L'amitié fraternelle

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Ces couplets intitulés L'amitié fraternelle figurent aux pp. 210-11 (reproduites ci-dessous) du Tome 3 (1807) des Annales maçonniques.

On les trouve également aux pages 108-9 du Nouveau Code Récréatif des Francs-Maçons. Dans cette édition, le titre, l'air et l'auteur sont les mêmes, mais les circonstances de création ne sont plus mentionnées.

La chanson présente de nombreux points communs avec une romance de Delorme qui avait connu un certain succès : même air, utilisation des mêmes mots l'amitié fraternelle pour terminer chaque couplet, métrique voisine ; cependant, la métrique  (8/8/10/10/8/8/10/8) de l'air original, qui était respectée par Delorme, est ici plus irrégulière : elle devient (8/8/8/10/8/8/8/8) au premier couplet, (8/8/8/10/8/8/10/8) au 2e et (8/8/8/8/8/8/8/8) au 3e.

On retrouve ce principe d'utilisation des mots l'amitié fraternelle en fin de chaque couplet dans un Hymne édénique ou d'Adoption, publié dans le Dictionnaire maçonnique de Quentin, mais cette fois avec un air différent (des caresses) et une métrique régulière (8x8).

L'auteur, Voyard, est également celui d'un cantique (très courtisan) en l'honneur de Cambacérès (p. 185 du Tome 6 des Annales) et d'une cantate pour Askeri-Khan à Saint Alexandre d'Ecosse ; il est désigné comme poète par John T. Thorp qui, dans un article publié au vol. 16 (1903) des Transactions of the Quatuor Coronati Lodge, le mentionne (p. 182) parmi les prominent masons présents lors de la Pompe Funèbre pour Louvain de Pescheloche à Saint Alexandre d'Ecosse. Nous n'avons pu l'identifier de manière plus précise, mais nous savons que, comme on pouvait s'y attendre d'après ce qui précède, il était membre de cette Loge, dite également Mère Loge Ecossaise de France : il est en effet cité parmi ses principaux membres par Daruty à la p. 261 de ses RECHERCHES SUR LE RITE ECOSSAIS ANCIEN ACCEPTE.


L'AMITIÉ FRATERNELLE.

 Cantique chanté à un Banquet de la Respectable Mère Loge Ecossaise de France, à l'Orient de Paris.

 Air : de la Piété Filiale.

 

ZÉLÉS Maçons, unissons nous 
Par les liens de la tendresse, 
Et qu'à jamais notre allégresse 
Vienne embellir un sentiment si doux ! 
Que près de la vertu si belle, 
Nos jours s'écoulent sans regrets ! 
Oui, la reine de nos banquets, 
Ah ! c'est l'amitié fraternelle.

A peine l'homme voit le jour, 
A la douleur le sort l'expose ;
Et telle fin qu'il se propose, 
Il souffre encor de fortune ou d'amour. 
Humain, dans ta peine cruelle, 
Qui te tend des bras caressans ? 
Qui te promet des secours consolans ? 
Ah ! c'est l'amitié fraternelle !

Maçons, de ces timides chants, 
Vous ne dédaignez point l'hommage ;
Le talent m'est pas mon partage,
Le coeur seul dicte mes accens. 
Pour moi point de palme immortelle, 
Plus de succès près de Cypris ; 
Mais je réclame un plus doux prix ! 
Ah ! c'est l'amitié fraternelle !

                                 Voyard.

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