Le Chant des Frères

(Hymne à l'Amitié)

Cliquez ici pour entendre un fichier midi de l'Hymne à l'Etre Suprême de Gossec, hymne qui pourrait être celui utilisé ici ; nous avons emprunté ce fichier à la page fichiers midi du site du

 

La page le prêtre exilé du riche site de Christian Souchon propose, séquencé par lui-même, un autre fichier midi de cet hymne ; cliquez ici pour l'entendre.

Cliquez ici pour entendre un extrait de ce même Hymne, extrait du CD Adda 581113 Hymnes Et Chansons Populaires De La Revolution Francaise : La Carmagnole Villageoise.

 

Le poème Les Grâces maçonnes de Brad se trouve aux pp. 139-183 du Tome VIII des Annales maçonniques de Caillot. Il comprend quelques airs chantés, dont (pp. 181-3) un Chant des Frères ou Hymne à l'Amitié qui en est la conclusion, précédée de la mention Pendant que la lumière est donnée aux trois grâces, on chante avec accompagnement de harpe, musique de Gossec. Ce texte est reproduit ci-dessous dans la colonne de droite.

Cet hymne a été reproduit à l'édition 1812 de la Lyre maçonnique ; ce sont ces pages qui sont reproduites ci-dessous (colonne de gauche).

  

(Pendant que la lumière est donnée aux trois grâces, on chante avec accompagnement de harpe, musique de Gossec.)

LE CHANT DES FRÈRES,

OU 

H Y M N E  A  L' A M I T I É.

Fille auguste des cieux, doux charme de la terre,
Saine et pure amitié, présent des immortels,
Tous les jours les Maçons t'adressent leur prière
Et couvrent de fleurs tes autels.

Des fragiles humains appui sûr et durable,
Hélas ! que serions-nous privés de tes bienfaits ?
Le jouet incertain du sort inexorable,
Et par lui battus à jamais.

L'amour, ô mes amis ! cette aimable folie,
Rose d'un seul matin que cueillent les amans,
Ainsi que le printemps elle embellit la vie
Et se fane avec le printemps.

Mais la douce amitié, semblable à l'immortelle,
Compagne des beaux jours, et reine des hivers,
Sur l'homme et ses vieux ans vient d'une main fidèle
Verser tous les charmes divers.

Des chaînes de l'hymen qu'elle rend éternelles
Elle a tissu pour nous le durable bonheur ;
Elle s'élève encore au nid des tourterelles,
Et les nourrit de son ardeur.

Voyez dans le lointain, cette simple chaumière,
Là par trois fois vingt ans deux époux sont unis,
Et l'amitié céleste y met son sanctuaire
Entre Philémon et Baucis.

Beaux enfants de Léda, votre noble existence
De vous deux sur la terre a fait des demi-dieux ;
Mais au-dessus des dieux élevant sa puissance
L'amitié vous mit dans les cieux.

Autour du malheureux lorsque tout l'importune
Si son aspect flétri dissipe la pitié ;
Son coeur sourit encore au sein de l'infortune
Quand il lui reste l'amitié.

L'univers tout entier est son vaste domaine,
En présence des cieux tout par elle est lié ;
Et l'éternel pouvoir dont le monde s'enchaîne
L'attraction est l'amitié.

Lorsque, mes chers amis, sur le soir de la vie,
De nos jours avancés pâlira le flambeau,
Puisse de l'amitié la main pure et chérie
Nous soutenir jusqu'au tombeau.

L'auteur, le Frère Brad, a utilisé pour son texte une musique (préexistante : si Gossec avait composé une partition nouvelle pour le texte de Brad, il est probable que cela se saurait...) de Gossec.

Mais laquelle ? La Lyre ne le dit pas, et Gossec a composé tant d'hymnes ...

Nous avons cependant relevé une similitude entre la métrique du texte de Brad et celle du texte (par Marie-Joseph Chénier) de l'Hymne à la Liberté composé par Gossec pour la grande fête civique inaugurant à Notre-Dame de Paris le 20 brumaire de l'an II (10 novembre 1793) le nouveau culte de la Déesse Raison. Voici en effet le début de ce texte (dont la partition est perdue) :

Descends, O Liberté, fille de la Nature !
Le peuple a reconquis son pouvoir immortel.
Sur les pompeux débris de l'antique imposture,
Ses mains relèvent ton autel.

La symétrie des deux rimes immortel et autel pourrait conforter cette hypothèse.

Mais il est vrai qu'on peut en dire autant d'un autre hymne de Gossec, sur des paroles de Desorgues cette fois, l'Hymne à l'Etre Suprême de 1794 (voir cette partition), commençant par :

Père de l'Univers, suprême intelligence
Bienfaiteur ignoré des aveugles mortels
Tu révélas ton être à la reconnaissance
Qui seule éleva les autels.

La brochure des éditions A Coeur Joie, Choeurs de la Révolution française, donne plusieurs autres hymnes de Gossec. Parmi ceux-ci, il en est encore un dont la métrique puisse correspondre, le Chant du 14 juillet, avec encore une fois des paroles de Chénier, commençant par :

Dieu du peuple et des rois, des cités, des campagnes,
De Luther, de Calvin, des enfants d'Israel,
Dieu que le Guèbre
(1) adore au pied de ses montagnes,
En invoquant l'astre du ciel.

(1) Guèbre : emprunté du persan gabr, « zoroastrien » : personne qui, en Iran et en Inde, continue à suivre la religion de Zoroastre.

On voit qu'il y a donc au moins deux partitions disponibles pour qui voudrait ressusciter cette chanson !

 

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