Le bon Samaritain

 

Nous avons trouvé ce cantique à la p. 284 du recueil du Tome premier (première année, 1839) du périodique maçonnique Le Globe.

Voir ici sur le compositeur Delsarte.

Merci à qui pourrait nous donner une piste pour retrouver - si elle n'est pas perdue - la partition.

Le texte - en français ! - a été republié (p. 170) en 1842 dans la rubrique Poetry du n° du 30 juin du Freemason's Quarterly Review.

     

LE BON SAMARITAIN.

CANTIQUE MAÇONNIQUE,

Paroles du frère Chatelain, 30e degré, vénérable d'honneur de la loge la Trinité, orient de Paris, et député au Grand-Orient de France des loges l'Etoile de la Gironde et Française d'Aquitaine, orient de Bordeaux, et député du chapitre les Amis-Réunis, vallée de Blois ;

Musique du frère Delsarte, 30e degré, membre de la loge la Trinité, orient de Paris.

 

En passant, un prêtre, un lévite, 
S'éloignent d'un pauvre mourant ; 
De Samarie un prosélyte 
Le ranime en le secourant. 
Seul, dans les trois, de la souffrance 
Il se montre le vrai prochain. 
Gloire au mortel que bénit l'indigence ! 
Honneur au bon Samaritain !

Du bon pasteur de l'Évangile 
Telle est l'admirable leçon ; 
Chaque jour, la suivre, docile, 
Est le devoir du franc-maçon. 
Jésus louait la bienfaisance ; 
Du maçon le cœur est humain. 
Gloire au mortel que bénit l'indigence ! 
Honneur au bon Samaritain !

Certain lévite recommande 
Le précepte d'un ton divin ; 
Mais il refuse son offrande 
Au moribond sur un chemin. 
Sa redoutable intolérance 
Damne sans pitié le prochain. 
Gloire au mortel que bénit l'indigence ! 
Honneur au bon Samaritain !

Le culte de la tolérance 
Est le principe de tout bien,
Et celui de la bienfaisance 
Des maçons forme le lien. 
Si le Pharisien s'en offense, 
Répétons-lui notre refrain : 
Gloire au mortel que bénit l'indigence ! 
Honneur au bon Samaritain !

La Loge de la Trinité

La Loge parisienne de la Trinité, à laquelle appartenait Delsarte, fut constituée en 1783 (une Loge du même nom a existé antérieurement à Paris, dont en 1761 faisait partie le célèbre Stephen Morin et dont le Vénérable était le non moins célèbre Lacorne ; les ennuis de celui-ci - ou tout simplement son décès en 1762 - expliquent peut-être sa disparition).

Bésuchet en dit (p. 74)

Dans la même année (1783), fut fondée à l'orient de Paris, la loge de la Trinite, que l'ordre a toujours comptée parmi les loges les plus dignes de leur institution.

Cette respectable loge n'avait pas obtenu sans peine la conservation de son titre. Le commissaire du Grand Orient chargé du rapport, s'y était formellement opposé dans ses conclusions. Dans un tableau du Grand Orient, à la suite des statuts généraux de cette époque, on voit une singulière addition : loge de la Trinité, dite de l'Égalité.

Le chapitre de cette loge professe toujours le rite philosophique des Sublimes Élus de la vérité, qui fut arrangé en 1776, bien qu'on en reporte l'introduction à Rennes, en 1748, par un maçon zélé, le frère de Mangourit, ancien diplomate, homme de lettres, actuellement officier honoraire du Grand Orient de France, ex-président des différents ateliers du Mont-Thabor de Paris. Ce vénérable frère, qui demeurait alors à Rennes, avait voulu établir, pour les frères instruits et pour tous les maçons distingués de la ville, une association maçonnique particulière, qui les séparât des maçons qui n'avaient ni la même instruction ni les mêmes habitudes civiles. Les statuts et règlements des Sublimes Elus de la vérité ont été imprimés.

En furent membres Gatayès, Lachnitt et le duc de Berry, second fils de Charles X.

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