Cassel

 

Dans le Tome VI (années 1825 à 28) des Annales chronologiques, littéraires et historiques de la maçonnerie des Pays-Bas à dater du 1er janvier 1814 (accessible via la digithèque des bibliothèques de l’Université Libre de Bruxelles), Auguste de Wargny donne (pages 404 à 440) un compte-rendu de la Pompe Funèbre du Frère Honorez à la  Loge de l'Espérance, le 29 mars 1828. 

On y trouve (p. 430) le texte de Récitatif et couplets portant la mention Musique du Frère Cassel, paroles du Frère Eugène Desessarts artistes au Théâtre Royal

Il nous semble évident que le compositeur, le Frère Cassel artiste au Théâtre Royal, soit le Guillaume Cassel (1794-1837) présenté comme suit (p. 203) dans l'ouvrage (1890) de Jacques Isnardon, Le théâtre de la Monnaie depuis sa fondation jusqu'à nos jours :

Guillaume Cassel, né à Lyon, le 12 octobre 1794, mort à St-Josse-ten-Noode lez-Bruxelles, le 9 septembre 1837, se destinait d'abord au barreau ; mais, pour se soustraire à la conscription, il embrassa la carrière artistique. En sortant du Conservatoire de Paris, il alla en province ; puis à l'Opéra-Comique, d'où il sortit à la suite de discussions assez vives avec Guilbert de Pixérécourt. Il fut nommé professeur au Conservatoire de Bruxelles, en 1833. 

Ce chanteur (baryton) se piquait d'ailleurs effectivement de composition : dans le même ouvrage (p. 205), on peut lire qu'en 1826 fut donné à la Monnaie un spectacle à la mémoire de Talma, avec une grande scène lyrique, intitulée : Hommage à la mémoire de Talma, paroles de Romieu, musique de Hanssens et de Cassel, ballet de Petipa [ndlr : le père de Marius].

Cassel était avec Eugène Dessessart, non seulement le coauteur du chant précité, mais aussi le collègue à la Monnaie, le Frère en maçonnerie, et en outre,  comme on le voit ici, excellent ami. 

Anecdote

Le même ouvrage rapporte aussi (p. 222) le rôle involontairement joué par Cassel dans le déclenchement de la révolution belge en 1830, lors d'une représentation à la Monnaie de la Muette de Portici :

La Muette attira une telle affluence, que bon nombre de spectateurs, n'ayant pu pénétrer dans la salle, formaient sur la Place de la Monnaie des groupes où se manifestait une grande agitation. 

La pièce soulève les plus vifs enthousiasmes. Le célèbre duo : « Amour sacré de la patrie », chanté par Lafeuillade et Cassel, est bissé. Au troisième acte, quand Masaniello pousse le cri « Aux armes ! », le public entier lui répond par un hourrah formidable.  On ne laisse pas achever la pièce. Lafeuillade est applaudi, rappelé  avec transport. La foule se précipite au dehors et alors se produisent les événements que l'on connaît et qui ne sont pas du domaine  de notre histoire.

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