Les Francs-Maçons

Cantatille de Lemaire

Vous avez deux possibilités pour l'écoute de cette pièce, séquencée par Christophe D. :

1. Un fichier midi de la partition complète (14'55") Cliquez ici pour l'entendre 

2. 7 fichiers MP3 séparés, que vous pouvez entendre en cliquant sur les notes en face de leur numéro ci-dessous

Les Francs-Maçons, cantatille nouvelle pour une basse-taille, par Mr LEMAIRE. 1744

On trouve cette cantatille - à la suite immédiate de la cantate Le triomphe de la maçonnerie, de la cantate de Clérambault Les francs-maçons et de la cantatille Invocation à Astrée avec lesquelles elle forme un ensemble - dans plusieurs chansonniers du XVIIIe, en particulier dans les diverses éditions des chansonniers dits de Jérusalem (A p. 11, B pages 35-7 - reproduites ci-dessous -, C p. 37, D p. 37, E p. 31, F p. 37) et dans des chansonniers qui en sont inspirés (Recueil de Lausanne p. 92, Lyre maçonne pour le Marquis de Gages, p. 17), ainsi que dans la Muse maçonne de 1773 (p. 43).



           

LES 

FRANCS-MACONS.

CANTATILLE.

    N° 1 Prélude (instrumental) (22'')

RÉCIT.

   N° 2 Récit (42'') :
C’Est ici le séjour qu’habite l’innocence,
D’un saint respect mon cœur est agité,
Cette aimable divinité
Nous fait ressentir sa présence.

   N° 3 Simphonie (instrumental) (33'')

   N° 4 Récit (40'') :

Quel feu nouveau vient animer mes sons,
Loin d’ici profane vulgaire,
Je vais chanter les francs-maçons,
C’est la vérité qui m’éclaire.

   N° 5 Air en marche & Récit (5' 31") :

AIR.

Sous nos pieds le vice abattu
Nous offre un triomphe facile ;
Le plaisir règne en cet asile,
C’est l’école de la Vertu.

RÉCIT.

Ah ! qu’il est doux de vivre en Frères,
Et de tromper les curieux ;
Rien n’est si charmant que nos jeux,
Rien n’est plus grand que nos mystères.

   N° 6 Récit & Air (2' 23'') :

Les Princes, les Rois de la terre
Se font honneur d’être maçons,
Savoir vaincre nos passions
Est notre unique caractère.

AIR.

L’amitié, ce présent des Cieux,
Sur nos cœurs seuls exerce sa puissance,
Si l’on ne vous admet à nos aimables jeux,
Beau sexe, nous craignons que l’éclat de vos yeux
Sur l’amitié n’emporte la balance.

   N° 7 Finale Gracieusement (4' 35'') :

La vertu règle nos désirs,
Et bannit les tristes alarmes,
Un cœur insensible à ses charmes
Ne connoît pas de vrais plaisirs.

En vain la noire calomnie
Nous lance ses traits dangereux,
L’innocence de notre vie
Triomphe de ce monstre affreux.

La vertu règle nos désirs,
Et bannit les tristes alarmes,
Un cœur insensible à ses charmes
Ne connoît pas de vrais plaisirs.

On notera qu'il existe une chanson ayant le même incipit, mais totalement différente pour le reste, et d'ailleurs beaucoup plus courte.

La Bibliothèque Nationale de France a mis en ligne la partition de cette cantatille, qu'on trouvera ici. Nous ne reproduisons pas ici l'intégralité de cette partition de 14 pages, puisqu'elle est aisément accessible. 

Cette partition comporte de nombreuses difficultés de lecture dues peut-être à la négligence du copiste : voix enchevêtrées ou transpositions inhabituelles des instruments du dessus (flûte et violon). La traduction sonore restitue fidèlement la composition imaginée par Lemaire. 

La première page (ci-dessous) de cette partition permet d'en connaître la date (1744) et le compositeur : il s'agit de Louis Lemaire (1693 ? - 1750 ?), que Michel Brenet définit comme suit en 1900 dans son ouvrage Les Concerts en France sous l'Ancien Régime (p. 142) :

Louis Lemaire, né vers 1693, élève de Brossard à la maîtrise de Meaux, est l'auteur de cantates publiées en 1724 sous le titre des Quatre Saisons ; de deux recueils d'Airs mêlés de vaudevilles, 1725 ; de Motets à une et deux voix avec symphonie et sans symphonie, chantés au Concert spirituel du château des Thuilleries depuis 1728 jusqu'à 1733, divisés en dix-huit Saluts ; de quarante-quatre cantatilles publiées séparément de 1720 à 1744; d'un livre de Fanfares ou Concerts de chambre pour violons, flûtes, hautbois, musettes, etc. ; d'un Te Deum chanté en 1728 à Saint-Antoine-des-Champs, etc.

tout en portant sur lui ce jugement sévère :

Plusieurs motets et cantates classèrent Louis Lemaire au nombre des fournisseurs les plus actifs du Concert [des Tuileries], où ses œuvres, d'une absolue nullité, réussissaient par leur facilité, par leur banalité même, et par l'usage ou l'abus des formules vocales à la mode.

 

Lemaire était-il maçon ? Ses prestations au Concert spirituel le donnent à penser, mais rien ne le confirme, même si Travenol le prétend dans son brevet de calotte (mais on sait que celui-ci est sujet à caution). Pourrait le donner à penser aussi sa partition Les Plaisirs de la Paix. Simphonies en trio pour le violon, la flûte, le hautbois, le basson, le pardessus de viole, la trompette, les timballes, et la basse continue dediez à Son Altesse Sèrènissime Monseigneur le Comte de Clermont par Mr. Lemaire l'Ainé, puisque Clermont fut le Grand Maître de la Grande Loge de 1743 à 1771 ; mais cela ne prouve pas son appartenance, puisque - comme pour Blavet - Clermont peut très bien avoir commandé des oeuvres, maçonniques ou non, à des compositeurs de son entourage sans que ceux-ci fussent eux-mêmes maçons.

C'est la raison par laquelle il figure à notre page Avis de recherche.

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