bien en fournir la traduction]

Ces vers sont en fait une adaptation inédite (conservant un vers sur deux et les rimes) de cet extrait (vers 3 à 8) de l'Ode I des Illustrations of Masonry de Preston :

Hail, sacred Masonry! of source divine, 
Unerring sov’reign of th’ unerring line: 
Whose plumb of truth, with never-failing sway, 
Makes the join'd parts of symmetry obey: 
Whose magic stroke bids fell confusion cease, 
And to the finish’d Orders gives a place

[traduction par Georges Lamoine, tirée de son ouvrage publié par Dervy :
Salut, Maçonnerie sacrée ! d'origine divine
Souveraine infaillible du fil infaillible
Dont le plomb de vérité, dont l'influence sans erreur
Fait obéir les éléments de symétrie assemblés ;
Dont le coup magique ordonne à la confusion de cesser
Et fait place aux ordres achevés
]

 

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