Chanson sur la mort de La Dixmerie

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Cette chanson, datant sans doute du 21 novembre 1791, a été trouvée dans l'Almanach des Grâces pour 1793.
 

Nicolas Bricaire de La Dixmerie  (1731-1791), homme de lettres français, fut un membre éminent de la Loge des Neuf Soeurs devant laquelle il prononça le 28 novembre 1778 l'Eloge de Voltaire.

Il était, selon les mots d'Amiable, un littérateur distingué, un auteur fécond. Il fut pendant six ans environ un des Orateurs de la Loge des Neuf Sœurs. C'est lui aussi qui, dans son mémoire de 1779, présenta la défense de la Loge contre des sanctions arbitraires qui lui avaient été infligées par le Grand Orient :

La Maçonnerie est une institution libre. Elle est fondée sur l'union et l'égalité ... Ce n'est pas seulement la cause d'une loge qui est présentement défendue : les Neuf Soeurs plaident pour la Franc-Maçonnerie entière. Aucun atelier n'est sûr de son existence, aucun atelier n'existe réellement, si un arrêt arbitraire et clandestin peut subitement l'anéantir ; si quelques hommes, gouvernant le tribunal dont ils sont membres, peuvent s'arroger le droit de juger sans entendre et de proscrire sans examen. L'union, la confiance disparaîtront avec la sûreté. Elles sont la base de la Franc-Maçonnerie, qui s'écroulera si cette base est détruite ...

On attribue à La Dixmerie une chanson en l'honneur de Voltaire, dont un couplet dit :

Au nom seul de l'illustre frère
Tout maçon triomphe aujourd'hui;
S'il reçoit de nous la lumière,
Le monde la reçoit de lui.

Parmi les oeuvres abondantes de La Dixmerie, on peut citer des Contes philosophiques et moraux (1765), un Éloge de Montaigne (1781) et des oeuvres satiriques.

On lui doit également un hommage à Lalande qui figure à ce site.

On pourrait évidemment s'étonner de voir mentionner les Neuf Soeurs à un moment où, presque partout en France, et particulièrement à Paris, la maçonnerie s'était mise en veilleuse. Mais on remarquera qu'il ne s'agit pas ici de la Loge de ce nom, mais bien de la Société du même nom qui avait été créée en début 1790, peu avant que la Loge se mît en sommeil. Cette Société Nationale des Neuf Soeurs, qui publiait un périodique, n'avait aucune activité maçonnique et n'était qu'un club parmi d'autres - nombreux à cette époque. Ce qui ne l'empêcha pas d'être accusée d'aristocratisme et d'indifférentisme révolutionnaire, péchés mortels à l'époque, ce qui l'amena à cesser ses activités vers fin 1792.

Sa devise était reprise de Voltaire : Qu'il ne soit qu'un parti parmi nous, Celui du bien public et du salut de tous.

Voir la page consacrée à l'air Mon père était pot

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