les Oracles Maçons

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Ces pages sont les pp. 121 à 123 de La Lire Maçonne.

LES OrAcles maçons

Le Vrai Bien

Mortel, dont la plainte importune,
Sans cesse accuse la fortune ;
Sous un trompeur appas,
Le piège est sur tes pas.
Les Maçons seuls ont l'avantage,
Des biens que la vertu partage :
Cet Oracle est plus sûr que celui de Calchas.

L ' A M I T I É

Damon par ses sermens m'accable 
Sous le masque le plus affable ,
Et n'imagine pas
Qu'on soupçonne le cas :
  L'ami du siècle n'a que feinte, 
Le Maçon aime sans contrainte. 
Cet Oracle est plus sûr que celui de Calchas.

La Discrétion.

A l'abri d'un tendre mistere, 
Lise abandonne, en téméraire, 
Au séduisant Hilas
Son cœur & ses appas. 
Qu'ai-je à craindre ? dit la Bergere ; 
S'il est Maçon, il sait se taire.
Cet Oracle, &c.

La Charité.

Lindor, privé du nécessaire, 
Languit au lit de la misere. 
Maçon, il ne craint pas,
Chacun lui tend les bras. 
Il va trouver , c'est chose sûre, 
Le remède aux maux, qu'il endure, 
Cet Oracle, &c. 

La Sagesse.

Mortel, dans l'ardeur qui te presse , 
Tu ne peux rien sans la Sagesse. 
Sans l'aide de Pallas 
Tu tombe à chaque pas. 
Deviens Maçon, tu seras sage, 
La Loge est un Aréopage. 
Cet Oracle, &c. 

La  V é r i t é.

N'avoir pour loix que la franchise,
Et la verité pour devise.
Parler sans embaras, 
S'opposer sans fracas, 
D'un homme droit voilà l'emblème
Et des Francs-Maçons le sistême.
Cet Oracle, &c.

L'Egalité

Le gracieux titre de Frere,
Convient aux enfans de la terre, 
Il unit les Etats, 
Le Pigmée & l'Atlas. 
Maçons, je prends pour interprete,
Votre Fraternité parfaite,
Son Oracle, &c.

Cette chanson figure déjà, avec une partition identique, dès 1744 dans les Chansons originaires de La Chapelle (dans la deuxième partie, la Muse Maçonne, pp. 57-9). C'est cette version de La Chapelle qui sera reprise à l'identique dans le recueil de la Veuve Jolly (pp. 157-60). On la retrouvera aussi (pp. 33-5) à la Muse maçonne de Lussy.

On la trouve aussi, sous le titre voisin Les oracles des francs-maçons, et avec la mention pour air de cet Oracle est plus sûr, aux pp. 92-94 du chansonnier de Sophonople.

Il y a cependant, dans les dernières éditions citées, quelques variations de texte par rapport à la Lire :

différences  Lire  Sophonople, Jolly, Lussy et La Chapelle
La Charité, vers 3-4  Maçon, il ne craint pas,
Chacun lui tend les bras 
Qu'il s'adresse aux Maçons
Pour sortir d'embarras 
La Vérité, vers 3-4  Parler sans embarras,
S'opposer sans fracas 
Dire sans offenser
Tout ce qu'on pensera
L'Egalité, vers 3-4  Il unit les Etats,
Le Pigmée & l'Atlas
Rend les mortels égaux,
Et fixe leur état ;

L'alexandrin Cet oracle est plus sûr que celui de Calchas est de Racine (Iphigénie, dernier vers de l'acte III) et est cité par Diderot dans les Bijoux indiscrets.

L’Oracle est une pièce (1740) de G.-F. Poullain de Saint-Foix, où se trouvait vraisemblablement l'air mentionné, dont nous n'avons retrouvé d'autre trace que le fait que, selon la Biographie bretonne de Levot, il ait été pastiché par son auteur lui- même :

On remarquera la parfaite concordance de la métrique. 

La chanson sera reprise en 1806 (p. 72) par la Muse maçonne.

Tant chez La Chapelle que chez Jolly et chez Lussy, le 2e vers du dernier couplet est accompagné d'une note de bas de page particulièrement significative :

L'idéal de l'égalité comme base de la philosophie maçonnique est ici particulièrement mis en évidence, cependant que le mythe d'Astrée est encore évoqué.

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