Les Santés maçonniques

Cliquez ici (midi) ou ici (mp3) pour entendre l'air, séquencé par Alain la Cagouille

Cette chanson, signée par lui-même, figure aux pp. 163-5 du recueil d'Orcel.

Il s'agit d'une nouvelle forme du traditionnel Cantique des Santés, conformément aux usages de l'époque, avec les sept Santés traditionnelles.

Le chansonnier d'Orcel date de la fin du second Empire, moment où, en majorité, les maçons français avaient abandonné, malgré sa relative libéralisation, tout enthousiasme pour ce régime. 

Et le texte du premier couplet donne bien l'impression que la première Santé, au chef de l'Etat (qui n'est même ni nommé, ni désigné par son titre d'Empereur : c’est la fonction de chef de l'Etat, plutôt que la personne ou le titre, qu'il convient d'honorer), n'est tirée que parce qu’il n’y a pas moyen d’échapper à cette incontournable obligation (d’ailleurs, la police impériale veille, et s'abstenir de la respecter pourrait aboutir à s’attirer de gros ennuis avec le Grand Orient) et qu'il faut bien se plier à l'immémorial usage antique.

D’ailleurs, n’est-ce pas une espèce de pied de nez que d’avoir écrit ce texte sur un air de Béranger dont le titre est J’ai pris goût à la République ?

Orcel mentionne l'air de Béranger J'ai pris goût à la République. Cette chanson (partition ci-dessous) figure (sous le n° 90) au recueil Musique des chansons de Béranger publié à Paris (chez Perrotin) en 1853 (6e édition) avec la mention air du vaudeville de la petite Gouvernante. Notons que La Clé du Caveau (3e édition) mentionne bien un air de ce nom, mais en renvoyant à l'air du vaudeville de la Robe et les Bottes qu'elle donne sous le n° 838 (mais qui, curieusement, n'a rien à voir avec celui donné par Béranger).

Béranger a utilisé cet air à plus d'une reprise, en l'aménageant pour l'adapter à la métrique de son texte, par exemple ici.


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