Les Devoirs maçonniques

appliqués aux sept Grades du Rite Français

 Cliquez ici pour entendre (en version comprimée pour ne pas en ralentir la transmission) le début de cet air, chanté par Bernard Muracciole dans son Livre-CD Chants maçonniques des Hauts Grades

Une des peu nombreuses chansons où il soit fait allusion à d'autres degrés de la maçonnerie que les grades bleus qui en constituent l'essence.

Elle figure aux pages 102-4 du recueil d'Orcel.

Mais on la trouvait déjà en 1841, sous la signature G.-D., aux pp. 26-9 du T. 4 de la Revue maçonnique (également éditée à Lyon), avec quelques différences (notamment, les deux derniers couplets ont été complètement refaits ; voir plus bas la comparaison des deux textes), la même référence d'air et le titre DEVOIRS MAÇONNIQUES APPLIQUÉS A CHAQUE GRADE DU RITE MODERNE.

Les Devoirs maçonniques

appliqués aux sept Grades du Rite Français

 

Air : Peuple français, ô toi dont la victoire

L'impie a dit: « l'aveugle destinée 
« Règle ici-bas l'inévitable cours 
« D'une existence au malheur condamnée, 
« Ou qui n'aura jamais que d'heureux jours. » 
N'écoute pas ce funeste langage, 
Du fatalisme attristante leçon ; 
Paix et bonheur deviendront ton partage, 
Si tu souscris au code du Maçon

 

Va, ne crains rien ! Son touchant évangile, 
Comme son culte, est sans austérité ; 
À la raison être toujours docile, 
Et respecter la sainte vérité ; 
Aider le faible, honorer la vieillesse, 
Sous l'humble chaume ou les riches lambris ; 
De l'indigent soulager la détresse, 
Telle est la loi des Maçons apprentis.

 

Soit que ta main porte le cimeterre 
Qui, dans les camps, défend nos étendards ; 
Soit que, marin, tu changes d'hémisphère, 
Et que des flots tu braves les hasards,

En arborant sur un lointain rivage 
De ton pays le noble pavillon, 
Brise les fers, abolis l'esclavage ;
Mais, au combat, sois vaillant compagnon.

 

De tes devoirs la ligne est bien tracée : 
Que, magistrat, tu sièges dans les Cours, 
Ou qu'à ta voix la veuve menacée 
De la justice obtienne le secours ; 
Prêtre ou guerrier, patricien, prolétaire, 
Garantis-toi de l'ombre du soupçon ... 
Pour attributs prends le Compas, l'Équerre. 
Et tu seras parfait maître Maçon.

Ah ! de l'honneur observateur sévère, 
Que de ton front le rouge soit banni ; 
Parmi les noms que le peuple révère, 
N'en doute pas, le tien sera béni. 
De son mandat se montrant moins prodigue, 
S'il en faisait le prix de la vertu, 
En restant sourd à la voix de l'intrigue, 
Au jour du choix, tu serais son élu.

 

Rappelle-toi, dans le juste partage, 
De tous les biens dont le ciel t'a doté, 
Qu'au voyageur, quel que soit son langage, 
Tu dois le don de l'hospitalité. 
Usage saint ! Que chaque jour efface, 
Pour bien longtemps si tu disparaissais, 
On ne devrait reconnaître ta trace 
Qu'en la cherchant parmi les Écossais.

Du Franc-Maçon partout est la patrie : 
Il doit son bras, son cœur, au genre humain ; 
En quelque lieu que l'infortuné crie. 
Empresse-toi de lui tendre la main. 
Dans l'Occident, si la paix, qu'on implore, 
Fait entrevoir un avenir riant, 
Défends la terre où se lève l'aurore : 
C'est ton berceau, chevalier d'Orient.

 

L'Ordre réserve une faveur dernière, 
À qui chercha le bien, la vérité ; 
À qui suivit longtemps notre bannière, 
Et dans chaque homme aima l'humanité. 
Si dans ton cœur, ne voyant que leurs peines, 
Tu fis égaux les bergers et les rois, 
Nos voix, un jour, pour te payer des tiennes, 
T'acclameront Chevalier Rose-Croix.

 

Au temps jadis, par l'épée et la lance, 
Les chevaliers redressèrent les torts ; 
Comme toujours, cette autre violence 
Ne consacra que le droit des plus forts. 
S'il fut le seul que la chevalerie 
Mit en principe, en honneur, en clarté, 
L'homme obtiendra, par la maçonnerie
Vertu, Bonheur, Sagesse, et Liberté !

Nous n'avons pas trouvé trace de l'auteur (prétendu : il faudrait plutôt parler de plagiaire) du texte, le Chevalier Kadosch nommé Grinan qui est également l'auteur de trois autres chansons du même recueil, tout aussi grandiloquentes et bien-pensantes, celles des pp. 13, 24 et 54.

La mention Tu fis égaux les bergers et les rois à l'avant-dernier couplet est une représentation classique de l'égalité maçonnique.

Nous n'avons pas trouvé de chanson intitulée Peuple français, ô toi dont la victoire. Pour enregistrer Les devoirs maçonniques sur son Livre-CD Chants maçonniques des Hauts Grades, Bernard Muracciole a donc lui-même, dans l'esprit du temps, composé la musique que vous pouvez entendre.

Mais il existerait - et il n'est pas impossible que ce soit le même - un air (que nous n'avons pas retrouvé non plus) Peuple français, sois fier de ta victoire sur lequel a été composée une chanson compagnonnique - qui pourrait d'ailleurs tout aussi bien être considérée comme une chanson maçonnique - intitulée Hymne à Salomon (et dont la métrique correspond). Cet hymne figure au livre du compagnonage d'Agricol Perdiguier (1805-1875), consultable sur le site de la BNF et dont voici le début :

Depuis lors, nous avons lu sur cette page que Peuple français, ô toi dont la victoire se chantait pendant les Cent Jours sur l'air de la Romance de Joseph de Méhul.

Texte original

L'impie a dit : « L'aveugle destinée
Régle, ici-bas, l'inévitable cours
D'une existence au malheur condamnée,
Ou qui jamais n'aura que d'heureux jours. » (bis).
N'écoute pas ce funeste langage,
Du fatalisme affligeante leçon ;
Paix et bonheur deviendront ton partage (bis).
Si tu souscris au code du maçon. (bis).

Va ! ne crains rien, son touchant évangile,
Comme son culte, est sans austérité.
A la raison être toujours docile,
Et respecter la sainte vérité ;
Aider le faible, honorer la vieillesse
Sous les lambris ou sous l'humble appentis,
De l'indigent soulager la détresse,
Telle est la loi des maçons Apprentis.

Soit que ta main porte le cimeterre,
Qui, dans les camps, défend nos étendards ;
Soit que, marin, tu changes d'hémisphère
El que des mers tu braves les hasards;
En arborant, sur un lointain rivage,
De ton pays le glorieux pavillon,
Brise les fers, abolis l'esclavage,
Dans les combats sois vaillant Compagnon !

De tes devoirs suis la ligne tracée ;
Que, magistrat, tu sièges dans les cours,
Ou qu'à ta voix la veuve menacée
De la justice obtienne le secours ;
Prêtre ou guerrier, patricien, prolétaire,
Que le respect t'environne toujours :
Prends le niveau, le compas et l'équerre
Puis, sagement, Maître, règle tes jours.

Ah ! de l'honneur observateur sévère,
Que de ton front le rouge soit banni,
Parmi les noms que le peuple révère,
N'en doute pas, le tien sera béni.
De son mandai se montrant moins prodigue,
S'il en fait don, un jour, à la vertu,
Et qu'à jamais il repousse l'intrigue....
Parfait maçon, tu seras son Elu !

Rappele-toi, dans le juste partage
De tous les biens dont le ciel t'a doté,
Qu'au voyageur, quel que soit son langage,
Tu dois le don de l'hospitalité.
Usage saint ! que chaque jour efface,
Pour bien longtemps si tu disparaissais,
On ne devrait reconnaître ta trace
Qu'en la cherchant parmi les Ecossais !

Du franc-maçon partout est la patrie,
Son bras, son cœur sont de tous les pays ;
En quelqu'endroit que l'infortuné prie,
Empresse-toi de voler à ses cris.
Dans l'occident si la paix qu'on implore
Fait entrevoir un avenir riant,
Défends la terre où se lève l'aurore,
C'est ton berceau, Chevalier d'Orient !

Jusques au bout de la noble carrière
Que tu choisis, poursuis avec ardeur
Le prix si beau dont, pour faveur dernière,
Notre ordre entier te réserve l'honneur.
Digne maçon, dans ton pélérinage
Tu fus l'ami des bergers et des rois....
Entends nos voix au retour du voyage
Te saluer : Prince de Rose-Croix !

Ce fut jadis par la lance et l'épée
Que dans ce monde on redressa les torts ;
Dans ces combats, la vaillance trompée
A bien souvent vu trahir ses efforts ! 
Elle n'est plus, l'âpre chevalerie,
Mais, en mourant, elle remit aux mains
Des sectateurs de la maçonnerie
Le soin bien doux du bonheur des humains !

Texte chez Orcel

L'impie a dit: « l'aveugle destinée 
« Règle ici-bas l'inévitable cours 
« D'une existence au malheur condamnée, 
« Ou qui n'aura jamais que d'heureux jours. » 
N'écoute pas ce funeste langage, 
Du fatalisme attristante leçon ; 
Paix et bonheur deviendront ton partage, 
Si tu souscris au code du Maçon

Va, ne crains rien ! Son touchant évangile, 
Comme son culte, est sans austérité ; 
À la raison être toujours docile, 
Et respecter la sainte vérité ; 
Aider le faible, honorer la vieillesse, 
Sous l'humble chaume ou les riches lambris ; 
De l'indigent soulager la détresse, 
Telle est la loi des Maçons apprentis.

 Soit que ta main porte le cimeterre 
Qui, dans les camps, défend nos étendards ; 
Soit que, marin, tu changes d'hémisphère, 
Et que des flots tu braves les hasards,
En arborant sur un lointain rivage 
De ton pays le
noble pavillon, 
Brise les fers, abolis l'esclavage ;
Mais, au combat, sois vaillant compagnon.

De tes devoirs la ligne est bien tracée
Que, magistrat, tu sièges dans les Cours, 
Ou qu'à ta voix la veuve menacée 
De la justice obtienne le secours ; 
Prêtre ou guerrier, patricien, prolétaire, 
Garantis-toi de l'ombre du soupçon ... 
Pour attributs prends le Compas, l'Équerre. 
Et tu seras parfait maître Maçon.

Ah ! de l'honneur observateur sévère, 
Que de ton front le rouge soit banni ; 
Parmi les noms que le peuple révère, 
N'en doute pas, le tien sera béni. 
De son mandat se montrant moins prodigue, 
S'il en faisait le prix de la vertu, 
En restant sourd à la voix de l'intrigue, 
Au jour du choix,
tu serais son élu.

 Rappelle-toi, dans le juste partage, 
De tous les biens dont le ciel t'a doté, 
Qu'au voyageur, quel que soit son langage, 
Tu dois le don de l'hospitalité. 
Usage saint ! Que chaque jour efface, 
Pour bien longtemps si tu disparaissais, 
On ne devrait reconnaître ta trace 
Qu'en la cherchant parmi les Écossais.

Du Franc-Maçon partout est la patrie : 
Il doit son bras, son cœur, au genre humain
En quelque lieu que l'infortuné crie. 
Empresse-toi de
lui tendre la main. 
Dans l'Occident, si la paix, qu'on implore, 
Fait entrevoir un avenir riant, 
Défends la terre où se lève l'aurore : 
C'est ton berceau, chevalier d'Orient.

 L'Ordre réserve une faveur dernière, 
À qui chercha le bien, la vérité ; 
À qui suivit longtemps notre bannière, 
Et dans chaque homme aima l'humanité. 
Si dans ton cœur, ne voyant que leurs peines, 
Tu fis égaux les bergers et les rois, 
Nos voix, un jour, pour te payer des tiennes, 
T'acclameront Chevalier
Rose-Croix.

 Au temps jadis, par l'épée et la lance, 
Les chevaliers redressèrent les torts ; 
Comme toujours, cette autre violence 
Ne consacra que le droit des plus forts. 
S'il fut le seul que la chevalerie 
Mit en principe, en honneur, en clarté, 
L'homme obtiendra, par la maçonnerie
Vertu, Bonheur, Sagesse, et Liberté !

  

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