Les Epreuves

Nous disposons de 2 versions bien différentes de ce Cantique de Brazier.

La première figure (pp. 200-3) à la Lyre maçonnique pour 1809. Elle sera reproduite (pp. 21-3) au Banquet maçonnique de Gentil en 1820. 

Mais nous en avons trouvé une édition antérieure aux pp. 14-16 du recueil Cantiques de quelques Frères de la Respectable Loge de la Parfaite Réunion, où le seul air indiqué est celui d'Arlequin Afficheur.

LES EPREUVES.

CANTIQUE

Chanté à la Loge de la Parfaite Réunion.

AIR : Du Vaudeville de l'Opéra-Comique

Ou : D'Arlequin Afficheur

Ou : De la Croisée.

FRÈRES, pour suivre les leçons 
En vogue dans vos sanctuaires, 
Vous savez que les Francs-Maçons 
Doivent tous souffrir pour leurs frères. 
Si vous m'écoutez sans dormir, 
De votre amour j'aurai la preuve ; 
Car je vais vous faire subir 
Une bien rude épreuve. 

Malgré le bruit, malgré l'éclat, 
Malgré l'intérêt de leurs trames, 
Quoi de plus sot, quoi de plus plat, 
Que tous ces pauvres mélodrames ? 
Lorsque nous y bâillons .... hélas : 
Pourquoi faut-il qu'il nous en pleuve ? 
On ne se lassera donc pas 
De nous mettre à l'épreuve

À son libraire, un écrivain 
Dit en apportant un poème : 
« remettez-moi l'épreuve en main, 
» je veux la corriger moi-même » 
Ah ! de nos jours, pour alléger 
Les chagrins dont on les abreuve ...
Que d'auteurs devraient corriger ... 
L'ouvrage avant l'épreuve !

Le vieux Mondor voulut, un soir, 
Tâter de la Maçonnerie ; .... 
Mais l'Amour trompa son espoir, 
Et lui fit une espièglerie. 
Pour l'éprouver, il lui donna 
Une fillette fraîche et neuve ;
Et le pauvre homme succomba 
À la première épreuve.

Dans nos temples, quand nous buvons, 
Moi, je voudrais, pour notre gloire, 
Que l'on ne reçut Franc-Maçons 
Que tous les gens qui savent boire. 
Alors, d'un vin frais et divin, 
S'il fallait avaler un fleuve, 
Dussé-je tomber en chemin, 
Je tenterais l'épreuve.

S'il fallait, pour entrer chez nous, 
Que maint jeune homme fût moins leste ;
Qu'un commis fût aimable et doux, 
Ou bien qu'un auteur fût modeste, 
Qu'un juge fît parler les lois, 
(Et qu'il nous en donnât la preuve) 
Beaucoup de gens craindraient, je crois, 
D'être mis à l'épreuve

Aux épreuves, sans contredit,
Moi, d'avance, je me résigne ; 
Si vous m'éprouvez par l'esprit, 
D'être avec vous je suis indigne, 
Mais, s'il faut porter nos bienfaits 
Chez l'orphelin et chez la veuve, 
Soir et matin je vous permets 
De mettre à l'épreuve.

Par le Frère BRAZIER.

Voir ici sur l'air du Vaudeville de l'Opéra Comique.

Voir ici sur l'air de la Croisée.

Voir ici sur l'air du Vaudeville d'Arlequin Afficheur.

Quand, en 1835 et 1836, Brazier édite deux recueils constituant un florilège de ses chansons, la seule de ses nombreuses chansons maçonniques qu'il y fasse figurer est précisément celle-là, mais dans une version quelque peu modifiée. Il précise aussi - et c'est sans doute la raison de son choix ? - qu'il s'agit de couplets chantés en Loge le jour de ma réception (laquelle avait eu lieu à la Parfaite Réunion, qui était à l'époque le quartier général des amuseurs publics maçons).

LES EPREUVES.

 

 

COUPLETS CHANTES EN LOGE LE JOUR DE MA RÉCEPTION.

 

 

AIR : Vaudeville de l'Opéra Comique.

 

 

Frères, pour suivre les leçons
En vogue dans vos sanctuaires ,
On me dit que les francs-maçons
Doivent tout souffrir pour leurs frères.
Si vous m'écoutez sans dormir,
D'un grand succès j'aurai la preuve.

Car je vais vous faire subir
Une bien rude épreuve. (bis)

 

A son libraire, un écrivain
Dit en apportant un poème :
« Remettez-moi l'épreuve en main,
« Je veux la corriger moi-même. »
Ah ! de nos jours pour alléger
Les ennuis dont on les abreuve,
Que d'auteurs devraient corriger
L'ouvrage avant l'épreuve.

 

 

Le vieux Dumont voulut un soir
Tâter de la maçonnerie ,
Mais l'amour trompa son espoir
Et lui fit une espiéglerie.
Pour l'éprouver, il lui donna
Une fillette fraîche et neuve,
Et le bonhomme succomba...
A la première épreuve.

 

 

Dans nos temples, quand nous buvons
Moi, je voudrais pour notre gloire :

           

Que l'on ne reçût francs-maçons
Que les gens qui savent bien boire :
Alors d'un vin frais et divin ,
S'il fallait avaler un fleuve ;
Dussé-je rester en chemin
Je tenterais l'épreuve !...

 

 

 

Aux épreuves, sans contredit,
Moi d'avance je me résigne.
Si vous m'éprouvez par l'esprit,
D'être avec vous je suis indigne :
Mais s'il faut porter vos bienfaits,
Chez l'orphelin et chez la veuve,
Soir et matin, je vous permets
De me mettre à l'épreuve.

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