La réception de Wieland 

Merci d'avance à qui voudrait bien fournir une traduction du texte

Ce cantique a été chanté lors du Banquet qui suivit la cérémonie de réception de Wieland (5 septembre 1733 - 20 janvier 1813) à la Loge de Weimar (qui était aussi la Loge de Goethe, cependant absent ce jour-là) Amalia zu den drei Rosen, le 4 avril 1809.

Le texte est du poète maçon Zacharias Werner (on le retrouve d'ailleurs à la p. 155 du T. 1 de ses Sämmtliche Werke) et la partition est de Vincenzo Righini (1756-1812).  

Wieland, un vieux Frère 

Wieland, l'auteur d'Oberon et (avec Liebeskind) de Lulu oder die Zauberflöte (considéré comme une source d'inspiration de Mozart), qu'on a appelé le "Voltaire allemand", était à ce moment âgé de 75 ans (ou 76, s'il est né en 1832 comme le mentionnent certaines sources, et comme on semble l'avoir considéré dans sa Loge). Voltaire, lui, avait été initié à ... 83 ans.

Dans le Tome II de sa monumentale tétralogie l'Europe sous l'acacia (Dervy, 2012), Yves Hivert-Messeca cite (p. 127) un texte écrit par Wieland dans son ouvrage (1809) Über den Zweck und den Geist der Freimauerei (Sur le but et l'esprit de la Franc-maçonnerie) : 

Naturellement, cet art de vivre [la franc-maçonnerie], comme tous les autres arts, exige certaines connaissances, règles, maximes et études que nous souhaitons rassembler sous l'expression de sagesse de vie : c'est une sorte de philosophie qui, précisément parce qu'elle est absolument pratique et n'a quelque valeur que par l'entraînement, n'a rien à voir avec de subtiles spéculations ou les météores surnaturels. Le maçon, en tant que tel, peut ignorer d'innombrables choses dignes en soi d'être sues : mais gare à lui s'il ignore celle que ne pas savoir est un mal !

Voici des extraits (cités par Findel) de son éloge funèbre prononcé par Gœthe en 1813 :

Son inclination le porta à entrer dans notre cercle fraternel. Initié dès sa jeunesse à ce que l'histoire nous a transmis des mystères des anciens, son jugement droit et éclairé le portait, il est vrai, à se détourner de ses sombres secrets, mais il ne niait pas que ces mêmes mystères avaient pu servir à faire naître chez des hommes grossiers et sensuels, des aspirations plus relevées ; que des symboles pleins de pressentiments avaient pu éveiller de puissantes, de lumineuses idées .

... Lorsque parvenu à la vieillesse, il se sentit isolé par la mort des amis nombreux et dévoués qui l'entouraient jadis, il se rapprocha de notre chère société. Nous avons tous vu avec joie et reconnaissance, quel bonheur il éprouvait à être des nôtres, avec quelle assiduité il fréquentait nos réunions, combien il s'intéressait à tout ce qui nous concernait, quelle joie lui procurait la réception de jeunes gens pleins d'avenir, quel charme sa présence ajoutait à nos banquets, avec quelle franchise il exprimait son opinion dans les circonstances importantes. Oui, s'il était besoin d'un nouveau témoignage en faveur d'une société, de fondation si ancienne, et que toutes les vicissitudes humaines n'ont pu renverser, ce témoignage nous serait fourni par cet homme dont chacun admira les talents, la raison, la prudence, l'expérience, la modération, par ce prince qui crut trouver en nous ses semblables et se sentait parmi nous en une société que lui, habitué aux cercles les mieux choisis, il se plaisait à déclarer l'accomplissement de tous ses vœux.

ci-contre : portrait réalisé en 1805

 

ci-dessous : Médaille frappée par la Loge en 1812 en l'honneur du 80e anniversaire de Wieland (qui, s'il est bien né en 1833, avait en fait exactement 79 ans, et non 80, à la date mentionnée du 5 septembre 1812)

Dans une couronne de roses, un sphinx à gauche sur une estrade, tenant un triangle

DEM LXXX GEBURSTAGE
DIE LOGE AMALIA
WEIMAR D. V SEPT. MDCCCLXII. 

Tafellied.

Ihr der Menschheit treue Söhne,
Laßt uns heut ein Fest begehn,
Lasset laut die Freudentöne
Durch die stillen Hallen weh'n.
Denn es ist zur guten Stunde
Der gescheuket unserm Bunde,
Den zum Leiter unsrer Spur
Schuf und weihte die Natur!

Was ertönt in Maurerliebe
Ist der Tugend stille Kraft,
Ist der Weisheit goldner Friede,
Der das Engelschöne schafft.
Muß der Geist des Schönen, Guten
Heut nicht auf uns niederfluthen?
Seines Tempels Hierophant
Hat uns Brüder ja genannt! 

In des Liedes sanften Klängen
Tönt nur schüchtern dessen Lob,
Der auf ewigen Gesängen
Sich zum Helikon erhob!
Seine Scheitel zu umwitsden,
Mag die Kunst den Lorbeer binden,
Hier im Bunde soll ihm blüh'n
Treuer Achtung Immergrün!

Unser Bruder pflanzet Blüthen
Um der Menschheit Hochaltar,.
Still und treulich sie zu hüten,
Ms die Frucht wird offenbar;
Darum halten wir umschlungen
Den, der Blüthen, Frucht errungen,
In des Bundes Namen hier,
Ewig, Wieland, Jubel dir!

Brüder, jetzt das Glas erhoben,
Huldigt stolz der süßen Pflicht,
Strahlt uns, wenn auch Stürme toben,
Nicht der Dioskuren Licht?
Wie den Kelch, erhebt die Geister,
Denn die beiden hohen Meister,
Sie dein Stolz, o Vaterland,
Halten unsrer Kette Band!

On notera une certaine similitude entre l'incipit de cette chanson, Ihr der Menschheit treue Söhne (Vous, fils fidèles de l'Humanité), et celui (Ihr, der Weisheit ächte Söhne - Vous, vrais fils de la Sagesse) d'une chanson de Gürlich figurant aux Freimaurer Lieder mit Melodien, herausgegeben von Böheim.

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