Jerocades

Totalement ignoré en France, mais beaucoup plus célèbre en Italie, Antonio Jerocades (1738-1805) est un abbé, d'origine calabraise, auquel ses idées libérales proches des Lumières (et même francophilement jacobines) valurent souvent la persécution, la prison et l'exil. Initié à Marseille, à la Loge Saint Jean d'Ecosse, dans les années 1770, il fut à Catanzaro le fondateur de la première loge calabraise.

Poète, il a été surnommé l'Orphée de la maçonnerie italienne du XVIIIe siècle. Il publia en 1784 un recueil de poésies maçonniques, La lira focense (la Lyre phocéenne), en 1783 le long poème en 12 chants Il Paolo o sia l'Umanità liberata où il représente Saint Paul et Saint Pierre comme des maçons qui se reconnaissent comme tels quand ils se retrouvent au ciel, et en 1785 Il Codice delle Leggi Massoniche, ad uso delle Logge Focensi (traduction par ses soins d'un document de sa loge marseillaise).

Au début des années 1790, il enseigna la philologie et l'économie à l'Université de Naples.

En fin 1792 et 1793, Louis-René-Madeleine Levassor de Latouche-Tréville (1745-1804), aristocrate converti aux idées nouvelles, collaborateur de La Fayette pendant la guerre d'Amérique, et Vénérable de la Loge Les Hospitaliers d'Heredom et de la Madeleine à Montargis, mouillait au port de Naples avec une flotte française qu'il commandait et offrit, sur son vaisseau Languedoc, un banquet aux jacobins napolitains, au cours duquel Jerocades improvisa un Inno alla partenza (Chant du Départ) exaltant la Révolution et commençant par lte, o Franchi, al patrio suolo, Ov'è legge e libertà; Ma recate il pianto e il duolo Dell'oppressa libertà. (Allez, ô Français sur le sol de votre patrie, là où se trouvent loi et liberté ; mais apportez les pleurs et la douleur de la liberté opprimée).

Jerocades participa en 1793 à la création d'une société secrète patriotique et révolutionnaire, la Cena di Posilippo.

Quelques-uns des poèmes de La lira focense ont été mis en musique par un compositeur contemporain, Enzo Samaritani, qui en a confié les partitions au site de la Loge Har Tzion Montesion (la structure de ce gigantesque est aussi ésotérique que son contenu et ces partitions ne sont pas faciles à y trouver : il faut aller (tout en bas) sur la Mappa del Sito, où on cliquera sur la ligne Officina Web - Canti e Canzoni Massoniche del XIX secolo - Canzoni Massoniche Italiane del XIX secolo) :

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