Cantique

sur la Bienfaisance

Cliquez ici pour entendre un fichier midi du Chant du Départ de Méhul, réalisé en son temps par Thierry Klein pour son excellent site (malheureusement disparu) Chansons populaires et enfantines et maintenant repris sur une des pages du sympathique site Culture libre.

Cliquez ici pour en entendre le début en mp3

Ce cantique provient des pages 118-20 du recueil édité par Desveux en 1804.

Comme pour les autres Cantiques et Couplets des pages 100 à 128 de ce recueil, il est mentionné qu'il a été chanté à la Loge de l'Aménité à l'Orient de Philadelphie. Cette Loge, constituée sous le n° 73 par le Grand Orient de Pennsylvanie et en bonne partie formée d'exilés français venus de Saint-Domingue, y était dénommée Loge française.

Il y avait à cette époque à Philadelphie une Loge Philanthropy n° 127 : c'est peut-être ses membres que le Frère J. Loup interpelle comme étant les nourrissons de la Philanthropie ?

Le Frère J. Loup est aussi l'auteur du cantique des pp. 114-5.

On voit que le très révolutionnaire Chant du départ avait traversé l'Atlantique et que son entraînante musique avait été appréciée par des exilés français (mais ici c'est à l'appel de la Bienfaisance, et non de la République, que les auditeurs sont invités à répondre).

Le deuxième couplet contient une des multiples références au mythe d'Astrée qu'on peut trouver dans le chansonnier.

 

  
   

CANTIQUE

 

Air : Du chant du Départ.

 

Généreux nourrissons de la Philanthropie,
Qui sous l’olivier de la paix,
Savez semer de[s] fleurs, les sentiers de la vie, 
(1)
Par vos vertus et vos bienfaits ;
Lorsque la nature féconde
Vient vous combler de ses faveurs,
Au Grand Architecte du monde
Offrez votre hommage et vos cœurs.

 (1) sur une copie manuscrite que nous avons pu consulter, le s de des est barré.

 

La Bienfaisance vous appelle,
Écoutez ses sages leçons ;
Il n'est point de bonheur sans elle,
Sans elle, il n'est point de Maçons.

CHORUS.

La Bienfaisance nous appelle,
Écoutons ses sages leçons ;
Il n'est point de bonheur sans elle,
Sans elle, il n'est point de Maçons.

 

Aux fureurs des combats quand la terre est livrée
Toujours sensible et vertueux
Le Maçon bienfaisant, de la divine Astrée
Fait revivre le siècle heureux.
Appui de la faible innocence,
Il protège le sentiment,
Et sa plus douce jouissance
Est de secourir l’indigent.

La Bienfaisance vous appelle, etc. etc.

 

Despotes orgueilleux, vous qui du diadème
Êtes si fiers et si jaloux :
Oui, malgré la splendeur de votre rang suprême,
Vous êtes moins heureux que nous ;
Vous n'éprouvez dans l’opulence
Que crainte, soucis et lang[u]eur ;
Ici dans le calme et l’aisance  
(2) 
Nous goûtons les plaisirs du cœur.

 (2) sur la copie manuscrite, deux demi-lignes ont été sautées et on lit Que crainte, soucis et l’aisance

 La Bienfaisance vous appelle, etc. etc.

 

L'Illustre Salomon, ce roi dont la mémoire
Vivra dans la postérité,
Acquit dans les grandeurs, la véritable gloire
En soulageant l’humanité ;
Souverain juste, ami fidèle,
Rigide observateur des lois,
Des Maçons il fut le modèle,
Comme il fut l’exemple des Rois.

La Bienfaisance vous appelle, etc. etc.

 

O divine amitié ! doux charme de la vie,
Prête l’oreille à nos accents ;
Viens, accours resserrer le saint noeud qui nous lie,
Daigne sourire à tes enfants ;
Egoïste atrabilaire,
Vous qui dédaignez ses liens,
Repaissez-vous de vos chimères
Ici nous trouvons les vrais biens.

La douce amitié vous appelle, etc. etc.

 

                                       Par le Frère J. Loup.

Les images de cette page proviennent de l'édition du recueil détenue, sous la cote Bibliothèque municipale de Lyon SJ R 335/30.4, par la Bibliothèque municipale de Lyon, laquelle nous a obligeamment autorisé à faire usage sur ce site des clichés (crédit photographique Bibliothèque municipale de Lyon, Didier Nicole) qu'elle nous en a fournis, clichés que nous avons adaptés pour les mettre aux normes du présent site.

Retour au sommaire du recueil de Desveux 1804 :

desveuxc.gif (12627 octets)