Les francs-maçons justifiés

Cliquez ici pour entendre un fichier MP3 du premier couplet de cette partition, séquencé par Christophe D.

Cette chanson intitulée Les Francs-Maçons justifiés a été publiée à Epernay en 1867.

Elle est l'oeuvre de Victor Fiévet (qui en est aussi l'imprimeur) pour les paroles et du Frère Müller (que nous n'avons malheureusement pas pu identifier plus précisément) pour la (très allègre) musique.

Une gravure soignée orne la couverture.

Le texte n'est pas vraiment original : on trouve déjà dès 1817, sous le titre Les On-dit (en 3 couplets seulement), un texte fort semblable, à la p. 351 du Manuel du franc-maçon de Bazot.

Par son ton et sa verve, cette chanson fait parfaitement la paire avec une autre presque contemporaine, Dans leurs sombres cavernes.

Les 5 couplets

 

1er COUPLET

On dit que Messieurs les Maçons
forment une infernale engeance,
Et qu'ils ont avec les démons
La plus affreuse ressemblance.
Hommes sans honneur et sans foi,
Leur secte en méfaits est féconde ;
Je les ai vus ... je les tiens moi
Pour les meilleures gens du monde ! ...

2e COUPLET.

On m'avait dit qu'ils s'occupaient
A désorganiser la terre,
Qu'à peine ils se contenteraient 
Des trésors de l'autre hémisphère ; 
Que leurs jeux étaient infernaux 
Leur gaité toujours furibonde ...
J'ai vu leurs Plaisirs, leurs Travaux ; 
Ils sont les meilleures gens du monde. 

3e COUPLET

Ils veulent, m'a-t-on dit encor,
Posséder seuls la terre entière ;
- Pour eux seuls la puissance et l'or -
Et pour les autres la misère.
Ils ont des fils de Loyola
Mérité la haine profonde ;
Mais je les tiens malgré cela
Pour les meilleures gens du monde ! ...

4e COUPLET

Comme on les dépeignait affreux,
Qu'on les garantissait infâmes, 
Je croyais ne trouver chez eux 
Que pieds fourchus, vilaines âmes
De mon erreur je suis surpris 
- Si je mens que Dieu me confonde ! -
Mais, sur ma foi, je les ai pris 
Pour les meilleures gens du monde.

5e COUPLET.

J'ai vu leur Sabbat clandestin ; 
J'ai vu le Diable qu'ils invoquent ; 
J'ai vu leur livre du Destin
Et les choses dont ils se moquent. 
J"ai vu, chez eux, les doux liens 
D'une amitié sainte et profonde, 
Et voilà pourquoi je les tiens
Pour les meilleures gens du monde !

      

Les documents reproduits à cette page appartiennent (cote 16 Z 34, ancienne cote 23-3) au Fonds Gerschel des Archives de Strasbourg, dont nous remercions vivement les responsables pour l'obligeance dont ils ont fait preuve en nous en facilitant la consultation.

Retour au sommaire des chansons diverses du XIXe:

Retour au sommaire du Chansonnier :