Le Triomphe de la Maçonnerie

Cantate

On trouve cette cantate intitulée Le triomphe de la maçonnerie, avec le sous-titre Cantate à voix seule ou Cantate à voix basse, dans plusieurs chansonniers du XVIIIe, en particulier dans les diverses éditions des chansonniers dits de Jérusalem (A p. 1, B pp. 28-30 - reproduites ci-dessous -, C p. 29 , D p. 29, E p. 21) et dans des chansonniers qui en sont inspirés (Recueil de Lausanne p. 84, Lyre maçonne pour le Marquis de Gages, p. 8), ainsi que dans la Muse maçonne de 1773 (p. 36).

Elle fait partie d'un ensemble de 4 cantates et cantatilles, où elle précède immédiatement la cantate Les francs-maçons de Clérambault, la cantatille Invocation à Astrée et la cantatille Les francs-maçons de Lemaire.

Pour deux de ces 4 oeuvres, nous connaissons les partitions. Ce n'est malheureusement pas (encore ?) le cas de celle-ci.


           

  

LE TRIOMPHE

DE LA

MAÇONNERIE.

CANTATE

A voix seule.

  

RECIT.

OU suis-je ! & quel charmant Spectacle
Enchante mon cœur & mes yeux ! 
Les Dieux, en ma faveur, ont-ils fait un miracle ?
Suis-je transporté dans les Cieux ?
Mon ame paroît toute émue ....
D'où naît le plaisir que je sens ?
 Quelle Divinité vient s'offrir à ma vue ?
 Et m'inspirer les plus tendres accens.

 

 

AIR.

Ah ! qui pourroit te méconnoître,
Qui peut se méprendre à tes traits ?
Sagesse tu n'as qu'à paroître,
Tout Maçon céde à tes attraits

 

Oui, c'est ton flambeau tutélaire
Qui brille en ce riant séjour,
Et la raison qui nous éclaire,
Est un présent de ton amour.

 

Ah! qui pourroit te méconnoître,
Qui peut se méprendre à tes traits ?
Sagesse, tu n'as qu'à paroítre,
Tout Maçon céde à tes attraits.

 

 

RECIT.

Reçois de notre encens le tribut légitime ;
Déesse, sois propice au feu qui nous anime,
Le zèle qui nous presse atteint le plus haut point ;
Exige tout ; nos cœurs ne te dédiront point.

 

AIR.

Que désormais la Calomnie
Tonne, éclate ; l'effort est vain :
Pallas, de l'Amitié suivie,
Nous assure un heureux destin.

 

Du Censeur caustique & rigide
Que peut l'Imposture, ou l'Erreur ?
Nos fronts couverts de ton Egide,
Sont à l'abri de sa fureur.

 

Que désormais la Calomnie
Tonne, éclate ; l'effort est vain :
Pallas, de l'Amitié suivie,
Nous assure un heureux destin.

 

RECIT. 

Toi, qui devrois régner sur tout ce qui respire,
 Vertueuse Amitié, nous chérissons tes loix :
Sur nos cœurs à jamais exerce ton empire ;
Tout Franc-Maçon te parle par ma voix.

 

ARIETTE.

Venez, Troupe d'Amis fidelle,
Venez jouir du plus doux sort ;
Ce jour fortuné vous rappelle
Les plus beaux jours de l'Age d'Or.

 

Au feu divin de l'harmonie,
Abandonnez votre génie,
Formez les plus touchans accords.

 

Des Maçons la gloire infinie
Triomphe aujourd'hui de l'Envie ;
Faites éclater vos transports.

 

Venez, Troupe d'Amis fidelle,
Venez jouir du plus doux sort;
Ce jour fortuné vous rappelle
Le plus beaux jours de l'Age d'Or.

On trouve même aussi ce texte à la p. 42 de l'ouvrage (1772) Les Quatre Grades Complets de l'Ordre de l'Adoption, ou La Maçonnerie des Dames. Mais, très logiquement, dans l'hommage ci-dessous, le très-digne Frère de C***** y devient la très-digne Soeur de C*****.

Cette cantate est généralement précédée de l'hommage suivant :

Au très-digne Frère
de C*****,
Visiteur de la Loge D.
En lui présentant la Cantate suivante.

C******, j’ignore le langage
Du dieu du Pinde & des neuf Sœurs,
Mais je connois tout l’avantage
Dont nous devenons possesseurs.

Votre âme est pleine de douceur,
Du vrai maçon elle est l’image ;
Les grâces & la belle humeur
Sont peintes sur votre visage.

De ces vers acceptez l’hommage ;
Je vous fais de faibles présens,
Mais vous ferez grâce à l’ouvrage,
En faveur de mes sentiments.

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