Hymne à la Nature

sous le symbole d'Isis

Cliquez ici pour entendre le début du Chant du Départ de Méhul en mp3

La Lyre maçonnique pour 1811 contient (pp. 14-16) cet Hymne à la Nature sous le symbole d'Isis, qui est (comme cette autre chanson parue dans les Annales) une transposition du Chant du Départ (paroles de Chénier) du Frère Mehul

Il fut chanté le jour de l'installation de cette Loge d'Isis.

On notera au 2e couplet la référence traditionnelle à l'âge d'or.

Selon David Vergauwen, dans son ouvrage Maçonnieke chansons in negentiende-eeuws België (Liberaal Archief, 2017 ; p. 104), ce texte (à l'exception de l'avant-dernier couplet) aurait été mis en musique, à la fin des années 1820, par Van Campenhout et chanté à la Loge bruxelloise de l'Espérance (mais la simple mention de son nom au document portant ce texte pourrait aussi simplement signifier qu'il l'y aurait interprété ?).

Il est manifeste que l'Hymne à la Nature pour l'installation d'une Loge figurant dans le recueil d'Orcel en 1867 résulte d'une réécriture de celui-ci.



HYMNE A LA NATURE

sous le symbole d'isis,

Chanté à la Respectable Loge d'Isis, le jour de son installation.

 

Air du Chant du départ.

 

 

Auguste déité que le profane outrage,
Isis, vois en nous tes amis,
Ame de l'univers, reçois le pur hommage
Des Maçons dans ce temple admis.
Que par eux ton culte prospère ;
Et, plus dociles à ta voix,
Puissent les enfans de la terre
Vivre un jour sous les mêmes lois !

[Refrain] Guide nous dans notre entreprise,
Bienfaisante divinité,
Nous aurons toujours pour devise :
Vertu, justice, humanité !

 

 

De l'antique Age d'Or ramenons l'innocence,
Instruits enfin par le malheur, 
A l'homme utile et bon donnant la préséance,
Fixons parmi nous le bonheur,
Opposons à toute imposture,
La pure et simple vérité,
Le raisonnement à l'injure,
Le calme à la perversité.

Guide nous, etc.

 

 

Que toujours la décence à nos travaux préside,
De la gaieté, jamais d'aigreur,
L'estime pour lien, et la raison pour guide,
Le plaisir pour ordonnateur.
Dégageons la Maçonnerie
De tous futiles ornemens,
Qu'une aimable philosophie
En cimente les fondemens.

Guide nous, etc.

 

 

La céleste beauté de l'Ordre Maçonnique,
Se cache aux regards des méchans,
Loin de nous l'homme vil, l'orgueilleux, l'empirique,
Les esprits faux, intolérans. 
En vrais enfans de la lumière
Partout respectons Jéhova,
Et sur l'un et l'autre hémisphère,
Faisons fleurir l'Acacia ! (1)

Guide nous, etc.

 

Par le Frère RAVEAU,

Premier Surveillant de la Loge d'Isis.

(1) L'acacia est pris ici comme le symbole de la culture des arts, et, par extension, du perfectionnement de la civilisation. 

(Note de l'Auteur de l'Hymne.)

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