Cantique de Delalande à Lille

En cliquant ici (midi) ou ici (MP3), vous entendrez le fichier de l'air Quand l'amour naquit à Cythère, séquencé par B. A.

La première édition que nous connaissions de ce cantique de Delalande (dont il est précisé qu'il était à ce moment Vénérable de sa Loge de la Parfaite-Union à Douai) se trouve dans le volume 1 du Miroir de la Vérité d'Abraham (pp. 325-7), sous le titre Cantique maçonnique chanté à la Respectable Loge des Amis-Réunis à l'Orient de Lille, le 24e jour du 4e mois 5800 (24 juin 1800 - donc sans doute à l'occasion d'une Saint-Jean d'Eté).

Une autre parution, un peu ultérieure (celle reproduite ci-dessous), est au n° VII (pp. 12-14) dans le Recueil de Cantiques de la Parfaite-Union de Douai, sous le titre A la Respectable Loge des Amis-Réunis à l'Orient de Lille.

On le retrouvera, amputé du dernier couplet, dans le n° 4 de L'Univers maçonnique en 1836, avec les mêmes mentions d'air et d'auteur, mais sous le titre (que le texte ne justifie pourtant aucunement) Cantique pour être chanté à une réunion de Grands Chevaliers Elus Kadosh.

Toutes les éditions donnent comme air Quand l'Amour naquit à Cythère

 
  
                

A la Respectable Loge des Amis-Réunis, à l'Orient de Lille.

Air : Quand l'Amour naquit à Cythère

Un jour, l'Amitié, la Nature, 
Et la Sagesse en comité, 
S'entretenaient des maux qu'endure 
La trop fragile Humanité. 
Elles voyaient fermé d'épines 
L'enclos du temple du Bonheur, 
Et l'homme errer sous ses ruines, 
Guidé par un appât trompeur.

Quoi ! se disent les trois Déesses,
Nous tenons du Maître des Dieux 
Le soin de vaincre les faiblesses, 
Le soin de faire des heureux : 
Et nous verrions sur cette terre 
Tant de mortels infortunés, 
Esclaves de I'erreur vulgaire,
Par tous les vices enchaînés ?

Que tardons-nous, dit la Nature, 
Descendons près de nos enfans ; 
Versons sur eux avec usure 
Et les vertus et les talens. 
Que l'homme voie, en son semblable, 
Le même être et les même droits ; 
Qu'il solt libre, honnête, équitable ? 
Qu'il suive et respecte nos lois. 

On applaudit ; et la Sagesse, 
Voulant assurer le succès,
Dit : « Craignons l'humaine faiblesse , 
« A ses yeux cachons nos projets : 
«  Cherchons des Sages sur la terre ; 
«  Confions-leur le feu sacré ; 
«  Et que du centre du mystère, 
«  Ils répandent la vérité. » 

La Nature indiqua l'asyle , 
Loin du tumulte et des dangers, 
Par une route difficile, 
Elle y guida les ouvriers. 
Sur la porte du sanctuaire,
Par l'Amitié furent écrits 
Ces mots inconnus du vulgaire : 
« T
EMPLE DES Amis-Réunis. »

Je n'irai pas, en téméraire,
Peindre ce temple où tout ravit ;
S'en occuper, c'est se distraire :
Et le peut-on, quand on jouit ?
Ici les plaisirs, la décence
Font circuler la volupté ;
Le temps passe, sans qu'on y pense,
Au sein de la félicité.

                          Par le Frère DELALANDE.

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