Ce n'est qu'un au revoir

Cliquez ici pour entendre un fichier midi (version écossaise !) de cet air, emprunté au site Mount Scotia

... et cliquez ici pour voir la charmante carte de voeux musicale proposée sur ce thème par Jacquie Lawson

En cliquant ici, vous pourrez entendre la version de Beethoven dans ses Douze chants écossais, sur une page du site BestMusicClassical.com

Peu de chansons sont aussi internationalement répandues que le Auld Lang Syne, connu en français sous le nom de Choral des Adieux ou de son incipit Ce n'est qu'un au revoir.

Refrain:
Ce n'est qu'un au revoir mes Frères
Ce n'est qu'un au revoir
Oui nous nous reverrons mes Frères
Ce n'est qu'un au revoir

1.

Faut-il nous quitter sans espoir
Sans espoir de retour?
Faut-il nous quitter sans espoir
De nous revoir un jour?

2.

Formons de nos mains qui s'enlacent
Au déclin de ce jour
Formons de nos mains qui s'enlacent
Une chaîne d'amour

3.

O Frères, unis par cette chaîne
Près de quitter ces lieux
O Frères, unis par cette chaîne
Ne faisons point d'adieux.

OU

Unis par cette douce chaîne
Brûlant d'un même feu
Unis par cette douce chaîne
Ne faisons pas d'adieux.

4.

Car l'idéal qui nous rassemble 
Vivra dans l'avenir
Car l'idéal qui nous rassemble 
Saura nous réunir.

OU

Car l'idéal qui nous rassemble 
Et qui veut nous unir
Car l'idéal qui nous rassemble 
Saura nous réunir.

On lit souvent que cette chanson est attribuée à Robert Burns (1759-1796), qui l'aurait recueillie de la tradition régionale. Il n'en en tout cas pas l'auteur, mais seulement un transcripteur, puisqu'on peut déjà la trouver dans un recueil profane, le Merry Companion (dont on connaît 4 éditions entre 1739 et 1750) et qu'il est probablement encore antérieur.
 

Robert Burns

Robert Burns, poète national de l'Écosse (on l'a surnommé Caledonia Bard et il fut désigné en 2000 par ses compatriotes, à une écrasante majorité, comme l'Ecossais du millénaire), était devenu maçon dès l'âge de 23 ans, le 4 juillet 1781, à la Loge St. David's Lodge de Tarbolton.

Celle-ci résultait de la réunification, la même année (l'initiation de Burns eut d'ailleurs lieu à la première Tenue après cette fusion) de la St James's Lodge de Tarbolton (fondée en 1771) avec sa dissidence (en 1773) St David's, sous ce dernier titre distinctif.

extrait du registre de la Loge : "Sederunt for July 4th. Robt. Burns in Lochly was entered an apprentice"

Cette fusion ne fut qu'éphémère, et les deux Loges redivorcèrent moins d'un an plus tard ; Burns choisit d'appartenir à St James's, Loge dont il devint Depute Master en 1784 et à laquelle il dédia plus tard une de ses chansons.

Il fut également fait, en 1786, membre honoraire de la Loge St John Kilwinning, à laquelle il dédia une autre de ses chansons.

Sa mémoire est perpétuée avec dévotion par de nombreux maçons, notamment américains.

Burns a fait l'objet d'un article aux pp. 46-55 du Vol. 5 (1892) de Ars Quatuor Coronatorum.

Un tableau (au musée de la Grande Loge d'Ecosse) de Stewart Watson (ci-dessus, détail à gauche) représente Burns fêté le 1er mars 1787 comme poète lauréat de la Loge d'Edimbourg Canongate Kilwinning

médaille d'une Loge américaine de Harrisburg 

La dévotion à Burns a été mise à profit par les marchands du Temple, qui commercialisent même des boutons de manchette à son effigie ! 

autre portrait de Burns maçon (image du site de la Grande Loge d'Ecosse)

Il existe plusieurs variantes du texte français. Celle reprise ci-dessus est chantée dans certaines Loges au moment de la Chaîne d'Union. Nous ignorons à quand remonte cet usage; il ne doit cependant pas être très ancien, puisque nous n'avons trouvé le texte dans aucun chansonnier autre que récent ; l'air ne semble d'ailleurs pas avoir été connu dans les pays francophones avant d'y être popularisé par le scoutisme.

Bernard Muracciole l'a enregistrée dans son livre-CD Vous avez dit ... Chansons maçonniques? et dans son CD plus récent 275 ans de Chants maçonniques.

On trouvera des versions anglaises par exemple à une page du site américain The Music of Freemasonry.

Nous avons également trouvé, dans une brochure intitulée Masonic Songs for Community singing et publiée sous les auspices de la Grande Loge de l'Etat de New-York, trois chansons sur le même air :

- un chant d'ouverture

- Come, Brothers

- un Fellowcraft Song 

 

On trouve le même texte - avec un couplet supplémentaire et une partition (un peu différente de celle ci-dessus) dans le Masonic Music Manual de 1897 (au bas de la même page figure, en partie, le texte original de Burns) :

Les pages 30 et 31 du recueil Masonic Harp de 1858 donnent également la partition avec le texte original de Burns et six textes pouvant se chanter sur le même air :

Nous en avions également trouvé, sur une page (devenue inaccessible depuis) du site de la Loge de Leipzig Minerva zu den drei Palmen, une version allemande :

Das Abschiedslied

Nehmt Abschied Brüder, ungewiß ist alle Wiederkehr.
Die Zukunft liegt in Finsternis, und macht das Herz uns schwer.
Der Himmel wölbt sich über´s Land, ade, auf Wiederseh´n.
Wir ruhen all in Gottes Hand, Gut Pfad, auf Wiederseh´n.

Die Sonne sinkt, es steigt die Nacht, vergangen ist der Tag.
Die Welt schläft ein und leis erwacht, der Nachtigallen Schlag.
Der Himmel... 

So ist in jedem Anbeginn, das Ende nicht mehr weit
Wir kommen her und gehen hin, und mit uns geht die Zeit.
Der Himmel...

Nehmt Abschied Brüder, schließt den Kreis, das Leben ist ein Spiel.
Nur wer es recht zu spielen weiß, gelangt an´s große Ziel.
Der Himmel wölbt sich über´s Land, ade auf Wiederseh´n.
Wir ruhen all in Gottes Hand, Gut Pfad, auf Wiederseh´n.

Signalons enfin que la chorale Lefébure, colonne d'harmonie maçonnique vivante et interobédientielle tourangelle, a inscrit cette chanson à son répertoire, dans un arrangement à deux voix réalisé par le Frère O, qui l'a aimablement mis à notre disposition afin que nous puissions en faire profiter d'autres amateurs : vous pouvez accéder au PDF de cette partition en cliquant ici.

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