Eloge funèbre

du Frère Louvain de Pescheloche

Aux pages 143 à 152 du Tome II, daté de 1807, (ce tome est accessible sur Google-Books, derrière le Tome I) des Annales maçonniques de Caillot, figure l'Eloge Funèbre, prononcé le 31 mai 1806, du Frère Joseph Louis Louvain de Pescheloche (1751-1805), avocat puis militaire, colonel du 15e de dragons, mort à la bataille d'Austerlitz. Il avait été fondateur de Saint Alexandre d'Ecosse, dont, selon un article de Pierre Noël (qui précise également que Grasse-Tilly le fit 32e le 20 octobre 1804), il fut Vénérable.

Cet éloge est suivi, aux pp. 153 et 154, d'un Chant élégiaque dédié à ses Mânes.

L'auteur des paroles, l'abbé Jean-Joseph Bermond d'Ales d'Anduze, ancien chanoine-comte de Vienne, vicaire général honoraire d'Arras, était membre de Saint Alexandre d'Ecosse et, selon l'article précité, son trésorier.

Pour une biographie plus détaillée de Pescheloche, nous renvoyons au superbe ouvrage de Pierre Mollier et Pierre-François Pinaud, L'état-major maçonnique de Napoléon (Ed. A L'Orient, septembre 2009).

Cet ouvrage nous apprend aussi qu'il était officier du Grand Orient depuis 1804.

La partition - dont nous ignorons si elle a été sauvegardée - était de Bianchi , également membre de Saint Alexandre d'Ecosse.

L'avant-dernier couplet exprime un thème qui est régulièrement évoqué dans ces circonstances : un maçon ne meurt pas, mais cette affirmation, plutôt que de faire référence à des croyances religieuses, rappelle simplement que son souvenir reste vivant dans le coeur de ses Frères.

De larges extraits du Tracé de cette Pompe Funèbre ont été publiés (pp. 181-8) au vol. 16 (1903) des Transactions of the Quatuor Coronati Lodge, dans un article de John T. Thorp.

On peut y voir que deux éloges funèbres ont été prononcés, successivement par Robelot, l'Orateur de la Loge, et par le général Rouyer. 

Bianchi dirigeait l'importante partie musicale, qui comprenait notamment l'exécution de la cantate de Nogaret.

Thorp saisit l'occasion pour donner son avis sur la maçonnerie française, d'une part à l'époque où il écrit (il est très méprisant envers celle-ci, qui has become the tool of a political clique, which uses it for the attainment of its own ends, caring little whether they are in accordance with Masonic principles and for the advancement of the best interests of mankind), mais aussi d'autre part un siècle plus tôt :

The splendour of the various Masonic functions in vogue in France a century ago, are well-known to all those who have, in any degree, studied the history of Freemasonry in that country. The extent, decorations, and appointments of their Halls of Meeting, and the extraordinary attention to detail in the arrangement of ornaments and symbols, was much superior to what was customary in England, while the grandeur and pomp of their ceremonial was very far in advance of the simple but impressive ritual common in this country. The French Masons sought to impress their members with the magnificent surroundings of the Craft, with its pomp and pageant, the gorgeousness of its trappings, the richness of its apparel, the number of its jewels and the wealth lavished on its fetes, but seem, in a great measure, to have failed to impress its lessons on the heart, to be reproduced in the actions of daily life. 

Il faut bien reconnaître que ce jugement n'est pas dépourvu de fondement, particulièrement quand il concerne la maçonnerie impériale ; en revanche, il faut bien dire que la maçonnerie anglo-saxonne ne brille pas non plus par la simplicité de ses cérémonies (comme on le voit par exemple ici ou ici).

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