Anacréon vs. Athéna

Cliquez ici pour entendre un MP3 de cet air, d'après cette page du site NEUMA.

Ces couplets, datés du 10 juillet 1811, se trouvent aux pp. 76-7 de la Lyre maçonnique pour 1812.

Voilà encore une chanson destinée à mettre à l'honneur les tendances festives de la très épicurienne Loge d'Anacréon, tout en prétendant qu'on y cultivait tout aussi bien la Sagesse, et que celle-ci lui y disputait même la prééminence.

Mais cette prétendue dispute n'est en fait, pour l'auteur Maxime de Rédon, qu'un prétexte pour flatter bassement son Vénérable Muraire, qu'il décrit donc comme cumulant, au niveau le plus élevé, les caractéristiques positives de ces deux compétiteurs en excellence.

Voir ici sur l'air Ah, que de chagrins dans la vie.

         

COUPLETS

 

chantés à la Loge d'Anacréon, à l'Orient de Paris, le 10e jour du 5e mois de l'an de la Vraie Lumière 5811.

 

AIR : Ah, que de chagrins dans la vie. (De Lantara.)

 

Anacréon et la Sagesse
Eurent un différent, dit-on : 
— Je préside, dit la déesse, 
La loge qui porte ton nom. (bis.) 
A ses devoirs chaque frère fidèle, 
Pour guide prenant la raison, 
De la vertu nous présente un modèle 
Dans la Loge d'Anacréon. — 

 

Le chantre aimable de la Grèce 
Sourit, et répond à son tour : 
— C'est à tort, divine Sagesse, 
Que vous m'attaquez en ce jour ; 
Riant, chantant, aimant plus d'une belle, 
Des plaisirs je fus le patron, 
Et tout Maçon qui me prend pour modèle 
Est bien le fils d'Anacréon. —

 

La déesse reprit : — Le sage 
Qui dirige ici les travaux 
Ne t'offre-t-il pas mon image ? 
— Oui, dit le vieillard de Théos, 
J'en conviens ; mais d'esprit son œil pétille ; 
Il vide gaîment un flacon ; 
Il rit, il chante, il chérit jeune fille : 
Reconnaissez Anacréon.—

 

Voulant faire juger la chose, 
Ils furent trouver Jupiter, 
Et chacun pour gagner sa cause 
Fut éloquent, précis et clair.
Le roi des dieux leur dit : — Moi je décide 
Que tous deux vous avez raison, 
Car c'est toujours Muraire qui préside 
Dans la Loge d'Anacréon.

                            Par le Frère maxime de rédon

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